vendredi 27 janvier 2012

Michel Jourdan, Bouteilles à la mer d'un ermite migrateur



Yves Leclair nous le dit dans sa préface, ce que nous allons lire « dépasse en vérité toute littérature ». Nous allons respirer avec Michel Jourdan l’essence de la vie d’ermite et ça fait un bien fou.

Quelqu’un se met à l’écart, il fait ce pas de côté, osé, s’installe dans un ermitage et commence à vivre. Aucun angélisme par ici, c’est la joie d’être seul qui est parlée.


"une vie entière, rustique, toute simple " nous dit l’auteur " toute entière livrée à la nature qui dépossède, simplifie, rend humble, rend si humain (humus ou homme, même terreau) " poursuit Yves Leclair. Aucune idée sectaire par là. Un être respire
sa vie. Tout simplement.

Nous voilà dans " le petit manuel du contemplatif naufragé volontaire "… car l’auteur va se livrer devant nous à l’activité la plus osée qui soit, la contemplation… 


l’arbre ne bouge que dans le vent, sinon il est immobile


l’escalade d’un écureuil
dans un pin au soleil couchant
semble une escalade vers l’Absolu 


Dangereuse car totalement à contre-pieds du fonctionnement même de la société investissements et divertissements compris ! Sur cette route c’est bien « l’unité du vivant » que nous risquons de ressentir.  Le soi, aussi nommé.

C’est comme une plume qui vous chatouille le cœur, une essence inconnue, une matière nouvelle, quelque chose dont on est fait. Ainsi le voyage continue jusqu’aux « dessins des vagues sur le sable ». Jusqu’à « la pensée de l’oiseau » qui est d’ "être
 là où il est, dans les cannes de la source et les buissons de lentisques et rien d’autre " puis



La lune au-dessus de la mer éclaire les vagues,
La côte du Péloponnèse presque mauve
Les vagues ne sont que de l’eau qui existe


Sur monde en poésie, lire aussi Journal du réel gravé sur un bâton
Poèmes de Michel Jourdan


Brigitte Maillard

Michel Jourdan, Bouteilles à la mer d'un ermite migrateur


4 commentaires:

  1. Voici près de 20 ans j'avais lu de Jourdan le Journal du réel gravé sur un bâton. Et ma vie s'en est trouvée bousculée. Je tenais le lien entre l'approfondissement du voyage intérieur, le désencombrement mental et la poésie, lien que je cherchais avec avidité. Depuis ce livre est retourné sur son étagère mais s'est inscrit au quotidien dans mes manières de faire. Merci de cet éclairage sur ce nouvel ouvrage qui va peut être me permettre de poursuivre le chemin.
    Patapar

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    1. merci pour votre message Patapar et je comprends vraiment ce que vous dîtes là pour l'avoir moi même ressenti, belle continuation sur la poursuite de votre chemin.

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  2. Cet ouvrage semble magnifique, tout comme le "Journal du réel gravé sur un bâton", qui fut pour moi comme une illumination : ainsi l'on pouvait être une sorte d'ermite zen français et pratiquer le haïku avec notre langue.

    Et, surtout, avoir cette lucidité qui aperçoit l'Un derrière chaque chose.

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    1. Bonsoir Philippe, Oui je comprends, il l'est dans toute sa simplicité
      Un souvenir de lecture toujours très présent,

      à très bientôt!

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