mardi 17 décembre 2013

Célébration des larmes, Gérard Le Gouic

Gérard Le Gouic




Les larmes de celui
qui naît,

de celui
qui meurt,

les larmes de celui
qui n’a qu’entrevu





Nous croyons libres les larmes

mais de l’indépendance
du ruisseau à la pente,

de la sève au printemps,
de l’oiseau au chant





Nos larmes, feuillage
de notre visage

nous ressemblerions sinon
à l’arbre en hiver






Dans les bras,
la voix, le silence,

dans les larmes
l’un de l’autre.




extraits de Célébration des larmes, Gérard Le Gouic
éditions Telen Arvor, 2010 - 9 euros -





 Célébration des larmes, Gérard Le Gouic

samedi 14 décembre 2013

Philippe K Smith III, Lucid Stead


Phillip K Smith III: Lucid Stead (Joshua Tree, California 2013)
from royale projects on Vimeo.

Site Philipp K Smith


Le nouveau projet de l'artiste Phillip K Smith III.
Lucid Stead  est située au milieu du High Desert.
« Durant la journée, l’oeuvre reflète son environnement à l’aide de
 miroirs placés dans les ouvertures et au coucher du soleil, la lumière 
commence progressivement à envahir la cabane où les ouvertures se
transforment en blocs colorés et l’éclairage blanc de l’intérieur se 
propage par les fissures et interstices du bois.... »

 Philippe K smith III, Lucid Stead

vendredi 6 décembre 2013

Nelson Mandela, Ingrid Jonker, Poésies




" Elle était à la fois poète et sud africaine, alors que le désespoir régnait elle a célébré l'espérance face à la mort, elle a clamé la beauté de la vie" Nelson Mandela 1994


Ingrid Jonker  1963 - 1965
Fait face à son destin tragiquement, elle se suicide à l'âge de 32 ans.
"She was both an african and een afrikaner" dit d'elle Nelson Mandela
qui le jour de son investiture en 1994, lut ce poème de la poétesse Ingrid Jonker.

Elle était à la fois poèt et sud-afriane
iscours de Nelson Mandel
au parleme sud-africain en 1994


Sa traduction est présentée par Les éditions le Thé des écrivains qui publie à l'occasion de la sortie du film" Ingrid Jonker"  de Paula van der Ost, le 22 février, un recueil de poèmes illustré par Frédéric Boulleaux.
L'enfant abattu par des soldats à Nyanga

Ce poème bouleversant est une saisie immédiate d'une réalité vécue par Ingrid Jonker. Une scène violente: Ingrid assiste impuissante à la mort d'un enfant tué par balle dans les bras de sa mère.
C'est à Nyanga, en Afrique du sud en plein Apartheid, nous sommes en 1960.
....................

L'enfant n'est pas mort
l'enfant lève les poings contre sa mère
qui crie Afrika ! crie l'odeur
de la liberté et du veld
dans les ghettos du coeur cerné


L'enfant lève les poings contre son père
dans la marche des générations
qui crie Afrika ! crie l'odeur
de la justice et du sang
dans les rues de sa fierté armée

L'enfant n'est pas mort ni à Langa ni à Nyanga
ni à Orlando ni à Shaperville
ni au commissariat de Philippi
où il gît une balle dans la tête


L'enfant est l'ombre noire des soldats
en faction avec des fusils blindés et des matraques
l'enfant est de toutes les assemblées de toutes les lois
l'enfant regarde par les fenêtres des maisons et dans le coeur des mères
l'enfant qui voulait simplement jouer au soleil à Nyanga est partout
l'enfant devenu homme arpente toute l'Afrique
l'enfant devenu géant voyage dans le monde entier

Sans laissez-passer


.............
Quelle ardeur dans ce poème! C'est toute la vie passionnée d'Ingrid Jonker
qui s'y retrouve.Elle nous entraîne avec lui jusqu'au "laissez-passer",
point d'orgue de la liberté. Profonde célébration de la vie.
bm

" Elle était à la fois poète et sud africaine, alors que le désespoir régnait elle a célébré l'espérance face à la mort, elle a clamé la beauté de la vie" Nelson Mandela 1994

message paru en février 2012 et réactualisé ce jour

Brigitte Maillard

Nelson Mandela, Ingrid Jonker, Poésies

mercredi 4 décembre 2013

A quoi sert la poésie? A quoi sert la littérature?



