mercredi 27 février 2013

Stéphane Hessel en Poésie

Interview Stéphane Hessel Monde en poésie 2011


Interview janvier 2011 émission Monde en poésie
sur Aligre Fm


Stéphane Hessel que j’avais eu la joie de rencontrer dans le cadre d’une émission spéciale Monde en poésie  réalisée à son domicile, m’avait alors émue par sa gentillesse et son écoute profonde. Une attention vive à l’autre. Une humanité, ressentie en sa présence, qui restera longtemps dans mon souvenir. Nous avions évoqué son livre ô ma mémoire la poésie, ma nécessité et son goût de la poésie. Un goût qui lui fit ressentir intensément les poètes. Et l’absolue nécessité pour lui de partager sa longue expérience de l’émotion poétique. Aujourd’hui Stéphane Hessel nous a quitté, parti rejoindre cet au-delà, plus vivant que la vie même. La mort ne l’effrayait pas, il aurait d’ailleurs souhaité donner à son livre le titre de «  La poésie au seuil de la mort » « non pour effrayer mais au contraire pour rassurer mes lecteurs : il s’agit d’un seuil accueillant » précise-t-il .
L’approche de la mort comme il le dit dans cet interview réalisé en janvier 2011 [et dans son livre ô ma mémoire la poésie, ma nécessité] sollicite une réflexion de plus en plus intense et c’est avec les poètes qu’il vit cette liberté que "l’émotion poétique distille lorsqu’on atteint le seuil de la mort ".
Stéphane Hessel cite cette pensée qui lui est chère de Shakespeare dans la Tempête   « nous sommes l’étoffe dont sont faits les rêves et notre petite vie est entourée par un sommeil »  et il poursuit : « C’est faire apparaître la fin de la vie comme un ré-endormissement. Ce sont les poètes qui ont souvent le mieux compris ce que peut être le merveilleux de la mort » .Puis vient Rainer Maria Rilke dans les Elégies « Nous sommes les abeilles de l’Invisible. Nous butinons éperdument le miel du visible, pour l’accumuler dans la grande ruche d’or de l’Invisible  "La vie prépare la mort, elle ne prépare pas quelque chose de brutal, elle prépare de l’invisible qui a cette merveilleuse consistance qu’a la poésie d’être en rime, d’être en rythme, de s’écouler comme le temps peut s’écouler pour un poète."
Merci Stéphane Hessel.


Nuit de Lune - Joseph Freiherr von Eichendorff

C'était, comme si le ciel
avait embrassé la terre,
comme si dans la clarté des fleurs
elle ne pouvait rêver que de lui.

l'air s'étendait sur les champs,
les blés ondoyaient gracieusement,
les forêts bruissaient doucement,
la nuit était claire d'étoiles.

et mon âme étendait
largement ses ailes
volait au dessus des campagnes calmes
comme si elle revenait chez elle.

poème extrait des poèmes choisis par Stéphane Hessel et paru
dans "ô ma mémoire la poésie, ma nécessité" - 

Brigitte Maillard 


Musique dans cette émission: Romance - Chopin 
un extrait du CD du concertiste Christophe Alvarez
enregistré en concert-live le 21 octobre 2010 en Pologne
son site www.christophealvarez.fr/

Mise en ligne ce 6 avril de l'émission via Dailymotion 


Stéphane Hessel en Poésie


dimanche 24 février 2013

Marie-Josée Christien, Les rendez-vous de Max, Quimper


poésie chez Max


Un trio de poètes de la région Bretagne (Marie-Josée Christien, Louis Bertholom et Gérard Cléry) propose aux amateurs de poésie et de littérature un nouveau rendez-vous mensuel à Quimper
                                                           les RV se préparent...

