lundi 31 décembre 2012

Bonne année 2013 en Poésie

 ©Brigitte Maillard

 ©Brigitte Maillard

 ©Brigitte Maillard


Photos et texte Brigitte Maillard
clic sur les photos & le lien ci-dessous
 
BONNE ANNEE A TOUS

jeudi 27 décembre 2012

Marie-Josée Christien, Revue Spered Gouez, L'esprit sauvage

Marie-Josée Christien

Entre instant et éternité

Je remue lentement
les mots engourdis
à l'intérieur

Le ciel crépite de flocons
à balbutier
du bout des lèvres

Aucune neige
ne sera éternelle

*

Vivre
exige de se dépouiller
de tout
même
de l'attente

comme on renonce
à comprendre
un rêve effleuré

*

la nuit s'enracine
en moi
si proche du réel
je m'incline
devant ce rien
qui est éternité

Même les rêves
meurent
en terre de douleur
de leur mort imminente

Le temps ne suffit plus
quand se referme
la parenthèse

*

J'invente un lieu
qui porte plus loin
que le temps

invisible

la vitesse de la pensée
est plus rapide
que celle de la lumière .


Marie-Josée Christien
extrait de Alambic, en cours d'écriture
Spered Gouez N°18, page 144 et 145


La revue annuelle, Spered Gouez / L' esprit sauvage fondée en 1991  paraît chaque année,  
à l'occasion du Festival du Livre en Bretagne qui a lieu à Carhaix. 
Au coeur de la vie culturelle régionale, elle est le prolongement du travail de promotion du livre et de la lecture organisé autour du festival. Marie-josée Christien en est la fondatrice et responsable de rédaction. 
L'accent est mis sur le renouveau de la poésie aujourd'hui. Un travail collectif y est engagé
à chaque numéro, autour d'un thème 
" (...) une question à creuser en profondeur, pour apprendre, comprendre; pas pour divertir, mais pour faire oeuvre commune".

Ce N°18 s'inscrit dans " Ephémère et éternel, le temps". On y retrouve dossiers, chroniques
et les textes inédits de 25 auteurs contemporains" Danielle Allain-Guesdon, Guy Allix, Michel Baglin, Louis Bertholom, Jean-Claude Chenut, Marie-Josée Christien, Gérard Cléry, Chantal Couliou, Françoise Coulmin, Olivier Cousin, Jean-François Dubois, Maï Ewen, Claire Fourier, Jean-Marc Gougeon, Denis Heudré, Karim Cornali, François Laur, Jean-Luc Le Cleac'h, Eve Lerner, Marilyse Leroux, Pierre Maubé, Martine Morillon-Carreau, Patrice Perron, Franck Reinnaz, Jacqueline Saint-Jean".

Une revue exigeante, un travail de qualité, une méditation sur" le cours de la vie", 
ce temps et " son mouvement", ce temps "entre instant et éternité", à " perte de vue, perte de vie", 
ce temps et "sa géographie" ...


"Qui vit en nous d'on ne sait quand?

Qui nous traverse et nous leste et nous ancre
à l'illusion de l'éternité et de l'instant? 
Je ne suis que ce tourbillon d'années et de secondes,
une somme d'accidents qui ce soir
griffonne ou grafouille et questionne plus que jamais 
cette géographie du temps dont les étranges voyages
ouvrent plus d'espaces et de profondeurs
et plus de mystère
que la terre ronde au randonneur! "


Michel Baglin Extrait" Géographie du temps" Revue Spered Gouez, N° 18, page 154
 


Le site de la revue Spered Gouez 
Biographie Marie-Josée Christien  



Brigitte Maillard


Marie-Josée Christien, Revue Spered Gouez



mardi 11 décembre 2012

Encore frissonnant sous la peau des ténèbres, Jules Supervielle


Photo Gaetano Vogler - Avec mes remerciements - Tous droits réservés Clic sur image

Entre couleur et beauté et parce que l'ombre demeure

J'aime cette photo de Gaetano Vogler et la Fable du Monde


(...) Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois

Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.




