lundi 8 septembre 2014

Ode au recommencement, Jacques Ancet

article paru en 2013 réactualisé ce jour
ode au recommencement Jacques Ancet



  et me voilà où j’ai toujours été, entre la vie et son
image, à regarder, à écouter, respirer ce que je vois
ni n’entend ni ne sens

  ce qui tient ensemble le pigeon et le portail, les iris et le
rocher, les nuages et le marronnier, mon corps et la lumière

  à guetter cet instant où, soudain, tout serait là, le monde
entier comme en équilibre sur un grain de temps pur


extrait page 72


  La vie, oui, ne la lâche pas pendant qu’elle te tient,
disait-il, et quoique tu fasses, répète, je suis vivant, vivant

  Vivant pour la table et le noisetier, pour le jour gris, la
montagne immobile, vivant pour l’air qui te traverse et te
fait vivre, vivant pour tout ce qui t’entoure

   qui était-il, j’essaye de retrouver sa présence, le son de
 sa voix, son regard à la fois clair et profond, mais ce sont
 d’autres voix, d’autres regards qui me reviennent

   je ne sais plus s’il arrive du passé ou du futur, d’une vie
non encore vécue mais simplement rêvée et si intense,
pourtant , que ce qui est  et ce qui pourrait être se confondent

   et pourquoi toujours le revoir dans cette même soirée
 d’été, avec le grésillement des mouches sur l’éblouissement
 des vitres et le ciel rouge derrière les collines

    le soir lentement tombait et son visage entrait dans
  l’ombre

    seule sa voix conservait cette clarté qui ne l’a jamais
 quittée, je l’entends , elle ne cesse de couler

   et n’oublie pas l’oubli, dit-elle, soigne le pour qu’il
 t’accompagne

   pour que chaque instant n’en finisse pas de commen-
 cer, que le présent soit l’inconnu, le visage du jamais vu

  puis ses mots se perdaient, chuchotement, rumeur
 vague et c’était la nuit qui parlait


extrait page 74


  où vais-je dans cette prose cadencée qui chante un peu
mais pas trop

  elle glisse sous le temps comme une légende évasive
que je ne parviens pas à déchiffrer ou si peu

(…)

  Car je reviens, je l’ai dit , je reviens

(…)

  J’ai les mains remplies d’un jour que je ne sais
pas dire


extraits page 77

Ode au recommencement, Jacques Ancet, editions Lettres Vives, 2013



sur Ode au Recommencement




émission Du jour au lendemain du 7 mai 2013 sur France Culture


Ode au recommencement, Jacques Ancet

4 commentaires:

  1. ode au commencement
    n'est pas un bon choix dans l'attente de l'an neuf.
    je viens de mettre sur papier ainsi je savourerai lors des mes voyages en bus dans papier tu nous offres une belle densité
    pour ces heures belles des dernières fois de 2013

    que ton passage soit délicat et délicieux

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  2. ...au recommencement Frankie, un si beau titre

    mais je respecte ton idée !

    Ce livre m’a tout de suite pris dans son mouvement. Jusqu’à la vision qu’il transmet. C’est rare.

    je te souhaite aussi Frankie de joyeux moments en cette fin d'année

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  3. Un retour à picorer avec bonheur
    Amicalement pensées bleues
    AA

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