La poésie nous parle de la vie autrement, comme le ferait un coucher de soleil. Elle nous ouvre au monde.Un monde sensible.
Et c'est toute la saveur du réel qu'elle nous fait respirer. C'est ça la poésie. Simplement. Ce n'est pas savant. C'est une ouverture au monde sensible.
"Une substance de vie". Quelque chose d'autre qui coule dans nos veines et qui est notre humanité.Ce quelque chose qui ne demande qu'à être vu pour se dévoiler.
Se dire en mots et en silence.
BM

lundi 18 octobre 2010

Guy Allix, Quelque part entre silence et fureur



En cours de promenade sur le site de Roger Dautais - Le chemin des grands jardins - je découvre l’écriture du poète Guy Allix . Roger Dautais accompagne toujours ses récits de Landartiste d’un poème d’auteur contemporain et c’est un bonheur.

C’est Quelque part entre silence et fureur aux éditions de L’Inventaire - Centre régional des Lettres de Basse-Normandie - que je choisis de lire. Une première édition est parue dans le recueil Le Déraciné aux éditions Rougerie 1997.

Et là je sens une écriture au bord de la falaise. Âpre, exigeante, comptant ses mots. 
Le poète est dans "le feu d’une raison sauvageDans l’aveu farouche d’être vrai "
Il vous accueille près de la mort qui frôle. Un langage serré qui libère l’espace .
C’est d’entre les lignes qu’il surgit comme une « Eau sourde » et

« Toujours à l’instant de ne plus dire
Tu remontes le pas du rêve
Vers une autre mémoire

Tu te précipites à mots perdus dans l’épreuve de vivre »

**

Dépôt

"  la vie s’expose ailleurs
Antre de peau outre de sang
Où se couche l’ombre fatiguée de ta voix

Equille sur l’œil dans l’écart essentiel "

Ce recueil qui ne cherche, ni le chant ni la musique, révèle ce bord de précipice qui nous habite.
 Seul face au vide. 
Face au mot lui-même, comme un dernier rempart.

Guy Allix a écrit de nombreux ouvrages dont le dernier Oser l’amour
à découvrir sur son site  très richement détaillé entre bio, actualités, critiques et amitiés.

Je n’étais vrai que sur le bord
Toujours à deux doigt de vivre

Et de crier

Je partirai
Avec ton regard dans les yeux

Osant dire ton nom à jamais

A la face du monde

Osant dire l’amour qui brûle les mots

extrait de Oser l’Amour - L'atelier de Groutel - 2009


Retrouver  Guy Allix  les 30 et 31 octobre au  21 ème Festival du Livre en Bretagne à Carhaix
avec pour  présidente d’honneur la romancière Angèle Jacq et dont le thème sera « L’écrit en danger ? »

et aussi dans la revue à paraître  - fin octobre - n°16 de Spered Gouez, Signe des traces
dont les illustrations sont de Roger Dautais

Le site de Guy Allix
Le chemin des grands jardins  Roger Dautais
Spered Gouez / L'esprit sauvage


et voilà, l'écriture de Guy Allix je l'emporte avec moi, quelque part 
" à l 'instant de ne plus dire"



Brigitte Maillard


mercredi 13 octobre 2010

jeudi 7 octobre 2010

Valère Novarina, de l'intérieur des mots


Je n’utilise pas les mots; je n’en ai jamais cherché aucun.Ce ne sont pas des outils.Devant le langage, les sensations sont de l’ordre du toucher : quelque chose parle là derrière l’oreille; on ressent la matérialité de tout.Les mots sont comme des cailloux, les fragments d’un minerai qu’il faut casser pour libérer leur respiration; tout un livre peut provenir d’un seul mot brisé. Le mot est fermé, enveloppé, secret, enfoui : quelque chose doit apparaître de dedans – de l’intérieur du mot et pas du tout de l’intérieur de l’écrivain. Les mots en savent beaucoup plus que nous  - mais il faut le prendre avec amour entre ses mains et les porter à son oreille. Les mots sont au sol, incompréhensibles et comme des noyaux. Je les ramasse, j’écoute dedans ; je les brise : apparaît une phrase une scène toute la construction respiratoire du livre.


Valère Novarina extrait  Le débat avec l’espace – P.O.L 



mercredi 6 octobre 2010

lundi 4 octobre 2010

Autoportrait en colère, Antoinette Rouvroy

A Autoportrait en colère
Photo Antoinette Rouvroy
Photos et tremblements



Allons-y la merveille
Tu bats les étoiles
de ton épée d’argent
Et s’il n’en reste qu’un
Tu me files un pinceau
Et je te décore tout ça
D’une branche d’olivier


Texte Brigitte Maillard
tous droits réservés
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