La poésie nous parle de la vie autrement, comme le ferait un coucher de soleil. Elle nous ouvre au monde.Un monde sensible.
Et c'est toute la saveur du réel qu'elle nous fait respirer. C'est ça la poésie. Simplement. Ce n'est pas savant. C'est une ouverture au monde sensible.
"Une substance de vie". Quelque chose d'autre qui coule dans nos veines et qui est notre humanité.Ce quelque chose qui ne demande qu'à être vu pour se dévoiler.
Se dire en mots et en silence.
BM

vendredi 30 octobre 2009

Dans le corps du poème

" Dans le corps du poème"
Poème d'André Chenet
j'aime profondément ce poème
par lequel l'homme et l'univers forment un couple vivant.
à découvrir en sa totalité sur le site de l'auteur


Ailé de transparence
je plonge dans le corps du poème
Assoiffé d’infini
je m’en vais puiser le cri
dans le feu
du noyau de moi-même
J’accomplis la naissance divine
dans un fracas d’astéroïdes
qui se jettent contre la peau des océans
Ma voix brise
les vitres de l’espace
foudroie les cimes amoureuses
où un aigle blanc nidifie
derrière les murailles des avalanches
J’oublie toutes les lois
qui firent de moi un homme
je me désintègre en chantant
dans un poudroiement d’aurore boréale
je me déchire de jour de nuit
voyageur de feu d’air d’eau et de terre
je déclare des guerres fécondes
contre les flancs de la lumière...




André Chenet
Tous droits réservés.

vendredi 23 octobre 2009

Courir après la lune

Sortir de la caverne tenir les poings serrés
Sentir l’air respirer, crier de toutes ses forces
Regarder vers la mère traverser tout son corps
Grimper au bout du sein, le saisir, s’accrocher
Plonger dans ces yeux-là, émerveiller le monde
Se blottir dans la chair reconnaître la voix
Pénétrer dans l’histoire et marcher sur la terre
Entendre chanter le coq réveiller le soleil
Voir les couleurs danser rêver la Mer Allée
Aimer le dire aimer aimer c’est vivre

Courir après la lune s’éprendre des fantômes
Adorer tous ces dieux les pétrir dans la glaise
Laisser tomber le masque braver le minotaure
Boire le sang du guerrier chevaucher l’animal
Danser jusqu’à la vie le corps endolori
Oser n’être personne brûler de tous ses feux
Retrouver une Langue s’ouvrir à l’Inconnu
Devenir ce Colosse se bercer dans les flancs
Recevoir l’inouï exploser la connaissance
Chercher son autre chercher chercher c’est vivre

Stopper les commentaires pleurer sans s’arrêter
Vomir toute sa détresse, laisser le corps dormir
Saisir l’Amant qui passe être le roi Aimé
Revenir au pays s’abandonner au souffle
Parler à la rivière chanter avec l’oiseau
Rafraîchir la pluie faire lever le soleil
Ne plus être ce héros n’avoir rien à penser
Ne plus vivre la vie mais la vie devenir
Oublier ses espoirs s’accrocher à l’instant
Sentir son corps jaillir se créer s’étaler
Sentir la vie sentir sentir c'est vivre

Brigitte Maillard
Tous droits réservés Sacem

jeudi 22 octobre 2009

Vous avez dit poésie?

un extrait du Cercle des Poètes Disparus - film de Peter Weir - 1989

...on lit et on écrit de la poésie parce qu'on fait partie de l'humanité
et que l'humanité est faite de passion...mais la poésie, la beauté,
l'aventure ,l'amour c'est en fait pour ça qu'on vit...

mercredi 21 octobre 2009

Les Chants des Hommes


Il y a un endroit tout près de Paris pas très loin du moulin d’Ivry
où les hommes chaque soir viennent chanter une autre chanson,
une chanson dite de Paroles qui est quelque part entre la poésie
la musique, les mots de la vie.
Un lieu rare ( créé en 2001), libre dans sa programmation, autogéré
où il fait bon rêver…
C’est l’histoire d’un groupe d’amis libertaires tous amoureux de Léo Ferré.
Avec le temps, une nouvelle équipe ( toujours bénévole) est là
qui poursuit l’accueil d’une chanson à découvrir.
Sur leur site vous pouvez suivre histoire et programmation & lire aussi
ce très beau poème de Nazim Hikmet les chants des hommes



