samedi 18 octobre 2014

Au soleil levant







Quand tu trembles sous mes doigts
que je m’accorde à tes désirs

les mots reprennent leur tour
ils clarifient le monde
à leur manière

sous le rêve de nos amours
se donnent et se libèrent

voilà le temps qu’il fait au soleil levant






page 22, Soleil vivant soleil, Brigitte Maillard
préface Michel Cazenave
Editions Libraire Galerie Racine, 2014

Poésie, Au soleil levant, Soleil vivant soleil, Brigitte Maillard

jeudi 16 octobre 2014

les Techniciens du sacré, Jerome Rothenberg, Yves di Manno

Les Techniciens du sacré


GENESE III

1

De la conception à l'accroissement
De l’accroissement l’excroissance
De l’excroissance la pensée
De la pensée la souvenance
De la souvenance le désir


2

Le mot devient fertile
Il résidait dans la lueur exsangue
Il engendra la nuit
La grande nuit, la longue nuit
La nuit la plus basse et la nuit la plus haute
La nuit dense qu’on éprouve
La nuit qu’il faut toucher, la nuit qu’on ne voit pas
La nuit qui se poursuit
S’achevant dans la mort


3  

Du néant l’engendrement
Du néant l’accroissement
Du néant l’abondance
Le pouvoir d’accroissement, le souffle vivant
Il résidait dans l’espace vacant
Il produisit le firmament qui s’étend au-dessus de nous


4

L’atmosphère qui flotte au-dessus de la terre
Le grand firmament au dessus, l’espace déplié résidait avec la
  première aube
Puis la lune jaillit
L’atmosphère au dessus résidait avec le ciel scintillant
Puis le soleil jaillit
Ils furent jetés en l’air comme les grands yeux du ciel
Puis le ciel devint lumineux
L’aube pointa, le jour pointa
Midi. Le feu du jour tombant du ciel


Peuple maori,  Nouvelle Zélande

pages 50, 51

Les Techniciens du sacré Anthologie de Jerome Rothenberg

version française établie par Yves di Manno José Corti 2007


Cette  anthologie de grande qualité présente un ensemble de textes issus des traditions
humaines les plus anciennes et les plus universelles, 
textes mis en lien, via les commentaires, avec la poésie contemporaine -

site des éditions José Corti ( articles en lien qui permettent de suivre l'évolution
de l'ouvrage en France depuis 2007, date de la parution de la version française 
établie par Yves di Manno)


découvrir aussi:



où l'on retrouve analyse et choix d'extraits de l'ouvrage




les Techniciens du sacré, peuple maori, Jérome Rothenberg, Yves di Manno



samedi 11 octobre 2014

L'Aube, après toi, Poésie, Anne-Cécile Causse

message paru en novembre 2012 réactualisé ce jour







  "Au bord de l'écriture toujours obligé
                                       de vivre sans toi"
                                     Maurice Blanchot








Ainsi commencent les heures,
le soleil bas incite et frôle
dans le désir d'éveiller.

Le rideau retient le souffle,
elle s'appartient encore.
Le désir repose au creux.

Ainsi commencent les heures,
le soleil ivre inaugure
le jour perdu dans une chambre close.

La rosée éperdue scintille !
Elancée face au jour,
c'est comme un renoncement



Anne-Cécile Causse, L'Aube, après toi, page 56,  
L'Echappée Belle Edition



Il y a quelque chose dans la poésie qui ne veut pas parler normalement,
qui refuse l'ordre, qui a peur d'où peut conduire la langue (...)
Les mots du vide et non pas les mots vides, mais un élan vers l'inespéré,
un mouvement de transcendance. Vers qui, vers quoi? Le poème l'ignore encore. 
Et l'écoute des bruits de ce monde. La poésie se doit, par le coeur, d'enjoindre
de garder éveillé (...)

L'Aube, après toi, page 10, L'Echappée Belle Edition

Anne-Cécile Causse est née à Limoges en 1985.
Après un baccalauréat littéraire, elle poursuit des études de littérature allemande.
Dans le cadre de son Master, elle s'interroge, au regard de l’expérience de la seconde
guerre mondiale, sur les rapports entre langage et silence, sur une possible expression 
de l'intériorité dans les poèmes d’Ingeborg Bachmann.

L'Aube, après toi est son premier recueil. 






J’ai laissé tomber mes années sur le sable
et j’ai découragé l’été.

Le sol encore loin
sous mes pas en miroir
se dérobe.

