jeudi 22 décembre 2011

C'est Noël,

îles et silence Brigitte Maillard


C’est Noël !
ivre de soleil et d’orage
je te donne
l’éclat de mes baisers
la ritournelle de l’amour
le bain du corps sur la luzerne

Noël 

je te donne
l’ange de la terre
et son petit mouchoir
un mirage puis deux
puis tout l’or du monde
ma saveur mes rêves mon oubli

c’est Noël
(je me rends au vert aimance)
je te donne le vent de mer
sur le sable de l’enfance
les vagues pluie sous le mistral

je te donne le silence
le silence de la nuit qui s’efface




©Brigitte Maillard



C'est Noël, poésie, brigitte maillard

mardi 20 décembre 2011

Gaby Ferréol, Voilà c'est fini


Dans le bleuissement de l’horizon
la vie en partance
 
Nul cri ou murmure
Aller simple du souffle
 
J’ai allumé une bougie
Sans prière ou mélopée
 
Oscillant entre la fulgurance de l’absence
et la douleur de la déchirure.
 
 
Sous l’aile fleurie des souvenirs,
il me reste de toi le vide
à cueillir en gerbes souriantes.
 
 
 
(à la mémoire de ma mère, 5/11/1921 - 3/01/2011)

Gaby Ferréol - Tous droits réservés

Retrouvez Gaby Ferréol sur son site


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Graeme Allwright, Nouvelle Marseillaise

 " Pour tous les enfants de la terre chantons amour et liberté....pour vaincre la misère et la peur....
la femme qui nous éclaire.... traverse les frontières...partons partons amis solidaires....
marchons vers la lumière"
Graeme Allwright

Ah le poète!" Dans quel chaos et désert serions-nous s'il n' y avait pas eu les poètes pour
"inscrire dans le langage" les rapports de l'homme et du monde" Eugène Michel,
Un discours de Guillevic, juillet 2001



dimanche 18 décembre 2011

René Daumal, Mémorables, Basarab Nicolescu



Basarab Nicolescu lors de notre émission sur Radio Aligre en août 2010
nous fait découvrir, à l'antenne, ce texte, Mémorables 

de René Daumal.

Vous pouvez écouter en podcast  Ici 
cet interview avec Basarab Nicolescu,
Physicien théoricien spécialiste des particules élémentaires.
À signaler aussi sous la direction de Basarab Nicolescu et Jean-Philippe de Tonnac, 

René Daumal ou le perpétuel incandescent, éditions bois d'orion 2008



MEMORABLES



Souviens-toi : de ta mère et de ton père, et de ton premier mensonge, dont l’indiscrète odeur rampe dans ta mémoire.
Souviens-toi de ta première insulte à ceux qui te firent : la graine de l’orgueil était semée, la cassure luisait, rompant la nuit une.

Souviens-toi des soirs de terreurs où la pensée du néant te griffait au ventre, et revenait toujours te le ronger, comme un vautour ; et souviens-toi des matins de soleil dans la chambre.
Souviens-toi de la nuit de la délivrance, où ton corps, dénoué, tombant comme une voile, tu respiras un peu de l’air incorruptible ; et souviens-toi des animaux gluants qui t’ont repris.

Souviens-toi des magies, des poisons et des rêves tenaces, -tu voulais voir, tu bouchais tes deux yeux pour voir, sans savoir ouvrir l’autre.
Souviens-toi de tes complices et de vos tromperies, et de ce grand défi de sortir de la cage.

Souviens-toi du jour où tu crevas la toile et fut pris vivant, fixé sur place dans le vacarme de vacarmes des roues de roues tournant sans tourner, toi dedans, happé toujours par le même moment immobile, répété, répété, et le temps ne faisait qu’un tour, tout tournant en trois sens innombrables, le temps se bouclait à rebours, -et les yeux de chair ne voyaient qu’un rêve, il n’existait que le silence dévorant, les mots étaient des peaux séchées, et le bruit, le oui, le bruit, le non, le hurlement visible et noir de la machine impossible te niait, le cri silencieux, « je suis » que l’os entend, dont la pierre meurt, dont croit mourir ce qui ne fut jamais – et tu renaissais à chaque instant que pour être nié par le grand cercle sans bornes, tout pur, tout centre, pur sauf toi.
 Et souviens-toi des jours qui suivirent, quand tu marchais comme un cadavre ensorcelé, avec la certitude d’être mangé par l’infini, d’être annulé par le seul existant Absurde.
Et surtout souviens-toi des jours honteux où tu voulus tout jeter, n’importe comment, -mais un gardien veillait quand tu rêvais,
il te fit toucher ta chair, il te fit souvenir des tiens, il te fit ramasser tes loques – souviens-toi de ton gardien.

