lundi 28 février 2011

Pourquoi la poésie, Fabrice Midal


Entrer dans ce livre c’est n’en plus ressortir tant il vous saisit.
Avec ferveur, Fabrice Midal  peintre, poète et philosophe,
dit ce qui le lie à la poésie comme à ses auteurs.
Inspiré, ivre, le poète traverse l’enfer, éprouve l’amour.
Il suit les pas d’Orphée et touche à quelque chose de plus fort 
que la poésie elle-même.

Pourquoi la poésie ? Parce que sans elle on ne peut pas vivre
répond directement Fabrice Midal, parce qu’elle est
 « partant de la terre, le premier millimètre au dessus d’elle » 

Entendons-nous bien elle ne vient pas du ciel où d’infinis paysages 
mais de la terre elle même…précise-t-il sur France Culture au micro de Sophie Nauleau *

Le bavardage, le discours, la parole machinale comme le joli poétique nous éloignent 
de la force même de la poésie.
le poète est l’être en marge d’une façon beaucoup plus abyssale que l’écoute romantique
ne nous a permis de l’entendre(…) la poésie est source vive qui ne laisse personne
indemne et surtout pas son auteur 
Nous entrons  à découvert avec Fabrice Midal dans les arcanes de ce monde puissant 
et inconnu…
Notre monde serait-il construit pour que la poésie  y soit inaudible ?

Pour Fabrice Midal seul le poète peut, par sa parole, soutenir aujourd’hui
l’existence humaine.
            ….et pourtant la poésie est la vraie vie
Le poète médiateur entre l’aujourd’hui et le monde des morts, entre l’ici et la mémoire,
entre le jour et le mythe


Emission "ça rime à quoi" du 25/12/2010 sur France Culture
* A l'écoute d'Orphée, de l'urgence brûlante de la poésie 
   Conférence de Fabrice Midal / Philosophie.TV
*La quête intérieure avec Fabrice Midal sur France Culture



Brigitte Maillard

6 commentaires:

  1. Comment ne pas être d'accord avec ce poète.
    Écrire des poèmes, ce n'est pas "faire du joli", c'est bien "de vie" qu'il s'agit de sauver ou de continuer et par tant, cette poésie là ne peut que sortir de terre.Elle se nourrit de l'essence même de morts qui nous ont précédés, qui nous supportent, et de cette mémoire universelle vibrant au cœur du grand univers. Fabrice Midal se situe dans ce no man 's land, où il marche seul en compagnie de l'humanité aveuglée, seul, avec ses morts, seul avec ces incertitudes pour que surgissent les mots, comme pierres, des entrailles de la terre labourée. Chaque saison aura ainsi sa raison d'être à ses yeux, et sûrement de ravir plus d'un passant.

    Roger Dautais

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  2. La poésie a parfois du mal à se dire, mais on n' en pouvait mieux parler,un poème ne se lit pas comme porté par l' encre, mais par le sang versé de son auteur,cet homme à la cervelle d' or.

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  3. Oui vous y êtes tous deux! Oui c'est la vie saisie dans sa profondeur, c'est ce " oui libre et définitif au monde" dont parle Rilke ...quelle traversée!
    Orfeenix cette phrase du sang d'encre à la cervelle d'or, j'aime aussi beaucoup- Roger c'est ce rappel à la mémoire que tu fais, mémoire universelle, mémoire et poésie, "là où les hommes ont perdu mémoire, le poète garde la sienne"...
    Très belle soirée à vous

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  4. Les mots des poètes font passer ce qui ne se dit pas facilement et nous relient à nos rêves et aux autres

    René Char précise " les poètes savent faire surgir les mots qui savent de nous ce que nous ignorons d'eux "

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  5. c'est une très belle pensée de René Char, Arlette.

    Je pense à l'instant à Jean Tardieu "Toute ma vie a été marquée par l'image de ces fleuves cachés ou perdus au pied des montagnes. Comme eux, l'aspect des choses, pour moi, plonge et se joue entre la présence et l'absence. Tout ce que je touche a sa moitié de pierre et sa moitié d'écume".

    Très belle soirée Arlette

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  6. extrait de " Le Fleuve caché"

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