vendredi 21 septembre 2012

Bang Hai Ja, "Matière-Lumière", art abstrait

capture d'écran / Site Palais Bénédictine

Bang Hai Ja, artiste peintre et poète coréenne vit en France depuis 1961.
Ici Aube, une  peinture sur papier, avec la terre ocre de Provence et des pigments naturels,
comme une lumière née de la lumière...c'est d'une grande beauté
« Bang Hai-Ja ne peint pas la nature mais l’espace, le signe, la tache, l’éclair, 
le cri qui deviennent par une sorte de magie visionnaire, éclaboussures de lumière,
frissons d’astres, sismographies d’appels, de rumeurs. Les suggestions et les vibrations
d’un cosmos imaginé. L’émotion se cristallise en elles, ouvre un chemin vers l’infini »,
 écrit Pierre Cabanne ( critique d'art, journaliste et écrivain français)

« La lumière peint avec moi, elle devient mon cœur, je deviens lumière. 

Toutes les deux nous entrons dans le tableau »
 Bang Hai Ja

"D'où vient cette lumière

Dans l'atelier
Elle naît au centre de mon coeur
Monte du profond de la matière
De la pénombre du monde intérieur
Lentement
Toutes les lumières s'avivent
Se répandent
Inondent l'univers
L'oeil du coeur s'ouvre
Surgit l'image cachée "

Ce poème est extrait du site de l'artiste
site de l'artiste Bang Hai Ja

Bang Hai Ja, "Matière-Lumière", art abstrait


dimanche 16 septembre 2012

Rainer Maria Rilke, Fabrice Midal




"Se mettre à l'écoute de Rilke, c'est entrer dans l'écho de la poésie comme nous ne savons plus l'entendre; la poésie n'y est plus alors un métier d'écrivain, une entreprise culturelle et esthétique. Elle est une mise en résonance rendant sensible l'intensité propre à chaque chose.
Le poète est d'abord celui qui se met à l'écoute de la parole hors des usages habituels qui n'ont aucun égard pour elle, afin de l'élargir aux dimensions de l'invisible, l'affranchissant des contingences de l'espace ou du temps où nous faisons des choses et des êtres autant d'instruments au service de nos brusques et passagères velléités ou de nos petits calculs bien ordonnés (...) Dans l'urgence du temps reconnu en ce qu'il fait époque, il révèle une possibilité de vivre dans l'immensité retrouvée. La poésie n'est donc pas une manière de nous divertir, de nous détendre, de nous aider à penser notre temps, mais le vrai, le plus intense, le plus réel.
Elle ne nous réconforte de rien. (...)
Rilke le dit sans ambages dans Le Testament: " Qu'est ce qui me serait le plus inutile à la fin qu'une vie consolée". (...) A avoir cherché à nous protéger de tout nous ne savons plus grand chose de l'existence. Le poète lui demeure dans la gravité, et l'œuvre qu'il sert est tension et non ultime certitude. Notre "peur de l'inexprimable n'a pas seulement appauvri l'existence de l'individu, mais encore les rapports d'homme à homme, elle les a soustrait au fleuve des possibilités infinies, pour les abriter en quelque lieu sur de la rive (extrait de Lettres à un jeune poète) " "

Rainer Maria Rilke, L'amour inexaucé Textes choisis et présentés par Fabrice Midal
Editions Points, page 10 et 11

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SONNET XXIX

Ami silencieux des nombreux lointains,
sens ton souffle encore accroître l'espace.
Dans la charpente obscure des clochers
fais-toi retentir. Ce qui vit de toi,

cette nourriture en fait une force.

La métamorphose, entre en elle et sors.
Quelle est ta plus douloureuse expérience ?
Boire est-il amer pour toi, fais-toi vin.

Dans cette nuit de démesure, sois

magique puissance où tes sens se croisent,
de leur rencontre étrange sois le sens.

Et si tu es oublié du terrestre,

à la terre immobile dis : Je coule.
A l'eau dans sa hâte parle : Je suis.



Rainer Maria Rilke, Elégies de Duino Sonnets à Orphée
Poésie / Gallimard  page 247


Rainer Maria Rilke sur le site Esprits Nomades

 Rainer Maria Rilke, Fabrice Midal 




samedi 15 septembre 2012