vendredi 5 septembre 2014

Mátyás Varga, Gravure rupestre, Barlangrajz

article paru en avril 2013 réactualisé ce jour
gravure rupestre Matyas Varga




La peur qui n'a jamais
vu le soleil cache une forme
vêtue de pénombre.

Mais sur la margelle
des ténèbres
tout corps
est nu.

Sur la roche humide
on entend les bisons
immobiles respirer
dans le noir midi qui perdure.

 


Etouffement. L'éclair de
l'égarement fait craquer
l'étreinte vespérale
des clairières, quand vient
te chercher la confiance,
pour te détourner du mot.

Te taire est ton silence,
l'ombre ultime de ta solitude,
qui déjà est blanche comme neige
- ou incolore, telle
la lumière




D'abord regarde seulement la place. La ville
Tout ce qui est visible d'ici. Regarde
sans bouger telle une fenêtre
de peur qu'elle ne s'effraie.

Cherche la lumière. Regarde dans le soleil.
Puis dans la pierre. Sur le sol dans ta chambre vide
arde et rayonne le tranchant des tessons
éparpillés
..................................................................................
A présent va, libère la statue,
qu'elle rie! Le mort. Bouge
l'air, le miroir de l'eau, la feuille
paralysée des plantes.


Gravure rupestre,  Mátyás Varga, Ed. Le Passeur 



Gravure rupestre est un recueil paru en 1998, traduit du hongrois par Lorand Gaspar et Sarah Clair préfacé par Jean-Pierre Lemaire. Il réunit en édition bilingue les poèmes
de l'auteur hongrois Mátyás Varga, poèmes parus pour la première fois en Hongrie sous le titre Barlangrajz en 1995.MátyásVarga né en 1963, est poète et moine bénédictin à l'abbaye de Pannonhalma. Il est aussi directeur du Festival d'arts contemporains en Hongrie, Festival ArcusTemporum.Ce recueil premier est unique à ma connaissance.
La préface de Jean-Pierre Lemaire ouvre cette lecture et nous guide à la lumière de son auteur. Celle de l'enfance, de "la solitude primitive et apeurée", celle de "notre préhistoire intime"" (...) L'enfance, recouverte en nous par la fausse assurance de l'adulte (...) reprend ici son monologue face aux morceaux du réel (...) Ces vers apprivoisent quelqu'un en nous, un enfant qui n'avait pas grandi, peut-être, et se reconnait lentement le droit de parler sans trahir ce qu'il voit" 
Brigitte Maillard
Ce livre m'a été donné par un ami que je remercie chaleureusement tant il est vrai que souvent la transmission de la poésie se fait ainsi.


Mátyás Varga, Gravure rupestre, Barlangrajz

4 commentaires:

  1. Quel vibrant témoignage d' un enfant de la terre qui a choisi le recueillement, c' est très émouvant.

    RépondreSupprimer
  2. et la traduction de Lorand Gaspar et Sarah Clair, accompagnent pleinement cette émotion. Il y a sur internet cet article http://www.larevuedesressources.org/lorand-gaspar-faire-la-lumiere-sur-l-origine-du-secret,1336.html
    qui relie bien la rencontre de ces deux auteurs que sont Lorand Gaspar et Mátyás Varga; j'ai, en français, trouvé peu d'informations
    sur la poésie de Mátyás Varga; merci Orfeenix.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Toujours un immense plaisir de se promener chez vous
      Belle Rentrée en Poésie et Talent
      Amicalement Arlette

      Supprimer
    2. Chère Arlette je nous souhaite de continuer à voyager ensemble ainsi en terre de poésie!
      belle rentrée à vous souriante et amicale

      Supprimer