La poésie nous parle de la vie autrement, comme le ferait un coucher de soleil. Elle nous ouvre au monde.Un monde sensible.
Et c'est toute la saveur du réel qu'elle nous fait respirer. C'est ça la poésie. Simplement. Ce n'est pas savant. C'est une ouverture au monde sensible.
"Une substance de vie". Quelque chose d'autre qui coule dans nos veines et qui est notre humanité.Ce quelque chose qui ne demande qu'à être vu pour se dévoiler.
Se dire en mots et en silence.
BM

dimanche 30 mai 2010

La Confidence des Oiseaux




S’il y en a un qui fait bien l’unanimité en poésie c’est l’oiseau.
C’est en roi de la métaphore qu’il s’impose. Il est sur toutes les langues en plein chant de poésie…
" ô l’oiseau, ô dis emmène-moi " chante Barbara.

L’oiseau, ce drôle, qui sautille en marchant, vole en bande, pépie, s’ébroue de toutes ses plumes colorées,
voilà que nous le retrouvons sur une scène parisienne en train de danser avec des hommes.
Curieuse expérimentation que nous propose La Confidence des Oiseaux et son créateur Luc Petton.
Les oiseaux sont apprivoisés, mais nous ne sommes pas au cirque. Le théâtre est la scène.
Les humains entrent, carquois et peintures corporelles…chamanes prêt à voyager dans l’autre monde.
L’espace poétique s’ouvre dés que l’oiseau apparaît. Il y a alors, comme un étrange vacillement.

Corneilles, étourneaux, pies, perruches et geais rejoignent tour à tour
les danseurs. La Légèreté de l ‘oiseau donne une intensité particulière
à la présence humaine. Le danseur sans ailes s’étire alors vers l’oiseau.
Si parfois leur ronde semble répétitive et que nous spectateurs ne volons pas
toujours vers eux c’est que l’équilibre entre l’homme et l’animal est
un exercice de haut vol…
L’animal sera toujours plus organique, plus" libre d’être", plus "ouvert" ( au sens du poète
Rilke dans la Huitième élégie- texte magnifique) qu’un humain ;
mais la magie opère ici.
Je me souviendrais longtemps de ce dernier passage des geais en vol, seuls en scène,
un feu vibrant de couleurs.

ici, sur culture Box un extrait du spectacle
le site de Luc Petton & Cie

Brigitte Maillard Tous droits réservés

mercredi 26 mai 2010

Le palais des glaces


au palais des glaces le reflet de soi multiplié à l'infini cerne de toute part le héros
en chaque chose il est & toute chose le regarde



Le cirque- Chaplin - 1928


Loué soit l'infini

Labyrinthe des effets et des causes

Qui, avant de me présenter le miroir

Dans lequel je ne verrai personne ou je verrai un autre

M'accorde la pure contemplation

D'un langage de l'aube

Jorge luis Borges

vendredi 21 mai 2010

La vie





je ne sais plus comment parler de la vie

elle vient de me rester dans les mains





Brigitte Maillard Tous droits réservés

lundi 17 mai 2010

Ousmane Sow, exposition



Expo - Ousmane Sow - Fondation Pierre de Coubertin - mai 2010
Cliquez sur la photo pour l'agrandir





Quand j’ai vu les sculptures d’Ousmane Sow sur le Pont des Arts en 1999 je me suis dit que l’Homme était bien grand. Qu’il était certainement plus en forme que je ne l’imaginais, qu’il était… tel que l’éternité le change, Mallarmé
Sur ce pont magnifique de l’entre deux rives, c’est ce que j’ai retenu de cette rencontre, la grandeur…De celle qui vous jette à terre, qui ne vous prend pas par la main mais vous conduit là où elle est.
Plus de trois millions de personnes avaient fait ce voyage; Ousmane Sow était là entre ses personnages et nous, qui faisions ces pas vers un art contemporain exigeant.
Cette splendeur sauvage, Ousmane Sow la crée dans ses oeuvres figuratives à la fois précises et brutes. C’est cette alliance qui donne force vie à ses créatures de haute taille.
Pour l’intensité, il y a une matière complexe et secrète; pour le mouvement: un déséquilibre équilibré; pour l’émotion: une déformation des traits et pour qu’on s’y retrouve: des scènes qui nous ressemblent...
J'ai retrouvé les oeuvres de ce sculpteur avec émotion dans un autre décor...à découvrir:
Ousmane Sow expose jusqu’au 11 juillet à la Fondation De Coubertin à Saint-Rémy-Lès-Chevreuse

Brigitte Maillard Tous droits réservés


jeudi 13 mai 2010

Journal du Réel gravé sur un bâton, Michel Jourdan


Comme dans un conte, sous l'oeil d'Alice, je vais d'éclats en merveilles.
Ce livre est une promenade dans la nature vierge où le coeur va.