Et la mer
de séquestrer la beauté
dans une lente répétition.



Crépuscule

J'avais oublié l'aspect rugueux de ton cœur, insatisfait,
j’avais oublié ta main, si secrètement instable,
j’avais oublié la couleur du temps qui se dérobe
sous nos yeux, pâles, soudain,
j’avais oublié ces âmes disparues
qui se brisent en même temps que le soleil,
j’avais oublié comme l’ombre peut être belle,
au lieu de l’absence-même.

Ô les teintes
folles dans tes yeux.


inédits Anne Cécile Causse, novembre 2012




Retrouvez Anne-Cécile Causse sur le site de L'Echappée Belle Editions
Poésie Neiges

&
Revues en ligne: 



Anne Cécile Causse présentera  prochainement fin 2014, début 2015
sa collaboration poésie/dessins avec la dessinatrice Anaïs Charras




Brigitte Maillard


L'Aube, après toi, Poésie, Anne-Cécile Causse

lundi 6 octobre 2014

Ce qui reste, revue, Vincent Motard-Avargues


« Ce qui reste est une revue en ligne, dirigée par Vincent Motard-Avargues, où vers, proses, chroniques, peintures & photos se côtoient et s’associent, du lundi au vendredi, une publication par jour. »

Ce qui reste vient de naitre. La revue numérique au design épuré nous donne à lire et à voir (comme ses aînées, Terres de FemmesRecours au Poème,Poezibao…) la poésie d’aujourd’hui et ses voix multiples. La présentation choisie par Vincent Motard-Avargues nous met en contact direct avec l’écriture - Pages en noir et blanc, cinq extraits maximum, quelques lignes de bio sans visuel – L’esthétique du site révèlent une volonté d’ouverture et le lien conducteur privilégié par la revue : émotion, immédiateté du lien auteur lecteur.

Immédiateté, émotion, instinct sont trois mots qui reviennent souvent dans l’interview que je viens d’avoir au téléphone avec Vincent Motard-Avargues, autodidacte, musicien avant tout, poète, photographe, fervent lecteur et passeur. Rester près de l’émotion première, du sentiment immédiat, de ce que l’on retient, de Ce qui reste quand on ferme les yeux. Ce fil conducteur est l’aboutissement d’une réflexion mûrie dans la solitude de la perte d’un être cher. « Ce qui reste, quand on ferme les yeux… persistance rétinienne de la création littéraire comme artistique… la vue gravée dans l’esprit »  
Cette jeune revue prend le temps de s’impliquer en poésie dans ses liens avec les arts visuels : Poésie sonore et vidéo sont aussi accueillies « J’ai toujours eu envie de participer à une cohérence collective, de donner une dynamique à l’ensemble. C’est la musique, le travail en groupe qui m’a transmis cela. En 2005, je créais un blog collectif autour des haïkus et commençais à publier mes écrits (...) Mon souhait est qu’à partir de ce qui reste, vous puissiez aller ailleurs …»  Nul doute que grâce à lui, nous irons plus loin découvrir ces auteurs qui nous auront touchés .
C'est la force des revues, chacune à leur manière, de nous révéler la création en mouvement comme de permettre l'émergence de nouveaux auteurs.
Voir à ce sujet l'édito d'André Chabin du prochain salon de La revue sur le site Ent'revues, le journal des revues culturelles


Prochaines parutions en revue : 

triptyque peinture revue numérique Loremipsum



Brigitte Maillard

Poésie Ce qui reste, revue, Vincent Motard-Avargues

vendredi 3 octobre 2014

Concerto pour marées et silence, revue poésie N°7




Depuis plusieurs années le chef d’orchestre de ce Concerto pour marées et silence, revue de poésie ( titre d’un recueil de Pierre Esperbé 1924 - 2009) est Colette Klein, poète peintre & comédienne.  La revue qui se présente comme un livre (150 pages)  suit les mouvements Moderato, Adagio et Allegro du concerto des poèmes. Une étonnante et mélodieuse mise en abyme de la poésie. Chaque mouvement est initié par les mots et la présence de Pierre Esperbé. Colette Klein nous fait ainsi découvrir ses rencontres en poésie et par ce concerto « approcher la note qui soutient la cohésion du monde »

« Tenir le temps qu’il faut dans l’étreinte du poème, le porter jusqu’à le rendre visible aux autres, voilà un destin qui s’accorde avec mon désir d’incandescence » Colette Klein extrait de l’édito


