lundi 26 septembre 2016

François Cheng, Le livre du vide médian




Ici
Nous avons posé l’obscur
Nous avons posé l’éclat


Pour qu’un jour se souvienne


Ici
Nous avons tracé le trait
Nous avons laissé vacant


Pour qu’enfin advienne


François Cheng, Le livre du vide médian, Albin Michel
page 39



 Le trait Photo Brigitte Maillard

François Cheng , poème

mercredi 21 septembre 2016

La beauté, Poèmes du jour, Médiathèque des Ursulines, Quimper

Lectures en poésie : Plaisir de vous retrouver vendredi 23 septembre pour une première rencontre autour de La beauté
Un nouveau rendez-vous proposé par 

Médiathèque des Ursulines de Quimper
(Prochaine rencontre le vendredi 13 janvier 2017)

Photo BM d 'une partie de la façade de la Médiathèque des Ursulines 

Médiathèque de Quimper
Capture écran site Médiathèque de Quimper Communauté

La be
Le Télégramme 23 septembre 2013
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Poèmes du jour Médiathèque Quimper


dimanche 18 septembre 2016

Juste quelques instants





Ce qui sait le mieux
Faire chanter l'océan 
Par toute son étendue
C'est le silence qui l'étreint

Guillevic 

Juste quelques instants sur You tube




Juste quelques instants


Chant des Indiens Crees

Choses qui s'échouent
je vis dedans
vieux roseaux morts
échoués sur le bord du lac,
je m'enroule dedans
je vis dedans, un temps.

Je peux le faire
ça ne me fait pas peur.

Les coquilles échouées dans la rivière.
Pas d'escargot dedans.
Toutes nettoyées par l'eau bouillonnante
je vis dedans, un temps.

Quelque chose,
toute chose
choses qui s'échouent
je vis dedans.

Alors, maintenant je me promène
avec des bruits d'eau dans les oreilles.
Bruit de petit ruisseau
bruit de rivière vive
le bruit des vagues sur un lac.
Je marche vers elles.
Oh! Que des choses s'échouent encore
Pour que je vive dedans!



 



Extrait de L'os à voeux- Récits et paroles des Indiens Crees
Howard A.Norman - Seuil




Chant des indiens Crees

jeudi 8 septembre 2016

TU FU dieux et diables pleurent



Poète des Tang





Passant devant l’embarcadère

de la montagne sacrée du sud maintenant
      on approche
la Hsiang coule vers l’est et disparait
       dans le lointain
le vent est faible, on tire sur le rames
       en cannelier
journée de printemps, les nuages s’amoncellent
je tourne la tête, on passe devant l’embarcadère
au-delà il y a une forêt d’érables denses
des poissons blancs, piégés, sont prisonniers
       dans les filets
les loriots chantent de belles mélodies
parmi les être humbles, les uns sont libres
        les autres captifs
l’homme de vertu en éprouve de la compassion
la jarre n’est pas terminée, il y reste un peu de vin
sur mes genoux, mon ch’in est silencieux
le saint et le sage vivent tous deux
       dans la solitude
regarder au loin suffit à m’ouvrir le cœur


Dans la jonque

en plein courant d’air nous prenons notre repas
        sous les saules du fleuve
sous la pluie nous passons la nuit à côté d’un relais,
amarrés en compagnie des pêcheurs qui réparent
        leurs filets
la mât de la jonque s’éloigne sur ceux des bacs
        de riz
ce matin, les nuages sont petits et minces
hier soir la lune était claire et ronde
à errer ainsi sur le lac du sud, je me sens vieillir
peut-être devrais-je apprendre à devenir
        un immortel des flots



Tu Fu dieux et diables pleurent Moundarren 2014
poèmes traduits et présentés par CHENG wing fun & Hervé COLLET
extraits pages 210, 211

Editions Moudarren  Maison spécialisée dans la sagesse poétique Zen et Tao

TU FU  712 -770 est avec Li Bai le plus célèbre poète des Tang


     TU FU dieux et diables pleurent poète Tang