" à peine ocre
la forêt devenue blanche de neige en une nuit

partout je ramasse
du bois mort pour le feu
regardant les montagnes ronds ou pointues

restée seule sous une pluie battante
l'herbe....

c'est l'été
quand il fait chaud et sec
que l'escargot hiberne

pourtant
la lune est restée dans le ciel
toute la nuit

des dizaines de pommes
tombées dans les ruisseaux"



J'ai l'impression d'être au creux du jour. Mon corps réfugié dans l'arbre
regarde ce monde. J'ai alors les mains dans la terre et je me régale de
toutes ses saveurs.

Michel Jourdan dans ce livre Journal du réel gravé sur le bâton
nous donne " vingt ans de pratique de la notation " de sa vie
"d'ermite migrateur"comme il s'appelle lui même. C'est unique.

Yves Bonnefoy a préfacé cet ouvrage déjà paru en 91 et réédité en
2003 aux Éditions du Rocher.
" ...écrire il le fait en marchant ou en travaillant son arpent de terre ingrate et de ciel, par bribes d'observation qui raniment, dans quelques mots rassemblés, tisons de notre absolu, la flamme du monde"

Les mots de Michel Jourdan sont précis, ils semblent nous délivrer
du poids de notre langage, de nos pensées comme de nos certitudes.
Aucun jeu avec les mots, aucun esthétisme...C'est " la chose" qui s'affirme
bien avant la langue. Ce sont de courts poèmes d'influence extrême-orientale
dont Yves Bonnefoy dit qu'il voit là, une possible renaissance du poétique.

"... Eh bien, en cette profondeur les mots échappent donc à la mainmise du conceptuel, ils restent ainsi en rapport avec la réalité en son infini, ils peuvent exprimer et favoriser les désirs dont l’objet fait corps avec un moment et un lieu. Cette part obscure de notre parole est notre réserve de réalité, notre source. Et elle nous est accessible parce que – c’est cela, la poésie – elle affleure dans chaque mot. Écouter un mot, en effet, un mot et non une phrase, et c’est, encore un instant, l’entendre avant que ne s’y déploient les articulations du concept. Une voie s’entrouvre." 
 
Yves Bonnefoy - Cahier Yves Bonnefoy - L’Herne - 2010
( texte croisé sur le site Poezibao )
La notion de création artistique est dépassée. On est face avant tout à
une quête spirituelle authentique que chaque mot laisse transparaître.
C'est simplement la vie de Michel Jourdan qui demande à se formuler ainsi.

Sur le site des éditions Arfuyen présentation ( bio et extraits) du tout nouveau livre de Michel Jourdan Bouteilles à la mer d'un ermite migrateur


Brigitte Maillard Tous droits réservés


mardi 11 mai 2010

Au coeur de la source, Bang Hai Ja



Peinture - Au coeur de la source - 1994 - BANG HAI JA




tout est dans la lumière
je m'en remets à notre mystère





BANG HAI JA est une artiste peintre coréenne
Sa peinture intuitive coule de source vers l'infini

Sur son site ici présentation de ses oeuvres & expositions



texte-brigitte maillard -

vendredi 7 mai 2010

Premier pas sur la lune, Premier pas sur l'inconnu



La terre vue de la lune - Nasa




Le premier pas sur la lune est un moment d’une puissance poétique inouïe.
Tout est là pour ce voyage dont l’Homme a toujours rêvé.
Le départ, l’arrivée, le retour…Et l’interpénétration de différents niveaux de réalité
qui font de cet événement un moment partagé intense, joyeux pour nous tous.
Il y a de la science, du rêve, du symbole, de la technique, des dieux et de l’Homme là-dedans.
Et subitement quand dans le réel de telles énergies se dégagent
on retrouve soudain le goût de vivre. Tout s’accorde à cet instant.
"Le goût de vivre - perception simultanée des différents niveaux de réalité…
Le vrai sens de la fête : pénétration d’un niveau de réalité par un autre niveau de réalité…
Extrait de Théorèmes Poétiques, Basarab Nicolescu"
*
Il y a des moments pour nous aussi où tout est là, où nous faisons
L’expérience de ce pas sur l’inconnu comme joyeusement entouré
par le réel et ses multiples lectures.

*
Juste ces mots - ceux des astronautes - de retour de l'inconnu...

"Je respirais avec la terre quel voyage elle nous a fait faire !
Un joyau suspendu dans le noir de l’espace.
J’ai vu la terre en entier paisible tranquille sereine et fragile.
Le monde entier a participé à l’alunissage, le temps s’est arrêté.
Qu’est-ce que je fais là c’est un autre monde !
Le désert lunaire préservé intact et éclatant.
Submergé par une sensation d’unité une extase comme une révélation.
On a réussi ! ce n’est pas nous, mais l’humanité.
La science et la technologie m’ont envoyé, mais elles ne peuvent apporter aucune réponse.
J’ai marché sur la lune pendant 3 jours, je marcherai avec Dieu toute la vie.
Personne ne pourra jamais me prendre les quelques pas que j’ai faits sur la lune…"


Brigitte Maillard - tous droits réservés
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