Jules Supervielle extrait de La Fable du Monde 1938

  Jules Supervielle  le réconciliateur  sur le site de Jean Michel Maulpoix


lundi 10 décembre 2012

Par les lueurs, Dominique A

 Etonnant Dominique A et si rare
"Par les lueurs nous voilà traversés par les lueurs
Oh soudain...Sur le chemin de pierres cendrées
Un matelas posé par erreur
Et soudain par les lueurs nous voilà traversés par les lueurs
Ma planche mon âme
L'heure qui s'est déposée
Est-elle d'opale, provient-elle d'iris saturée
Rien je sais rien..."



  Site de DOMINIQUE A

Dominique A est nommé artiste masculin de l'année 
aux Victoires de la musique 2013

Par les lueurs, Dominique A

dimanche 9 décembre 2012

Mystère-Amour, Michel Cazenave, Les Cahiers du Sens



Mystère-Amour

Le mystère de ses jambes
Entr'ouvertes
Au ciel - et de son sexe béant -
De son sexe soleil
A
La lumière de la nuit,
Comme si, à l'intérieur, se cachait
Le secret
De l'univers entraîné dans une ronde de fées -
Sous sa traine d'étoiles
Qui reluit dans ses yeux

Le mystère infini
De ses lèvres carmin,
D'où jaillit le cri sans fin
Des plantations
Saccagées:
Il déchire le monde
Et le voile
Tiré 
Sur
La splendeur de la terre

Ah! Comment dire
Le mystère
De l'abîme dérobé -
Et, quand on plonge dedans,
Cette grâce
D'éclairs
Qui convulse le corps
Et fait chanter
Toute l'harmonie désaccordée
Des cieux pourtant déserts ?





LES CAHIERS DU SENS, n°22 , Le mystère, Jean Luc Maxence et Danny Marc, 
Le nouvel Athanor, extrait page 127

Plus de  150 poètes contemporains, explorent ici le Mystère sous toutes ses facettes.
C'est incroyable ce que ce mot mystère recouvre de sens. 
L'ouvrage est riche et je ne voudrais surtout pas l'enfermer dans mon seul regard.
Mais si je peux vous donner le désir de plonger dans ce livre, au coeur de chacun 
de ses poèmes, afin de découvrir les alliances de l'écriture et du mystère...

Je remercie vivement Jean Luc-Maxence, poète écrivain et éditeur 
-LE NOUVEL ATHANOR- 
d'avoir accepté que je publie ici  dans son intégralité  le poème de Michel Cazenave

Comment faire vivre la poésie contemporaine, une émission sur France Culture
où vous retrouvez Jean Luc Maxence en dialogue avec Jean Pierre Siméon et 
Michael Lonsdale en août 2012


Michel Cazenave, Mystère-Amour, Les cahiers du sens, Le nouvel Athanor


 Brigitte Maillard


mercredi 5 décembre 2012

Journal du Réel gravé sur un bâton, Michel Jourdan





J'ai l'impression d'être au creux du jour. Mon corps réfugié dans l'arbre regarde ce monde. J'ai alors les mains dans la terre et je me régale de toutes ses saveurs.

Michel Jourdan dans ce livre Journal du réel gravé sur le bâton nous donne " vingt ans de pratique de la notation " de sa vie "d'ermite migrateur" comme il s'appelle lui même. C'est unique.

Yves Bonnefoy a préfacé cet ouvrage déjà paru en 91 et réédité en 2003 aux Éditions du Rocher.

" ...écrire il le fait en marchant ou en travaillant son arpent de terre ingrate et de ciel, 
par bribes d'observation qui raniment, dans quelques mots rassemblés, tisons de notre absolu, la flamme du monde"

Les mots de Michel Jourdan sont précis, ils semblent nous délivrer du poids de notre langage, de nos pensées comme de nos certitudes. Aucun jeu avec les mots, aucun esthétisme...C'est " la chose" qui s'affirme bien avant la langue. Ce sont de courts poèmes d'influence extrême-orientale dont Yves Bonnefoy dit qu'il voit là, une possible renaissance du poétique.