le 29 janvier avec L.Bertholom ,MJ Christien, G.Clery & G.Perennou
                                         «Chez Max», à Quimper est la maison natale du poète et peintre Max Jacob. Restaurée par Eric et Geneviève Perennou, elle est aujourd'hui un restaurant-salon de thé, et un lieu vivant qui accueille des expositions d'artistes et Les rendez-vous de Max consacrés à des lectures, des récitals de poésie, des rencontres avec des poètes, des écrivains et des artistes. source: agencebretagnepresse.com 


...et sourires! Les  RV démarrent le  9 février

                                                             


Peinture expo / Catherine Raoulas
Retrouvez Marie- Josée Christien, poète - critique - responsable de rédaction de la revue Spered Gouez/L'esprit sauvage 
sur son site & le site de la revue Spered Gouez
poète et critique, responsable de rédaction de la revue Spered Gouez/L'esprit sauvage.

Source : http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=29177&searchkey=chez%20max=
Copyright © agencebretagnepresse.com
poète et critique, responsable de rédaction de la revue Spered Gouez/L'esprit sauvage.

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poète et critique, responsable de rédaction de la revue Spered Gouez/L'esprit sauvage.

Source : http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=29177&searchkey=chez%20max=
Copyright © agencebretagnepresse.com
Monde en poésie, du 27 décembre 2012, "Marie-Josée Christien, Revue Spered Gouez,
L'esprit sauvage" 
Revue Texture , "Les extraits du temps", lecture de  Michel Baglin

Les rendez-vous de Max - premier jeudi de chaque mois
Première rencontre Louis Bertholom le 9 février (sur Monde en poésie/ 3 février)
Rencontres à venir
Marie Josée Christien accompagnée au piano par Eric Dony le jeudi 7 mars
Gérard Cléry le jeudi 4 avril
Bruno Geneste et Isabelle Moign le jeudi 2 mai
Brigitte Maillard accompagnée par Eric Dony le jeudi 6 juin 
et retour en septembre!

BM

 Les rendez-vous de Max, Chez Max, Marie Josée-Christien 

vendredi 22 février 2013

La Serre d 'Emeraude, Clément Variéras, Anne-Cécile Causse, Jean-Luc Tassel, Silvia Zanaboni


Le concert a lieu le vendredi 22/02/13 au "studio Le Regard du Cygne", 210 rue de Belleville (hors-programmation), à l'occasion de la sortie officielle de l'album "La Serre d'Emeraude" de Clément Variéras. Avec Anne-Cécile Causse (violoncelle), Jean-Luc Tassel (piano) et Silvia Zanaboni (piano).
Le concert à lieu à 20h30, durée environ 1h.
Tarifs 12 € plein / 8 € réduit (étudiants tous âges, intermittents, chômeurs).

Anne-Cécile Causse est poète et musicienne. Elle collabore ici avec Clément Variéras, compositeur.
dont vous pouvez découvrir bio & actualités sur son site
Un travail de création de qualité autour, dans ces deux vidéos, de la poésie de Anne-Cécile Causse
« Chants pour Violoncelle II » sur un poème d’Anne-Cécile Causse. Les titres de mouvements sont issus des vers du poème.  
                                               Mon corps balance sous la lampe 
                                                  Devant d’impossibles fenêtres 
                                                      Toute gravité défiée 




 Lire aussi, article du 16 novembre 2012 sur Monde en poésie
 L'Aube, après toi [premier recueil de poésie  d'Anne Cécile-Causse]
suivi de poèmes inédits.

BM

jeudi 21 février 2013

Langue des signes, poésie, flashmod, Apparaissons



Dans le cadre du Printemps des Poètes 2013, Une mobilisation éclair aura lieu samedi 9 mars place de la mairie à Rennes. Rv à 16 heures « en haut des marches de la place de l’opéra, vêtu de rouge, pour une flasmob poétique en langue des signes » En effet cette année en Ile et Vilaine et à Rennes vont éclore, ce jour-là, des flash poème comme « de petits impromptus » qui feront vivre la poésie dans la ville.