Souviens-toi du beau mirage des concepts, et des mots émouvants, - palais de miroirs, bâti dans une cave ; et souviens-toi de l’homme qui vint, qui cassa tout, qui te prît de sa rude main, te tira de tes rêves, et te fit asseoir dans les épines du plein jour ; 
et souviens-toi que tu ne sais te souvenir.

Souviens-toi que tout se paie, souviens-toi de ton bonheur, mais quand fut écrasé ton cœur, il était trop tard pour payer d’avance.
Souviens-toi de l’ami qui tendait sa raison pour recueillir tes larmes, jaillies de la source gelée que violait le soleil du printemps.
Souviens-toi que l’amour triompha quand elle et toi vous sûtes vous soumettre à son feu jaloux, priant de pourrir dans la même flamme.
Mais souviens-toi qu’amour n’est de personne, qu’en ton cœur de chair n’est personne, que le soleil n’est à personne, rougis en regardant le bourbier de ton cœur.

Souviens-toi des matins où la grâce était comme un bâton brandi qui te menait, soumis, par tes journées, - heureux le bétail sous le joug !Et souviens-toi que ta pauvre mémoire entre ses doigts gourds laissa filer le poisson d’or.

 Souviens-toi de ceux qui te disent : souviens-toi, souviens-toi du plaisir douteux de la chute.

Souviens-toi, pauvre mémoire mienne, des deux faces de la médaille, - et de son métal unique.


René Daumal

Plateau d’Assy février 1942

samedi 17 décembre 2011

Les souffleurs, commandos poétiques



Capture d'écran - site Les Souffleurs Commandos Poétiques


C'est superbe ce qu'ils font!
Là c'est une incitation à la tendresse collective.
Les Souffleurs commandos poétiques seront
à Lorient dans le Morbihan au centre ville

les mardi 20 et 21 décembre de 15h à 17h

Partant du principe que l’humanité se
reproduit de bouche à oreille, les
Souffleurs chuchotent à l’aide de
cannes creuses (les Rossignols)
des secrets poétiques. 



Programme annuel à suivre sur le site, en lui même déjà un très beau voyage!
LES SOUFFLEURS COMMANDOS POÉTIQUES


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Luc Noël, Au frémir d'un jour

Luc Noël - tous droits réservés- Cliquez sur la photo pour l'agrandir
Au frémir d'un jour

Mon front appuyé sur
la vitre froide de la fenêtre,
je regarde.

Mes yeux vont et viennent, s'éperdurent;
accrochant tantôt le furtif
envol d'un oiseau en noir
contre-jour dans son mouvement.
Son cri parvient à mes oreilles.
Mon front est froid,
la condensation le perle,
pseudo sueur de quelque
grave malaise.
Tantôt, un nuage qui se forme
de lumière en l'aube;
ou encore, ... un caillou immobile
sur le chemin.
J'admire un long moment
la patience du caillou.

Mais mes yeux ne voient pas
tout cela.
C'est ton visage que je vois
dans le reflet de l'humidité de ce matin.
Ce matin, aussi longtemps que
je m'en souvienne prélude au jour
d'un lendemain.
Il n'y a pas de forme,
simplement une trace diffuse.
Trace de couleurs falotes et
incertaines. Ton sourire tremble.
C'est la lumière de ce matin
qui se lève.
Ma lumière.

Luc Noël, Décembre 2011
GALERIE

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lundi 7 novembre 2011

Goûtons nos lumières, Brigitte Maillard

Photo B Maillard

Donne ta couleur au ciel
L'immensité à tes yeux
Remets tout à l'endroit
Tables et chaises de guingois
On s'embrasse!
Goûtons nos vies
nos lumières


Brigitte Maillard, Soleil vivant soleil 

Librairie Galerie Racine


vendredi 4 novembre 2011

Rilke, Laurent Terzieff, Le premier mot d'un vers



Laurent Terzieff lit un extrait de Les Cahiers de Malte Laurids Brigge de Rainer Maria Rilke


"Voué depuis toujours à percer le mystère de son existence, l'homme, dans l'éveil de sa conscience, a inventé peut-être avant toute chose la poésie. La poésie fait parole de ce qui avant elle ne l'était pas et par elle le devient. parole de ce qui sans elle et par elle ne saurait être dit. Personnellement je ne la considère pas comme un supplément d'âme, mais comme l'expression même de la vie. Elle constitue une ouverture vers cette face invisible du monde qui nous relie à tout et à tous, qui réconcilie toutes choses, même les contraires, jusqu'à nous faire entendre le silence des mots, jusqu'à réconcilier nos rêves de la nuit et le rêve éveillé de nos journées. C'est ainsi que le poète prend le pari de mettre en mots ce qui relève de l'indicible..." (Laurent Terzieff, 9 février 2010).


