dimanche 25 mars 2012

Le Livre des Jours, Marie Gerlaud



Le livre des Jours, ce récit de Marie Gerlaud, pose la question :
 " Si demain tu devais partir, quitter ta maison, fuir, Qu’est-ce que tu emporterais ? "



« Par la fenêtre grande ouverte des paupières : Helena s’est blottie contre la roue de la charrette. Le corps cherche un peu de repos dans le souvenir du marché. Chez elle, il s’installait chaque jeudi matin…chez elle : une petite ville, à peine plus gros qu’un bourg où la paix semblait naturelle, il y a si peu de temps encore. C’était avant que l’alpha, empreinte du pied tourné vers l’inconnu, soit écrit en première ligne sur la première page du Livre des Jours » extrait page 63

La traversée s’annonce. Profonde et rythmée. Au fil des jours, nous suivons Helena, seule face au grillage du désespoir, sur la route de l’exil.  Une route qui ne peut pas " perdre le fil du temps ", qui ne sait pas où elle va, et sur laquelle "  il est arrivé ce qui jamais ne devrait arriver ". Savons-nous alors que nous allons descendre dans les entrailles de l’exil pour " empoigner le cœur du squelette aux os de chair " mais que nous allons renaître, " main ouverte " sur le monde ? C’est à ce grand voyage que nous convie Marie Gerlaud, celui que font des milliers d’êtres humains  qui vivent la sortie de leur terre. L’exil. Guidés par la langue de l’auteure, nous avançons pas à pas. Jour après jour le livre se créée en nous. C’est un livre d’expérience. Et si la traversée ne se fait pas en douceur tant les ombres doivent être vécues, l’écriture ne nous lâche pas. Pas plus que la Vie d’ailleurs, celle que célèbre vivement l’auteure. Et puis "  un jour c’est fini…(…) Ouvrir la fenêtre. La mer arrive à Helena, avec son odeur, ses grondements. La marée monte, descend, monte de nouveau puis redescend…Mouvement perpétuel. Et cela depuis le commencement. Bien avant le premier jour. Bien avant le premier-premier jour d’Helena, quelque chose existait déjà. "  extrait page 99.



Le livre des Jours est accompagné de dessins créés par l’artiste plasticien, Patrice Lebreton directement alors inspiré par la guerre de Yougoslavie. Marie Gerlaud a choisi de les mettre en relation avec son récit. Un choix important, une réussite, car comme le précise l’auteure, il réinscrit le personnage solitaire dans la dimension collective de l’exil.

Le livre des jours, Marie Gerlaud, 

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Retrouvez Marie Gerlaud sur son blog

« Après avoir commencé des études de médecine, Marie Gerlaud a suivi une formation d'acteur au Théâtre École de Lyon. Pendant une vingtaine d'années, elle a codirigé la Cie de théâtre Athanor. Aujourd'hui, installée en Bretagne depuis une quinzaine d'années, elle consacre une grande part de son travail à l'écriture. »

A noter qu’un spectacle interprété par Mounia Raoui a été créé par Joël Jouanneau à partir d’un autre récit de Marie Gerlaud, L’Entreciel paru chez L'Harmattan . Il sera repris au  TGP Théâtre Gérard Philipe de Saint Denis, en région parisienne, en mars 2013. http://www.theatregerardphilipe.com/tgp-cdn/spectacles/l-entreciel



Brigitte Maillard


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