samedi 11 octobre 2014

L'Aube, après toi, Poésie, Anne-Cécile Causse

message paru en novembre 2012 réactualisé ce jour







  "Au bord de l'écriture toujours obligé
                                       de vivre sans toi"
                                     Maurice Blanchot








Ainsi commencent les heures,
le soleil bas incite et frôle
dans le désir d'éveiller.

Le rideau retient le souffle,
elle s'appartient encore.
Le désir repose au creux.

Ainsi commencent les heures,
le soleil ivre inaugure
le jour perdu dans une chambre close.

La rosée éperdue scintille !
Elancée face au jour,
c'est comme un renoncement



Anne-Cécile Causse, L'Aube, après toi, page 56,  
L'Echappée Belle Edition



Il y a quelque chose dans la poésie qui ne veut pas parler normalement,
qui refuse l'ordre, qui a peur d'où peut conduire la langue (...)
Les mots du vide et non pas les mots vides, mais un élan vers l'inespéré,
un mouvement de transcendance. Vers qui, vers quoi? Le poème l'ignore encore. 
Et l'écoute des bruits de ce monde. La poésie se doit, par le coeur, d'enjoindre
de garder éveillé (...)

L'Aube, après toi, page 10, L'Echappée Belle Edition

Anne-Cécile Causse est née à Limoges en 1985.
Après un baccalauréat littéraire, elle poursuit des études de littérature allemande.
Dans le cadre de son Master, elle s'interroge, au regard de l’expérience de la seconde
guerre mondiale, sur les rapports entre langage et silence, sur une possible expression 
de l'intériorité dans les poèmes d’Ingeborg Bachmann.

L'Aube, après toi est son premier recueil. 






J’ai laissé tomber mes années sur le sable
et j’ai découragé l’été.

Le sol encore loin
sous mes pas en miroir
se dérobe.

Et la mer
de séquestrer la beauté
dans une lente répétition.



Crépuscule

J'avais oublié l'aspect rugueux de ton cœur, insatisfait,
j’avais oublié ta main, si secrètement instable,
j’avais oublié la couleur du temps qui se dérobe
sous nos yeux, pâles, soudain,
j’avais oublié ces âmes disparues
qui se brisent en même temps que le soleil,
j’avais oublié comme l’ombre peut être belle,
au lieu de l’absence-même.

Ô les teintes
folles dans tes yeux.


inédits Anne Cécile Causse, novembre 2012




Retrouvez Anne-Cécile Causse sur le site de L'Echappée Belle Editions
Poésie Neiges

&
Revues en ligne: 



Anne Cécile Causse présentera  prochainement fin 2014, début 2015
sa collaboration poésie/dessins avec la dessinatrice Anaïs Charras




Brigitte Maillard


L'Aube, après toi, Poésie, Anne-Cécile Causse

9 commentaires:

  1. Cette jeune poétesse maîtrise le minimalisme, je suis toujours sous le charme des mots les plus simples qui expriment les émotions les plus fortes!

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  2. oui et Anne-Cécile CAusse va les chercher "ces mots qui reviennent du silence", j'aime beaucoup cette énergie, celle de la quête, essayer de dire l'invisible et/ou l'indicible, si jeune poète, c'est super et j'ai très envie de lire/découvrir ses prochains recueils ou actions de poésie

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  3. En lisant ces quelque vers qui me paraissent mélancoliques,je vois Baudelaire en filigrane ou je crois Apollinaire!
    Anne Cecile Causse, a-elle-vraiment son age?
    Mais tout bien réfléchi, je dirai, ce n'est pas de la mélancolie,mais l'art de faire vivre ces simples objets de la vie qui nous entourent, comme:
    -Le rideau retient le souffle,
    elle s'appartient encore.
    Le désir repose au creux.
    ou:
    "La rosée éperdue scintille !
    Elancée face au jour".
    Merci chère Brigitte de nous faire découvrir cette nymphe sublime!

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  4. Plaisir aussi de vous lire Bizak, oui je crois qu'Anne Cécile a vraiment son âge:)
    merci pour toutes ces sensibles pensées

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  5. Je découvre avec plaisir cette jeune poète aux accents hégéliens... C'est suffisamment rare aujourd'hui pour être remarqué. Belle couverture minimaliste de son recueil qui évoque pour moi cet " élan vers l'inespéré ".

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    1. Merci beaucoup Heffe d'avoir aussi pris ce temps de découverte.

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  6. Me souviens de ces textes et suis toujours bercée par cette délicatesse des mots simples qui laissent entrevoir une autre lecture
    De la vraie poésie Et suis en accord avec les beaux commentaires si justes je suivrai son travail avec plaisir
    Merci Chère Brigitte

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