Transmission Floréal Melgar acteur d'un lieu au coeur de la chanson française, le Forum Léo Ferré

jeudi 6 octobre 2011

Brigitte Maillard, Chanson Française



109 rue des haies 75020 paris
Réservations – 01 40 09 15 57 Tarif unique – 12 euros
Restauration légère possible avant le spectacle, dès 19 heures
Au plaisir de vous y retrouver



                                                            
                                                               "A ceux qui attendent une voix autre, un type de chant hors mode,
 une de ces voix à la limite de la brisure mais réellement habitée d'une douleur doucement masquée,
 des textes toujours personnels, poèmes venus nous inviter comme une vague jeune lèche une falaise assoupie,
 un compositeur pianiste hors pair, je conseille cette soirée, de tout mon cœur" 
Pier Mayer-Dantec, auteur, comédien 

mardi 4 octobre 2011

Zéno Bianu, Une passion précise

c'est une présence qui naît
c'est faire croître une vraie tension
c'est laisser l'espace se refermer sur toi
c'est l'élégance impitoyable
c'est consentir au sol qui se dérobe
c'est sortir dans le blanc
c'est te démasquer sans cesse
c'est faire face le plus directement
c'est l'abyssal de la source vive
c'est s'installer dans la moelle de l'incandescence
c'est toujours plus avant toujours plus loin

Zéno Bianu 

extrait page 192, Le désespoir n'existe pas, Gallimard

Retrouvez l'émission Monde en poésie réalisée cet été 2011 sur Aligre fm 93.1 avec Zéno Bianu
autour de son livre paru en octobre 2010, Le désespoir n'existe pas, Gallimard
Cliquez sur ce lien pour écouter le podcast de l'émission ou rendez-vous sur cette page
Monde en poésie, Zeno Bianu
Un article  de Zeno Bianu sur Khrishnamurti, maître indien, vient de paraître 
dans la revue Octobre 2011 Nouvelles Clés

mardi 20 septembre 2011

Ivresses ( le sacre de Khayyam) - Alireza Ghorbani & Dorsaf Hamdani - Mast O Kharab


"L'immense poète persan Omar Khayyam a conquis le monde entier en déclinant
magistralement la métaphore poétique de l'Ivresse.
Revisités récemment par les voix extraordinaires de l'iranien Ali Reza Ghorbani 

et de la chanteuse tunisienne Dorsaf Hamdani, ces poèmes universels enflamment
irrésistiblement notre imaginaire dans une fusion étonnante entre le chant Arabe et Persan.
Accompagnés de musiciens d'une grande finesse et d'une virtuosité rare,

Dorsaf et Alireza proposent une lecture singulière et raffinée de cette poésie avec
une exigence vocale et musicale rare, et des compositions originales d'une étonnante 
actualité, inspirées des musiques et poésies traditionnelles de l'Orient perse et arabe.
Créé dans le cadre du Festival d'île de France par Accords Croisés.
Avec le soutien de l'Espal, scène conventionnée du Mans.
Distribution
Ali Reza Ghorbani Chant classique persan
Dorsaf Hamdani Chant classique arabe
Ali Ghamsary Composition, Tar, Divan
Sohrab Pournazeri Kamanche, Tanbur
Hussein Zahawy Daf Darbouka, Dayera
Keyvan Chemirani Zarb Udu, Bendir
Sofiane Negra Oud" 
extrait présentation Vidéo sur You tube
"La brise du printemps rafraîchit le visage des roses. 
Dans l’ombre bleue du jardin,
elle caresse aussi  le visage de ma bien aimée. 
Malgré le bonheur que nous avons eu, j’oublie notre passé. 
La douceur d’Aujourd’hui est si impérieuse !" 

.******
"Cette buée autour de cette rose, est-ce une volute de son parfum 
ou le fragile rempart que la brume lui a laissé ?
Ta chevelure sur ton visage, est-ce encore de la nuit que ton regard va dissiper ?
Réveille-toi, bien-aimée !
Le soleil dore nos coupes. Buvons !"

extrait Rubaiyat, Omar Kayyam 1048 - 1131, traduction Franz Toussaint 1924
pour suivre la traduction en français de Franz Toussaint des Rubaiyat ( Quatrains) suivre ce lien

Ivresses ( le sacre de Khayyam)



samedi 17 septembre 2011

100 Thousand Poets for change, World Poetry Movement

Je vous parlais ici du mouvement mondial de poésie, né au cours
du 21ème Festival international de Poésie de Medellin, Colombie
Monde en poésie 09/11
L'une des actions entreprise auquel chaque pays peut participer est cette
journée du 24 septembre, 100 Thousand Poets for Change.
Retrouvez sur ce site bigbridge.org toutes informations concernant
cette manifestation dans le monde entier. En France, les poètes organisent
des lectures dans différentes villes dont, Paris, Lyon, Nîmes, Roubaix,
l'île de la réunion etc...
"Join other poets around the USA and across the planet, on September 24th,
in a demonstration/celebration of poetry to promote serious social, environmental, 
and political change." Tel est l'objectif de cet évènement.
Pour aller plus loin, mieux saisir les enjeux et voir quelles sont les modalités
pour y participer, cliquez  ici


