La poésie nous parle de la vie autrement, comme le ferait un coucher de soleil. Elle nous ouvre au monde.Un monde sensible.
Et c'est toute la saveur du réel qu'elle nous fait respirer. C'est ça la poésie. Simplement. Ce n'est pas savant. C'est une ouverture au monde sensible.
"Une substance de vie". Quelque chose d'autre qui coule dans nos veines et qui est notre humanité.Ce quelque chose qui ne demande qu'à être vu pour se dévoiler.
Se dire en mots et en silence.
BM

dimanche 29 novembre 2009

La poésie et le demain


Voici un texte récent de l'auteur Pier Mayer-Dantec
à son ami et poète André Chenet ,
conversation d'hommes autour de la chair du mot poésie



A André CHENET, suite à l’actuelle discussion


La poésie et le demain

Par le dégoût qui vivement croît, le désespoir qui s’accélère, une chance de renouveau se pointe. Une espérance de vie autre est palpable. Mais plus que jamais je me méfie de ce mot fier de "poésie". Et quand tu parles de remonter à la surface, tu mets l’œil où il faut.
Car aux origines, au temps du cri et de la musique première, la poésie était au centre, je parle bien sûr de cet esprit qui hume le monde et lui donne vie. Car le monde peut très bien se passer de nous. Il nous précède et nous succède, cela déjà nous le savons. Et si j’évoque la poésie, je parle d’un regard actif, d’une attitude de magie, d’illumination et de transe, et d’incantations éblouies. Toutes choses tu le sais que les « grandes »religions ont tué. Et il y a plus de poésie en n’importe quelle peinture rupestre qu’en certains papiers noircis, fussent-ils signés de plume illustre, plumes de faiseurs très habiles qui ne changent rien à l’existence, et donc en sont d’étranges monstres, ignorants du chaos ambiant comme des misères qui grimpent et assaillent le ciel assombri.
Il faudra jeter des rayons, il nous faudra vivre éblouis, et répandre cet esprit de braise, sinon tout encore se perdra.
Au départ était l’émotion, ensuite vint le blabla, parole vide et qui se branle alors même qu’elle est sans sexe, et voilà où tout est réduit.
Mais s’il faut luire du dedans et montrer le dedans dehors, s’il faut découper la nuit froide et venir y poser l’esprit, alors oui je serai là et avec tous, et ce que nous enfanterons nous dépassera nous-mêmes.
Et quand viendra l’heure fatale d’aller au monde des esprits, le pas sera aisé à faire, car vivants nous aurons vécu, debout nous aurons tenté, entiers nous aurons aimé, et à notre pas qui approche, cette menace malsaine et pauvre de l’Enfer qui viendrait nous brûler nous semblera bien dérisoire. Car de notre vivant déjà, bras tendus et âmes entières, nous aurons en ferveur brûlé. Alors en une atmosphère où clignent les signes d’un monde étoilé, nous éparpillerons nos âmes comme une nuée de lucioles, et le vieil enfer incrédule s’en ira fondre à jamais.

Pier Mayer-Dantec


article publié sur le site Facebook de Pier Mayer-Dantec le 6 novembre 2009
Tous droits réservés. Publication interdite sans l’autorisation de l’auteur.

"La pensée est un tout chez l’homme, ce n’est pas un supermarché." Pier Mayer-Dantec

mercredi 25 novembre 2009

On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans

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Merci à Léo Artaud pour cette video
Léo Artaud citoyen du monde et chanteur à découvrir - sur son site video et chansons en libre écoute -

"Leo Artaud... Entre les Fous... rires et larmes.
Si vous cherchez a renconter Leo vous le trouverez sûrement, errant, sur les chemins qui vont du théâtre de la cruauté au music-hall des paillettes. "Funambule titubant, sans domicile artistique" c'est entre la tendresse et le tragi-comique qu'il vous accueillera." Yan Leguellec

lundi 23 novembre 2009

mercredi 18 novembre 2009

Comme je vis

Comme je vis dans la flamme!
Comme je vis
Bref soleil, sans fin, je brûle!
Comme je vis
dans ma braise on voit le soleil!
Comme je vis
Déjà paraît mon âme!
Comme je vis!

Juan Ramon Jimenez
extrait de beauté - éditions José Corti


merci à Loulou Decastries pour cette transmission

lundi 16 novembre 2009

L'Expatrié


Bancal, hirsute
Il avance
Appuyé sur les mythes
La peau dorée par le soleil
Le cœur qui tape
Il a tout donné à la peur de dieu
Son nom est un voile
Il avance dans le silence
L’expatrié
Seul entre deux mimosas
Deux fleurs de pavot
Il avance
Tantôt vif tantôt effacé
L’air le pousse dans le vent
Et renverse ses certitudes
Dans la marge
Il a noté quelques souvenirs
Sur lesquels il s’appuie pour marcher

Brigitte Maillard
tous droits réservés sacem
extrait de la Simple évidence de la beauté
à paraître  en juin 2011 éditions Atlantica - Seguier

mardi 10 novembre 2009

Tu verras

Tu verras
Tu n’iras pas à Rio mais vers le Monde
Tu verras comme il s’ouvre
Et la terre comme elle tourne
Tu verras le chant des signes au lointain
L’amour qui passe et sa galère
Le chant des mots et des sirènes
La tour membrée au point d’attache
La valse vienne pour te le dire…
Tu verras
Dans l’entre-deux de tes passions
Courir le coq dans la basse-cour
Tu verras
Le chant des âmes au bord des dieux
Tu verras
Plonger la mer dans les détails
Porter secours au bras qui pousse
À la douleur du tyran
Tu verras vivre la folie au bout du sein
Et tu verras la tête qui se décolle
Dans l’atmosphère des senteurs
Il y fait doux…
Tu verras
Le monde se prendre à son revers
Danser le vide autour du rien
La mer courir après les flots
Se défaire de l’abri et y poser sa main

Brigitte Maillard
Tous droits réservés Sacem
extrait de  La simple évidence de la beauté
éditions Atlantica - Seguier
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