mercredi 1 octobre 2014

Michel Cazenave, Laisser venir les mots






Ma parole de Toi,
c’est d’abord
ton regard –


le miel de
tes cheveux
l’ouverture
de ton sein –

c’est l’abîme de ton ventre
d’où surgissent
les fleurs
à
la clarté de la lune –

Ma parole
de toi,
c’est ma bouche
qui la forme,

mais emplie de toi seul,
et       de ton vide
si plein



page 41 extrait de Direlle




     N’être plus que la flèche qui s’envole de mes mains, qui
s’évanouit de mes doigts, qui transperce l’air à tout-va vers
sa cible là-bas.
Car - c’est mon cœur que je vise : je n’ai pas tiré devant
moi, j’ai tiré dedans moi en tirant au-dehors



page 61 extrait de La vie comme elle est



   Je ne reviens pas à la source : elle se trouve devant moi.
Elle jaillit dans les herbes.
  J’entends déjà sa chanson
  Là-bas au loin tout là-bas tout au loin
  C’est-à-dire sous mes yeux

Je dois ouvrir les yeux

  Je dois joindre mes mains dans un geste d’orant pour
accueillir son breuvage – ce breuvage qui m’explique en
m’attirant sans cesse à lui :

Retrouver l’origine en marchant devant soi




page 70 extrait de La vie comme elle est


Laissez venir les mots, Michel Cazenave

Laisser venir les mots  Michel Cazenave Editions Le nouvel Athanor, 
mai 2014, 15 euros.




En ligne Article Paul Vermeulen Revue Recours au poème



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