Source & infos, pour découvrir tous les rendez-vous et autres aspects de la manifestation reliée au Printemps des Poètes 2013, Médiathèque départementale d’Ille-et-Vilaine http://www.mediatheque35.fr/

le poème choisi pour ce flashmob en langue des signes est extrait du livre Nous les vagues, édité
chez Quartet de Mariette Navarro
"(...)Nous aurons le rouge aux joues et le sang des bonheurs extrêmes si nous apparaissons. Nous aurons le rire sauvage des victoires, il naitra de nos gorges, quand dans l’air du matin nous comprendrons ensemble que nous sommes apparus. Quand dans le silence écrasant nous devinerons le murmure de notre nom, puis la curiosité de notre nom prononcé à voix haute, et puis la joie de notre nom repris de bouche en bouche, pour dire notre présence."
Voir aussi sur Monde en poésie du 2 décembre 2012, Langue des signes & poésie
BM 

Poésie et langue des signes, flashmod, Apparaissons

mercredi 20 février 2013

Zeno Bianu, Emission Poète tes papiers! RLHD.TV


REGARD 187 - N°1 Emission Poète tes papiers...


Zeno Bianu est une voix profonde de la  poésie contemporaine.
Dans le cadre d’une première « émission consacrée à l'art de mots que l'on appelle "Poésie"  RLHD.TV  reçoit le poète.

Pour Zeno Bianu " la poésie vécue " est première, elle est aussi " riposte de l’émerveillement, de la célébration  et possibilité d’une utopie active ". Tenter de " traduire cette pulsation, ce cœur qui nous habite, notre respiration profonde " est l’un des sens de son voyage.

Bienvenue à cette nouvelle émission sur la toile !


Retrouvez ZENO BIANU sur Monde en poésie


BM
 

dimanche 17 février 2013

Verlaine emprisonné, Cellulairement


"De la musique avant toute chose,
Et pour cela préfère l'Impair
Plus vague et plus soluble dans l'air"




En lisant cet ouvrage  - Verlaine emprisonné, édité chez Gallimard et imaginé par Jean-Pierre Guéno et Gérard Lhéritier. Il est fruit de l’exposition qui se déroule en ce moment jusqu’au 5 mai 2013 au Musée des lettres et manuscrits - je redécouvre ce poète «  de la musique avant toute chose », celui qui parle à nos cœurs avec cette petite musique éveilleuse de l’âme.
 
Ce livre est organisé autour de l’œuvre de Verlaine, de son recueil Cellulairement rédigé en captivité entre le 10 juillet 73 et le 16 janvier 1975. Verlaine qui vient de tirer sur son ami Arthur Rimbaud deux coups de feu est incarcéré pour délit d’homosexualité. Un écrit incandescent va naître alors, Cellulairement. Un manuscrit découvert récemment par Gérard Lhéritier  " 67 feuillets dans lequel le poète exprime ses rêves, ses fantasmes, son désespoir, ses frustrations, ses remords, ses espérances, ses évasions poétiques, ses fantaisies, ses théories, mais aussi l’irruption de la grâce à partir de l’été 1874. "
Ce livre est beau esthétiquement (le travail du graphiste est remarquable) comme l’est le voyage dans lequel il nous entraîne. Nous suivons Verlaine entre dessins, gravures, feuillets manuscrits…regards croisés, " chants mêlés". Du crime de l’amour à son chant le plus doux. Des prisons aux mille douleurs, poètes maudits, au visage pacifié de Verlaine sur son lit de mort, "la dernière chanson".
 
La voix qui l’accompagne tout au long de ce récit en images, de ce chemin de vie recréé  pour nous, est celle, profonde, de Jean-Pierre Guéno. Intense regard de l’ami qui « lit sur les visages comme sur la peau des parchemins des bibliothèques » qui ne cesse d’interroger pour nous le poète sur son chemin de croix, ses réversibilités, et la quête incessante d'une révélation, jusqu'à son cri final.

