vendredi 7 février 2014

Zéno Bianu, Credo, Tcheky Karyo





Credo ( extrait)


je crois à l’opacité solitaire
au pur instant de la nuit noire
pour rencontrer sa vraie blessure
pour écouter sa vraie morsure


je crois à ces chemins
où le corps avance dans l’esprit
où l’on surprend
le bruit de fond des univers
par ces yeux
que la nuit
a pleurés en nous
par ces yeux que la vie
a lavés en nous

je crois comme Trakl
qu’on peut boire le silence de Dieu

je crois
qu’il faut habiter la lumière
par un long questionnement
sans réponse

je crois à Zoran Music
dessinant ses fagots de cadavres
sur de mauvais papiers
trouvant encore la vie
au fond du désarticulé
au fond de l’incarné
au fond de l’éprouvé
exorciste
vertical

je crois aux cassures
de fièvre
aux sursauts de nuit
aux césures de nerf

je crois
qu’il faut prendre appui
sur le vent
s’agenouiller en mer
et se vouer
à l’infini

je crois qu’il faut penser
comme chute une météorite
comme pleure une étoile-mère

qu’il faut saisir
l’intime conscience de son désastre
pour commencer
à vraiment sourire
pour s’aventurer
au plus bleu du bleu




Zéno Bianu L'Infiniment Proche, Gallimard, 2000


Ecouter Tcheky Karyo dire ce poème Credo de Zéno Bianu dans son dernier disque

Credo, à découvrir ici dans son intégralité 




Emission de Sophie Nauleau sur France Culture, rencontre entre Zeno Bianu, 
Tcheky Karyo en mars 2012
 
Nouveau spectacle présenté le 19 janvier 2014 à La maison de la Poésie à Paris

Tchéky Karyo – Jimi Hendrix (monologue électrique) de Zéno Bianu


Zéno Bianu sur Monde en poésie

Zéno Bianu, Credo, Tcheky Karyo


 

3 commentaires:

  1. quel texte il me transcende et arrive au point nommé d'un voyage
    d'une grande opacité de solitaire
    la lumière est là et je traverse ce poéme comme une abréaction conter l'épopée de ma trajectoire vers le nouf sourire la grace d'un voyage finalement bien accompli et salutaire
    merci de cette grande nouriture
    que ferions nous sans le poéte.
    comme il sont utile à l'essentiel dans la vie .
    que ta vie soit belle malgré la douleur de la Bretagne qui crie les pied dans l'eau et le cris des arbres qui n'en peuvent plus d'être secoués sans arrêt , mon palmier du Morbillan est à l'agonie et pourtant bien protégé alors ...
    tous mon soutien du couer pour toi tes amis de Bretagnes et ta terre.

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  2. et voilà que le poète ici, Zéno Bianu, vient vous secourir après un tel voyage...
    Trop fort la Vie ( sourires) ! vos mots résonnent après votre lecture, très juste!

    Merci de vos pensées vers la Bretagne chère Frankie. Cela me touche bien sûr.
    A très bientôt Frankie

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  3. merci de vos mots . j'ai fait partagé ce poete à des amies qui traversait des grands coreux pour trouver une grand vigueur et de la dignité , elles m'ont demandé de vous remercier.

    par ailleurs faite un tour sur mon blog j'ai découvert hier un auteur j'ai fait une petit condensé
    la marche ttue et le feu nomade de Gérard Chalïand
    avec les lien des interview et article ...
    j'espére que c'est la dernière des zone en rouge pour la Bretagne cette semaine.

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