Brigitte Maillard



mercredi 14 septembre 2011

Thibault Germain, Peinture dessin, La barque dans l'éther


Bleu Outremer, terre du fleuve, papier 27,9 x 21 cm
Avril 2011 – La barque dans l’éther  clic pour agrandir




L’onde court dans ma main
Chatoie au cœur de la fibre
Se soumet-elle au vent qui passe ?
Elle est
Phénomène du chant des voiles
Arrivée du point en secret
Elle est
Regard vers l’ordinaire
Lumière des yeux dans la tempête

Brigitte Maillard poésie/ extrait de la Simple évidence de la beauté, éditions Atlantica, juin 2011 

 

Site Thibault Germain, Peinture dessin

Podcast émission Monde en poésie / Brigitte Maillard reçoit Thibault Germain sur Aligre fm 93.1 en Juillet 2010

  
 

dimanche 4 septembre 2011

Mouvement Mondial de poésie



C'est au cours du 21ème Festival international de Poésie de Medellin, Colombie
que vient de naître Ce Mouvement Mondial de Poésie, véritable évènement.
Sur le site du Festival Internacional de Poesía en Medellín on peut en découvrir
la genèse. 

"A la 21eme édition du Festival Medellin de Poésie, des directeurs de 37 festivals de poésie venus de partout dans le monde ont tenu une rencontre de 5 jours sur le statut de la poésie et des festivals de poésie dans le monde en analysant et discutant des préoccupations humaines concernant les difficultés et réalisations comme faisant partie des organisations locales promouvant la poésie dans nos villes et pays. La première session a discute de la relation entre poésie , paix, reconstruction de l’esprit humain , nature de réconciliation et redressement, unité et diversité culturelle des peuples, misère matérielle et justice poétique. Il a été aussi question des actions à entreprendre en faveur de la globalisation de la Poésie. Les participants ont décidé de mettre en place un Mouvement Mondial de la Poésie dont le but principal serait d’accroitre la coopération entre les festivals de Poésie, renforçant ainsi une voie collective. Pour plus d’information concernant ce nouveau mouvement mondial de Poésie, veuillez écrire à worldpoetrymovement@gmail.com"
Traduction d'un texte extrait du site Festival Internacional de Poesía en Medellín et présenté par Coalition pour la diversité culturelle
Céline Hémon, Directrice de la communication et responsable des relations internationales du Printemps des Poètes, est l'un des membres de ce groupe de réflexion auquel participent différentes nationalités.

lundi 25 juillet 2011

Bernard Sichère, Ce grand soleil qui ne meurt pas, Aligre fm 93.1

 BERNARD SICHÈRE CE GRAND SOLEIL QUI NE MEURT PAS


« Un coup de ton doigt sur le tambour décharge tous les sons 
et commence la nouvelle harmonie
Un pas de toi, c’est la levée des nouveaux hommes et leur en marche. » 
Rimbaud  Illuminations

Émission sur Aligre fm 93.1 avec Bernard Sichère ce lundi 25 juillet


Ce grand soleil qui ne meurt pas (Grasset) raconte le parcours d'un philosophe animé par la "Passion 68", engagé, maoïste, soulevé par " l'amour d'une vérité" qu'il rencontrera au fil du temps par la voix "de la révélation chrétienne".


" ... il est possible que ce qui est vraiment révolutionnaire avance sur des pattes de colombe n'ait pas grand-chose à voir avec les fusillades et les massacres qui fascinent les intellectuels en mal d'action, mais tout à voir avec les éclaircies soudaines d'un autre temps dans le temps, d'une autre vie dans la vie. Il faut apprendre à penser le temps autrement, à penser l'histoire et la politique autrement, à nous penser nous-même autrement, il faut tout reprendre à zéro."

L'oeuvre de Bernard Sichère est aujourd'hui le fruit d’une méditation de la pensée de l'être issue à la fois de Heidegger et de la révélation chrétienne. Une œuvre singulière et passionnée qui nous conduit, cela peut être, sur un chemin de liberté.
Un homme pour qui l’oubli de l’essence de l’homme dans son rapport à l’être est la source de tous nos maux.
Homme libre toujours tu chériras la mer

Conférence de Bernard Sichère, Centre Pompidou,  Traces du Sacré, 2008
" à quoi bon les poètes en temps de détresse ?"


Brigitte Maillard