Une vidéo de Marc-Alexandre Oho Bambe et Anglade Amédée
Source Africultures


Poètes, écrivains ou éditeurs répondent à cette question
avec Dany Laferrière,Yanick Lahens, Paul Wamo, James Noël, Henri Lopès
Saul Williams,Bruno Doucey, Denis Pouwara, Sylvie Darreau, Hemley Boum, 
Laure Leroy, Atiq Rahimi.


Dany Laferrière, Yanick Lahens, Paul Wamo, James Noël, Henri Lopès et aussi Saul Williams, Bruno Doucey, Denis Pouwara, Sylvie Darreau, Hemley Boum, Laure Leroy, Atiq Rahimi. - See more at: http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=11916#sthash.EAzo4Yjr.RM0FA3dl.dpuf

Dany Laferrière, Yanick Lahens, Paul Wamo, James Noël, Henri Lopès et aussi Saul Williams, Bruno Doucey, Denis Pouwara, Sylvie Darreau, Hemley Boum, Laure Leroy, Atiq Rahimi. - See more at: http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=11916#sthash.EAzo4Yjr.RM0FA3dl.dpuf

Poésie, poèmes, littérature, à quoi ça sert

mardi 3 décembre 2013

Fabienne Courtade, Dehors

L'herbe pousse par une fente


toutes mêlées d'air

je souffle

entre les doigts

visage de la blancheur
voix muettes
chuchotent

j'aperçois de légers mouvements
au même moment




aujourd'hui
je reviens sur mes pas

la lumière de le fenêtre est maintenant
à la verticale


gris noir
avec des variations

Cette fois une porte a claqué
Je suis devant cette porte et je ne sais où aller


(Extrait de Dehors)

Fabienne Courtade, 2011
source Le Printemps des Poètes, Thème Infinis paysages

bio/ Printemps des poètes



"(...) Ecrivant, je me sépare, je m'éloigne. Il y a toujours, pour moi, ce mouvement : une sortie hors de soi et hors du monde, une séparation. Je m'éloigne du monde mais aussi du corps, je me découpe comme je découpe mes phrases.
Dans ce mouvement de séparation et de rupture, il reste pourtant la présence de l'autre (...). Une rencontre à venir, quelqu'un à retrouver... C'est sûrement vital. Il me semble qu'il y a toujours la tentative de s'adresser  à l'autre (...) et de le faire ressurgir. Mais cela reste une tentative.
Le manque - de l'écriture et de la rencontre - est toujours là: " Il faut donc continuer ".
Comme l'écrivait Paul Celan : "Le poème devient un dialogue. Souvent c'est un dialogue désespéré."

Vous laissez place à la respiration et au silence, et vous utilisez souvent des parenthèses non refermées...

L'ouvert... je me donne une chance de sortir - je laisse le lecteur (et moi-même) lire la suite en silence- dans les blancs, et dans ce qui n'est pas écrit, puisque le texte est toujours à écrire, à continuer. On n'en finit jamais. Les mots prennent en charge la mémoire, celle des disparus, celle des morts comme celle des vivants, redonnant parfois une voix, un corps et une forme aux morts et aux choses tombés dans l'absence."
Fabienne Courtade lors d'une interview en 2002 au sujet de Ciel Inversé 2, Ed Cadex
source, Le Matricule des anges


Ecouter Fabienne Courtade sur France Culture émission de Sophie Nauleau
le 20 janvier 2013 -
Rencontre autour de son dernier livre Le même geste, éditions Flammarion, 2012

Message paru en juin 2012 réactualisé ce jour

 

Fabienne Courtade, Dehors