Voici les poètes que vous pourrez découvrir dans ce numéro

Jean-Louis BERNARD, Raymond BEYELER, Eliane BIEDERMANN, Patrice BLANC, Denise BORIAS, Marie-Josée CHRISTIEN, Gérard CLÉRY, Danièle CORRE, Jean-Pierre CRESPEL, Chantal DANJOU, Eliane DEMAZET, Pierre ESPERBÉ, Laurent FAUGERAS, Claude GAISNE, Nicole HARDOUIN, Rodolphe HOULLÉ, JAPH’ELIOS, JEANNE-MARIE, Lionel JUNG-ALLÉGRET, André LAGRANGE, Jean-Claude MARTIN, Jean-Paul MESTAS, Ivan de MONBRISON, Evelyne MORIN, Gérard PARIS, Jean-Pierre PARRA, Michel PASSELERGUE, Jacqueline PERSINI-PANORIAS, Richard ROGNET, Stéphane SANGRAL, Calou SEMIN, Jacques SICARD, Arnaud TALHOUARN, Katty VERNY-DUGELAY..

Notes ou articles sur Jean-Louis BERNARD, Louis BERTHOLOM, Paul de BRANCION, Francine CARON, Marie-Josée CHRISTIEN, Jean-Pierre LEMAIRE, Brigitte MAILLARD, Béatrice MARCHAL, Jean MÉTELLUS.



«  1er MOUVEMENT : moderato

Je suis né pas plus tard qu’aujourd’hui

Pour le monde je suis né dans ma date de naissance

                   Mais je suis né dans l’infini des êtres
                   En pleine solitude des serpentations
                   D’une foison de lianes

Je suis né par quel mirage sans avoir été conçu… »

Pierre Esperbé 

ainsi s’ouvre la lecture du Concerto pour marées et silence, revue de poésie
N° 7 2014 , 14 euros
  


Tous mes remerciements à Gérard Cléry poète et critique pour sa note de lecture  
de Soleil, vivant soleil présentée dans cette revue.



A signaler le 24ème salon de la Revue 2014 Espace des Blancs manteaux, Paris où seront présentes de nombreuses revues dont bien sûr Colette Klein & Concerto pour marées et silence, revue de poésie.


24 ème salon de la revue


 Concerto pour marées et silence, revue poésie N°724 ème salon de la Revue

mercredi 1 octobre 2014

Michel Cazenave, Laisser venir les mots






Ma parole de Toi,
c’est d’abord
ton regard –


le miel de
tes cheveux
l’ouverture
de ton sein –

c’est l’abîme de ton ventre
d’où surgissent
les fleurs
à
la clarté de la lune –

Ma parole
de toi,
c’est ma bouche
qui la forme,

mais emplie de toi seul,
et       de ton vide
si plein



page 41 extrait de Direlle




     N’être plus que la flèche qui s’envole de mes mains, qui
s’évanouit de mes doigts, qui transperce l’air à tout-va vers
sa cible là-bas.
Car - c’est mon cœur que je vise : je n’ai pas tiré devant
moi, j’ai tiré dedans moi en tirant au-dehors



page 61 extrait de La vie comme elle est



   Je ne reviens pas à la source : elle se trouve devant moi.
Elle jaillit dans les herbes.
  J’entends déjà sa chanson
  Là-bas au loin tout là-bas tout au loin
  C’est-à-dire sous mes yeux

Je dois ouvrir les yeux

  Je dois joindre mes mains dans un geste d’orant pour
accueillir son breuvage – ce breuvage qui m’explique en
m’attirant sans cesse à lui :

Retrouver l’origine en marchant devant soi




page 70 extrait de La vie comme elle est


Laissez venir les mots, Michel Cazenave

Laisser venir les mots  Michel Cazenave Editions Le nouvel Athanor, 
mai 2014, 15 euros.




En ligne Article Paul Vermeulen Revue Recours au poème



lundi 29 septembre 2014

Christian Bobin, Une vie en poésie, Les racines du ciel





Une émission à découvrir, la voix du poète Christian Bobin

"Le poète dit l'intériorité des choses et des êtres" 
" c'est ça la poésie un secours donné à qui veut"

                                         

  Les racines du Ciel Une Vie en poésie  
 7 septembre 2014
Dialogues entre Leili Anvar,
 Christian Bobin, et Frédéric Lenoir 


Christian Bobin, Une vie en poésie, les racines du ciel