"... Eh bien, en cette profondeur les mots échappent donc 
à la mainmise du conceptuel, ils restent ainsi en rapport 
avec la réalité en son infini, ils peuvent exprimer et favoriser
les désirs dont l’objet fait corps avec un moment et un lieu.
Cette part obscure de notre parole est notre réserve de réalité,
notre source. Et elle nous est accessible parce que 
– c’est cela, la poésie – elle affleure dans chaque mot.
Écouter un mot, en effet, un mot et non une phrase,
et c’est, encore un instant, l’entendre avant que ne s’y déploient 
les articulations du concept. Une voie s’entrouvre."
Yves Bonnefoy - Cahier Yves Bonnefoy - L’Herne - 2010
(Texte croisé sur le site Poezibao )

La notion de création artistique est dépassée. On est face avant tout à une quête spirituelle authentique que chaque mot laisse transparaître. C'est simplement la vie
de Michel Jourdan qui demande à se formuler ainsi.

Sur le site des éditions Arfuyen présentation (bio et extraits) du tout nouveau livre de Michel Jourdan 

Sur Monde en poésie notes de lecture janvier 2012 sur Bouteilles à la mer d'un ermite migrateur



 - Ce message, réactualisé, est paru en 05 2010 sur ce site -


Journal du Réel gravé sur un bâton, Michel Jourdan



Brigitte Maillard


dimanche 2 décembre 2012

Langue des signes & Poésie



Ce 17ème Festival International orchestré par la Maison Poésie Rhônes-Alpes ouvre, entre tous les acteurs de ces rencontres, un nouvel espace de création. Placé cette année " sous le signe de la main" découvrir le programme ce festival est le premier à être traduit pendant toute sa durée en langue des signes. Un défi incroyable quand on songe à toutes nos paroles ! Une traduction simultanée, non-stop et bien souvent improvisée. Tables rondes, lectures, chansons, pièce de théâtre se voient saisies à bras le corps. Bravo aux interprètes. Et c'est enthousiaste que nous assistons au concert exceptionnel de la chorale " Chants-Signes "de l’association UniverSignes. 
La langue des signes est une langue à part entière.


Brigitte Baumié en lien avec La maison de la Poésie Rhônes-Alpes, Brigitte Daïan et toute son équipe, est au cœur de ce travail. "Auteure et musicienne - en perte d’audition depuis une décennie – elle oeuvre au sein de l’association Arts Résonances avec des artistes sourds à la traduction de la poésie en langue des signes". C’est au festival Voix Vives en 2011 que son travail a été présenté. La poésie chez les sourds n’est pas culturel. L’éducation ayant été focalisée sur l’oralisation, l’accès au français a été délaissé et tout est à découvrir…


" (…) Notre action vise, en définitive, sur la base de la poésie contemporaine, à briser la barrière entre sourds et entendants, à créer une « envie de bilinguisme » français/LSF, à faire connaître la culture sourde en la décloisonnant, en l’ouvrant à la littérature française, en aidant des créateurs en LSF à faire connaître leur travail.
Nous avons choisi la poésie contemporaine pour deux raisons fondamentales : nous sommes poètes vivants, en plein travail de création depuis de nombreuses années, et nous savons que si tout le monde n’est pas poète, chacun est sensible à l’émotion poétique à un moment ou à un autre, qu’il soit sourd ou entendant. C’est une constante humaine. " Extrait de présentation du site Art Résonances



Clic sur l'image
Voici un poème créé en langue des signes par l’artiste Levent  Beskardes et présenté dans le livre/revue Bacchanales n°48, A pleines mains paru en novembre 2012 & qui recueille les textes de 71 Poètes. 
Il s’agit, avec ce poème là, de la Retranscription visuelle suivi de la traduction réalisée par plusieurs poètes dont Brigitte Baumié, J.Carlos Carreras, Guillaume Gigleux et Michel Thion. J'ai choisi de vous présenter cet extrait car il m'a tout de suite saisie; il parle de lui même et reflète l'un des multiples aspects du travail Langue des signes et de la poésie






Levent Beskardes sur la scène de L'Heure bleue

Pour terminer voici le poème Légendes des légendes de Nazim Hikmet dit par Levent Beskardes


 


Brigitte Maillard

Langue des signes, Poésie