 - Ah! Seigneur , qu'ai-je? Hélas me voici tout en 
larmes.
D'une joie extraordinaire. Votre voix
Me fait comme du bien et du mal à la fois,
Et le mal et le bien, tout a les mêmes charmes;
[...]
- Pauvre âme, c'est cela !

Magnifique rencontre et très bel ouvrage que je n'ai pas fini de ressentir! 

«(…)  Cellulairement dévoile le centre de gravité, le fil rouge de son existence A certains égards sa vie n’est qu’une longue captivité. (…) avant tout  le prisonnier de ses contradictions, il est la parfaite représentation existentielle de l’homme enchaîné, du maudit du révolté bloqué dans la camisole, dans le carcan du pilori de la condition humaine. C’est ce qui nous rend cet albatros si attachant. Et c’est ce qui rend le chant de sa poésie à la fois si troublant et si fulgurant. (…) » extrait de la préface - Jean-Pierre Guéno

Paul Verlaine, " Au lecteur " manuscrit autographe Cellulairement, [ 1873 ]

La chanson de Gaspard Hauser

Je suis venu, calme orphelin
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m'ont pas trouvé malin.

A vingt ans un souffle nouveau,
Sous le nom d'amoureuses flammes,
M'a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m'ont pas trouvé beau.

Bien que sans patrie et sans roi
Et très brave ne l'étant guère,
J'ai voulu mourir à la guerre :
La mort n'a pas voulu de moi.

Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
Ô vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard.

Paul Verlaine, Bruxelles Cellulairement Août 1873 / Sagesse, 1881.


Texte mis en musique par Georges Moustaki 
et chanté aussi par Serge Reggiani - document Ina -

et voici la version créée plus récemment par Chanson Plus Bifluorée



Brigitte Maillard

Verlaine emprisonné

mercredi 6 février 2013

Mokhtar El Amraoui, Arpèges sur les ailes de mes ans

 Retours


Sans verdict ni appel,
Perché au coin,
Le pigeon tremble.
Son duvet noyé de lumière
Reçoit le vent.
L’eau du mur suinte.
Il y a la mousse et ma barbe
Mais je n’ai pas entendu de roucoulement,
Comme si la lune s’effritait en grenade,
Sur la page refermée du ciel.

Des chameaux incendiés
Servaient de torches vives
Aux passeurs acérés.

Les volutes me prennent vers la nuance.
Tes cils supposent encore l’éclair.

A l’enfant qui agonise,
Dire l’étoile éclose
Où des sentes d’herbes fébriles
Tracent un itinéraire d’énigmes
Que les saxifrages gardent.

Les mouettes des désarrois,
Drossées par tant d’effluves,
Dessinent, lisses,
Comme des presqu’îles,
Les arabesques de l’absent.

Se grime alors, de feu,
Le phalène absorbé.

Qu’est-ce qu’aimer
Sinon naître à ceux qu’on aime ?

Les rues vacillent, du poids de leurs ombres.
Les larmes perlent, sur les réverbères
Ou n’est-ce que baves d’escargots ?

L’horizon, entre mes doigts, se faufile
Comme les exhalaisons d’une quenouille rebelle.







© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"



Mokhtar El Amraoui écrivain passionné de poésie est né en 1955 à Mateur dans le gouvernerat de Bizerte en Tunisie. Il y enseigne le français depuis 31ans et a publié son premier recueil de poésie en 2010  "Arpèges sur les ailes de mes ans". Recueil que l'auteur a choisi tout récemment de diffuser sur son blog Poèmes de Mokhtar El Amraoui et autres voyages. Un blog étonnant qui nous offre le meilleur de sa poésie, entre poèmes inédits et autres rencontres. Inspirée, traversée par de multiples échos, cette invitation ô combien musicale nous transporte sur un "vaisseau poétique" étrange et flamboyant.
 

 Brigitte Maillard



Mokhtar El Amraoui, Arpèges sur les ailes de mes ans