La poésie nous parle de la vie autrement, comme le ferait un coucher de soleil. Elle nous ouvre au monde.Un monde sensible.
Et c'est toute la saveur du réel qu'elle nous fait respirer. C'est ça la poésie. Simplement. Ce n'est pas savant. C'est une ouverture au monde sensible.
"Une substance de vie". Quelque chose d'autre qui coule dans nos veines et qui est notre humanité.Ce quelque chose qui ne demande qu'à être vu pour se dévoiler.
Se dire en mots et en silence.
BM

samedi 25 juin 2011

Bang Hai Ja, "Matière-Lumière", exposition, art abstrait

capture d'écran / Site Palais Bénédictine
Bang Hai Ja, artiste peintre et poète coréenne vivant en France depuis 1961,
expose au Palais Benedictine à Fécamp du 25 juin au 25 septembre 2011.
Une peinture sur papier, avec la terre ocre de Provence et des pigments naturels,
comme une lumière née de la lumière...c'est d'une grande beauté

« Bang Hai-Ja ne peint pas la nature mais l’espace, le signe, la tache, l’éclair, 
le cri qui deviennent par une sorte de magie visionnaire, éclaboussures de lumière,
frissons d’astres, sismographies d’appels, de rumeurs. Les suggestions et les vibrations
d’un cosmos imaginé. L’émotion se cristallise en elles, ouvre un chemin vers l’infini »,
 écrit Pierre Cabanne ( critique d'art, journaliste et écrivain français)




« La lumière peint avec moi, elle devient mon cœur, je deviens lumière. 
Toutes les deux nous entrons dans le tableau »
 Bang Hai Ja

D'où vient cette lumière

Dans l'atelier
Elle naît au centre de mon coeur
Monte du profond de la matière
De la pénombre du monde intérieur
Lentement
Toutes les lumières s'avivent
Se répandent
Inondent l'univers
L'oeil du coeur s'ouvre
Surgit l'image cachée

Ce poème est extrait du site de l'artiste

vendredi 24 juin 2011

Stephane Hessel, Dijon, juin 2011



Lire aussi Blog Médiapart, Quand les intellectuels français refont le monde!

Vous pouvez aussi écouter en podcast ici
notre rencontre avec
Stephane Hessel en poésie
Une émission Aligre Fm - Monde en poésie, janvier 2011 

jeudi 9 juin 2011

Klavdij Sluban, Photographe



Existant ou inexistant ce paysage comme une nuit ajourée,
graffé comme un papillon ? Nos regards s’échangent.
Pris sur le vif : le mouvement qui traverse la rue au prix de quelle certitude ?
Quelque chose qui ne peut être appréhendé par ici…juste perçu. 
C’est l’élan peut-être…mieux, l'impulsion première

J’aime contempler cette photographie de Klavdij Suban ( comme toutes celles
que j'ai découvertes depuis) que j'ai rencontrée cette semaine 
sur le site découverte Au gré des jours, d’Arlettart. 
Merci Arlette pour tous ces échanges.
Klavdij Sluban, c’est un monde en noir et blanc où chaque cliché est le témoignage
d’un instant précis. Ici et maintenant, toujours. La force du vécu et de sa représentation.







Présentation de sa récente exposition en mai 2011, Hôtel des arts de Toulon,
et sur le site Au gré des jours
Le site de Klavdij Sluban
Un aspect important de son travail depuis 1995, workshops itinérants dans différents pays
avec les détenus adolescents. Profond et Passionnant .



Brigitte Maillard

mercredi 8 juin 2011

Adonis, Prix Goethe 2011


Je sais, l'invisible est cette rose,
l'invisible est cette femme,
et le visage est l'envers du ciel

je sais, nuage par nuage
mes ciels remontent des paradis terrestres,
bienvenue alors à l'histoire

et à ses atomes de poussière,
l'éphémère, comment peut-il désespérer
alors que le vent est son chemin

 extrait Adonis Mémoire du vent Poèmes 1957-1990 
Poésie/Gallimard 

Je parle? mais de quoi ?
quel silence coud sur moi son suaire,
quel chemin où marcher?
je te le demande mouette dérivant
dans le bleu de la mer...
qui prétend que je te questionnais
qui a dit que je rêvais les vagues
et parlais à une mouette?
je n'y suis pour rien
je n'ai pas bougé
je n'ai soufflé mot...

extrait de Désert, les cahiers de Royaumont, 1988

Nous effaçons notre histoire/ nous la découvrons
nous retirons le filet de ses heures plein de paroles
comme si c'étaient les têtes de nos aïeux
alors qu'il y a là un espace
qui sermonne un nuage contre le vent
une neige contre la pluie.
or c'est le moment de nous dépiauter de nos nuages
d'effacer notre histoire/ de la découvrir
Entre elle
et nous
règne le feu

extrait de Singuliers  - Collection Poésie/ Gallimard, 2002

Adonis, poète originaire de Syrie vivant en France depuis 1980 est ardent défenseur 
d’une pensée libérée du poids de la tradition religieuse.
Il vient de recevoir le prix Goethe 2011
Adonis est ainsi considéré comme le poète arabe le plus important de sa génération.
"Adonis, en véritable passeur transculturel a créé une oeuvre à la confluence 
des poètes mystiques arabes, chantres de l'amour absolu, et d'une écriture du désir, 
de l'éveil, aux résonances profondément contemporaine" 
Michel Camus extrait, Adonis le Visionnaire - éditions du Rocher - 2000


mardi 7 juin 2011

Zilda, Street Art


"Žilda détruit ses toiles en 2006. Il choisit de perturber le rapport officiel 
entre l'art et la vie en s'exprimant à même les murs. »
PhaëthonAcrylic & posca on paper - PARIS