Les chants des hommes
Sont plus beaux qu’eux-mêmes
Plus lourds d’espoir
Plus tristes
Plus durables
Plus que les hommes
J’ai aimé leurs chants
J'ai pu vivre sans les hommes
Jamais sans leurs chants
Il m’est arrivé d’être infidèle
A ma bien-aimée
Jamais aux chants que j’ai chantés pour elle
Jamais non plus les chants ne m’ont trompé
Quel que soit leur langage
J’ai toujours compris tous les chants
Rien en ce monde
De tout ce que j’ai pu boire et manger
De tous les pays où j’ai voyagé
De tout ce que j’ai pu voir et entendre
De tout ce que j’ai pu toucher et comprendre
Rien, rien
Ne m’a rendu aussi heureux
Que les chants
Les chants des hommes.



lundi 19 octobre 2009

La poésie n'est pas ici/Sapho



Tout dans la poésie ne marche pas comme ailleurs
je m'explique
tout dans la poésie n'est jamais tout
la poésie n'est pas ici
la poésie n'est pas ailleurs
et tout ne marche pas dans la poésie
la poésie est au bord des choses
et tout dans la poésie ne marche pas comme ailleurs
rien ne marche dans la poésie
tout est en marche
tout dans la poésie ne marche pas comme ailleurs
la poésie est au bord
la poésie est à bord
la poésie fuit
rien ne marche dans ...

Poème extrait de Guerre, Words Y Plato
de Sapho - Chanteuse & Écrivaine
éditions de la Différence 2009




lundi 12 octobre 2009

La Parole Poétique

Elle est là, quelque part, tapie dans l’ombre et la lumière, prête à se lever avec ferveur …

C’est une parole qui se risque (bien au-delà de la rime et de ses" belles" métaphores)

qui accompagne, là où la pensée n’aurait jamais pu aller seule.

L’intuition de la présence prend le pas sur toutes les explications du monde…

Libérée par l’écoute de la vie intérieure, la langue se met à parler toute seule.

L’esprit se libère, le corps se retrouve et vient ce moment où l’on ne sait plus rien :

le mot arrive, on l’écoute et l’on essaye de le comprendre…

et cette expérience nous conduit bien au-delà…

J’aime ces moments d’expérience la nuit, le jour ou la poésie

montre qu’elle dépasse largement la pensée conceptuelle !

Que les choses ne sont pas ce qu’elles sont…

Moment de liberté. L’Etre est vivant.

Je viens d’écouter la conférence sur la Parole Poétique -

en ligne sur le net - du poète Yves Bonnefoy. Passionnant.

Il évoque la puissance dormante de la parole,

l’oubli de la puissance sonore du mot emporté par le flux de

la signifiance, la poésie comme déni instinctif de l’autorité du concept…

ses rapports avec la philosophie et la cité..sans poésie pas de démocratie…



C'est au cours de cette traversée qu'on nomme avec tant d'à-propos
la nuit blanche, que jaillit le chant des chants,l'acte suprême
où se conjuguent dans un renouvellement inépuisable et non répétitif:
le jeu,le jouir,la jouvence et la joie
Voyage au verso - Robert Marteau

lundi 5 octobre 2009

Trois graines de Haïku

Souvent je me dis qu’il n’y a à rien comprendre de la vie,

Il y a juste à entrer en résonance avec elle…

Alors quand je lis

dans le vieil étang,

une grenouille saute,

un bruit de l'eau.

Bashô

effleurant les feuilles,

une fleur blanche est tombée

dans l’obscurité

Bashô

quelle est

ta nature originelle

bonhomme de neige ?

Natsume Soseki


J’entre quelque part par là…

Le Haïku court poème aux règles précises se révèle comme un instantané.

Il n’a l’air de rien et pourtant …

le temps s’arrête, les mots nous saisissent .

C’est léger, ça ne dit pas tout … un goût d’éternité.

J’ai découvert un petit livre Trois graines de Haïku aux éditions l’Iroli -06 09- où sont rassemblés - un régal - les haïkus de cinquante auteurs modernes sur le thème du jardin...joie de l’instant…

Un papillon ivre

Siffle ses dernières fleurs

Crépuscule

Fréderique de Rancourt

Noyau de cerises

combien d’années

pour me faire de l’ombre

Franck Vasseur

Journée estivale

l’ombre de la balançoire

reste immobile

Lydia Padellec


Editions L’Iroli & Association pour la promotion du Haïku

Sous la direction de Chantal Peresan-Roudil

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