dimanche 14 décembre 2014

Le silence des pierres, Matthieu Baumier



Homme de profondeur et d’action, Matthieu Baumier nous entraine par la voie du silence à l’épicentre du poème. Puissance d’une écriture dont l’espace est l’infini, et dont l’œil, unique, regarde.  Présence et secret. Nait alors un vaisseau épointé - ce poème: Le silence des pierres.Un voyage au coeur du réel: "car l'heure est à la perception de l'apparence faussée du "monde". 
Intense recueil.





Faire face au plus profond de l’être




Il n’y a jamais eu aucun homme
Seulement le souhait crié
Du profond des forêts
Et le regard évasé, ouvert en triangle
Depuis la lumière de l’âme

Il n’est aucun Je serai
Quand il n’y a pas de monde
Seulement le poème irradiant
Et la force posée

Il n’est aucun J’étais
Aucune terre aucune nature
Seulement des vagues de beauté
Et l’œuf de la sagesse
Dont je suis l’instant égaré






                        L’heure est celle de tous les silences

De l’irruption poétique
Des pierres embrasées
Des architectes éveillés

Et aux yeux qui observent sans fin
Nous disons :
Regarde encore, regarde
Et vois, vois combien les paysages enfin
S’évanouissent
Donnent congés aux sans chemins
Et en appellent aux être témoins

A l’instant de tous les silences, à l’instant de la poésie
Il n’est plus aucun mouvement
Dans l’humus tout s’étreint et renait
Et nous parlons ici de l’entier du monde





( …) Debout les amis, debout le Temple
Et le corps de l’homme




pages 63, 64, 62, 66  Le silence des pierres Matthieu Baumier
préface Françoise Bonardel






Matthieu Baumier vient avec Gwen Garnier-Duguy – après la création de la revue en ligne Recours au poème- de fonder la maison d’édition numérique Recours au Poème





Notes de lecture en ligne sur Le silence des pierres
Revue les Hommes sans épaules


Brigitte Maillard 


Le silence des pierres, Matthieu Baumier

mercredi 10 décembre 2014

L'espace d'un feuillage (1)





L'espace d'un feuillage Brigitte Maillard
©Brigitte Maillard L'espace d'un feuillage clic pour agrandir

L'espace d'un feuillage, feuilles, poésie, monde

jeudi 4 décembre 2014

Rabindranath Tagore, Gitanjali, L'Offrande lyrique






Un jour je rencontrerai la Vie en moi, la joie qui  se cache dans ma vie, quoique les jours troublent mon sentier de leur inutile poussière.
Je l’ai reconnue par éclairs, et son souffle incertain, en venant jusqu’à moi, a parfumé un instant mes pensées.
Un jour je la rencontrerai en dehors de moi la joie qui habite derrière l’écran de lumière – je serai dans la submergeante solitude, où toutes choses sont vues par leur créateur.







Le même fleuve de vie qui court à travers mes veines nuit et jour court à travers le monde et danse en pulsations rythmées.
C'est cette même vie qui pousse à travers la poudre de la terre sa joie en innombrable brins d'herbe, et éclate en fougueuses vagues de feuilles et de fleurs. (…)






Ma vie à son aurore était pareille à la fleur – la fleur épanouie qui laisse tomber un ou deux de ses pétales, et ne sent point 
sa perte quand la brise du printemps vient quêter à sa porte.

Aujourd’hui que sa jeunesse est finie, ma vie est pareille au fruit qui n’a plus rien à épargner : elle attend, pour s’offrir toute entière, avec tout son fardeau de douceur







Que tous les accents de joie se mêlent dans mon chant suprême - la joie qui fait la terre s'épancher dans l'intempérante profusion de l'herbe ; la joie qui sur le large monde fait danser mort et vie jumelles; la joie qui précipite la tempête - et alors un rire éveille et secoue toute vie ; la joie qui repose quiète parmi les larmes dans le rouge calice du lotus douleur ; et la joie enfin qui jette dans la poussière tout ce qu’elle a et ne sait rien

 




pages 91 104  142 163  

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Rabindranath Tagore, Gitanjali, L'Offrande lyrique