Zilda fait irruption. Il ré-ouvre l’imaginaire, arrête instantanément le coeur …
Installée dans la rue après un travail en atelier, la peinture se trouve un nouvel espace




Atra Bilis [in situ] - TOULOUSE
Site de Zilda, un vrai beau voyage, bizarre..." le beau est toujours bizarre "
  Zilda invité du Festival Etonnants Voyageurs 2011


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lundi 6 juin 2011

Guillevic, extrait de 12 chants pour Adonis



Peux-tu parler du chant
Toi qui mets le silence
Au dessus de tout?

Oui, seul
Peut apprécier le chant

Celui qui confie
Sa joie au silence.

Seul celui-là
Sait peser le chant.



Guillevic


extrait de 12 Chants pour Adonis
cliquez sur le lien La République des Lettres 
pour découvrir ce poème dans sa totalité

Adonis  Esprits Nomades
Guillevic  Jean Michel Maulpoix


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dimanche 5 juin 2011

Keith Jarrett Solo Concert

Il y a des moments comme Cela...



merci à Jmemêledetout, passionnée de vie et de musique
http://www.myspace.com/jmemeledetout




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vendredi 3 juin 2011

Sont les fleuves, Jorge Luis Borges, Jacques Ancet

Photo Brigitte Maillard - 2011 - Cliquez sur
la photo pour l'agrandir - tous droits réservés


Nous sommes temps. Nous sommes la fameuse
parabole d'Héraclite l'Obscur,
nous sommes l'eau, non pas le diamant pur,
l'eau qui se perd et non pas l'eau dormeuse.
Nous sommes fleuve et nous sommes les yeux
du grec qui vient dans le fleuve se voir.
Son reflet change en ce changeant miroir,
dans le cristal changeant comme le feu.
Nous sommes le vain fleuve tout tracé,
droit vers sa mer. L'ombre l'a enlacé.
Tout nous dit adieu et tout s'enfuit.
La mémoire ne trace aucun sillon.
Et cependant quelque chose tient bon.
Et cependant quelque chose gémit.




         Jorge Luis Borges
LA PROXIMITÉ DE LA MER
une anthologie de 99 poèmes
édité, préfacé et traduit de l'espagnol ( Argentine)
par Jacques Ancet
Gallimard


Lumière des jours, le blog de Jacques Ancet




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mercredi 1 juin 2011

La saveur du réel, Pierre Reverdy, Win Wenders, Kenneth White

La saveur du réel - Pierre Reverdy

Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l’autre. Au tournant de la rue le vent balayait la poussière et sa bouche avide engouffrait tout l’espace.
Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre, mais au bord du ruisseau les paves étaient humides et ses bras battants l’air n’ont pu le retenir. Dans sa chute il comprit qu’il était plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l’avait fait tomber. 


« Poèmes en prose » Œuvres complètes, tome 1 - Flammarion 2010


Poème rencontré ce 27 mai sur le site Poezibao
Pierre Reverdy, à découvrir aussi sur ce site, dossier de Tristan Hordé
& entretien avec Yves di Manno - Flammarion 


Les ailes du désir - Win Wenders





Méditation Méditerranéenne - Kenneth White
Les grues reviendront-elles vers toi ?
Hölderlin, L’Archipel.



Dimanche matin à San Remo

je suis réveillé par les cloches
de l’église franciscaine aux murs jaunes
dont les pieux échos
s’attardent quelque temps avant de s’évanouir
dans un jardin de citronniers

je pars alors en reconnaissance à travers la ville

amusements infantiles
festivals de popsong
spéculations financières

bien sûr

mais aussi
comme ici
dans le vide matinal de ce café
« Normale ? Si, normale »
face aux grandes eaux calmes
de la mer Ligure
(une roseur pâle sur l’horizon gris
et les collines de l’arrière-pays
blotties dans un bleu brumeux)
d’autres choses plus subtiles

visions d’une époque
où ces pentes ne connaissaient
que le vert argenté des bosquets d’oliviers
où les bateaux aux voiles noires de la mer intérieure
laissant derrière eux les sanglantes histoires
et les douloureuses tragédies
longeaient de lumineuses falaises calcaires
sur la route de l’océan

le songe se poursuit
jusqu’aux environs de midi

à l’instant où le soleil
dissipe les nuées
et où les goélands
jusque là silencieux au bord de l’eau
se mettent à jaser.


Poème rencontré sur le site du Printemps des poètes,

Passeurs de poème sur le thème cette année d'infinis paysages
Site de Kenneth White

 

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