mercredi 12 juin 2013

Alireza Rôshan, jusqu'à toi combien de poèmes





elle m'a enflammée
et de moi
s'est détournée
pour ne pas brûler





C’est sur les réseaux sociaux que j’ai fait la connaissance d’Alireza Roshan, Poète iranien. 
Il était alors emprisonné depuis début septembre avec neuf de ses camarades, 
responsables d’un site web de la Confrérie des derviches Gonâbâdi.
Un ordre soufi persécuté par le pouvoir depuis des années et précise son éditeur
«  dont la seule faute consiste en des pratiques spirituelles ancestrales et constitutives
 de l’âme même du peuple iranien ». 
Alireza Roshan a été découvert par les éditions Eres alors même que 
son site personnel attirait quotidiennement et depuis deux ans, de nombreuses visites et commentaires.
Pour la première fois il est traduit en français et édité dans la collection Po&Psy, des éditions Eres. 
Ce premier recueil« jusqu’à toi combien de poèmes » est l’histoire en quelques poèmes
de la quête de l’amour, au sens de la mystique musulmane, de l’amant et de l’aimé. 
Une passion humaine ardente, où l ‘Un se cherche dans l’absence de l’autre et où 
« l’aimé, l’amant et l’amour ne formeront plus qu’une seule réalité », c’est l’union mystique.
Ces courts poèmes d'éveil font vibrer le sens. Les mots sont simples. Les images aussi.
Si je m'étonne, si je souris à certaines évocations, il y a là quelque chose d'immédiat,
proche d'une réalité  première. Le moi s'éloigne car c'est la conscience  qui se reflète
dans chacun d'eux. C'est un vrai voyage, ce livret.

pleurer
ce n'est pas que verser des larmes
c'est faire des ricochets
parfois 
à la surface de la rivière

**

dans chaque instant il y a un poème
le poème de ton absence


**

toujours
lorsque je veux écrire un poème sur toi
un autre poème me vient à l'esprit
toi toujours
tu es le poème à venir


Alireza Rôshan a été libéré le 2 octobre. Tous les derviches libérés attendent
leur procès indique son éditeur. Une pétition est toujours active, sur ce site


ALIREZA RÔSHAN est emprisonné depuis le 17 novembre 2012
retrouvez sur le site de son éditeur toutes les informations 




L’association des amis d’André Verdet – vient d’attribuer fin mai 2013 le prix André Verdet du Poète Résistant à Alireza Rôshan, actuellement emprisonné à Téhéran. 
Françoise Armengaud a précisé ainsi les raisons de ce choix :
« La poésie d’Ali Reza Rôshan allie une subtilité qui n’est pas le fruit d’un hermétisme à une simplicité dont on sent qu’elle provient autant d’un patient travail que d’un retrait proche d’une ascèse. Une poésie qui va au-delà de la suffisance des mots pour être créatrice d’une pensée.
Par ces traits, il rejoint l’André Verdet des grands poèmes cosmologiques, dont il est également proche par sa résistance active pour maintenir l’expression de ses convictions. »
extrait du site Les amis d'André Verdet

message paru en décembre 2011 sur monde en poésie et réactualisé ce jour


Brigitte Maillard


.....................................Alireza Rôshan, jusqu'à toi combien de poèmes.

4 commentaires:

  1. Comme c'est beau tous ces mots en images -pensées
    le ricochet des larmes et les instants en poème d'absence
    Merci chère Brigitte de nous faire partager des moments forts
    Belle Année à venir en AVENIR
    Arlette

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  2. Arlette bonsoir, "images-pensées", cela va bien. Tant mieux si c'est un moment fort Arlette, comme ça on reste éveillé:)Merci d'être passée!
    Une belle année Arlette

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  3. Solidarité avec ce jeune poète sufi. Partout dans le monde arabe les sufis sont persécutés actuellement. Il convient de ne pas rester silencieux. Comme l'écrit la poétesse mauricienne Catherine Boudet, "Un pays qui étouffe ses poètes, qui les encercle, les broie, les emprisonne, est un pays mort à l'intérieur de lui".

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    1. Bonjour Leila, merci pour ces mots et
      soyez ici la bienvenue

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