dimanche 15 janvier 2017

KO UN, Poèmes Zen, Sous un poirier sauvage




Dans votre cœur
on entend le chant des oiseaux ?

je pose l’oreille sur votre cœur










Au cœur des ténèbres plus qu’obscures
une fleur s’épanouit
dans son cri solitaire

et là, tout près
et rouge, une fleur s’épanouit
sans rien dire












Les feuilles qui tombent
dansent en tombant

je quitterai ce monde moi aussi
en dansant








Sous un poirier sauvage, KO UN  Ed Circé
traduit du coréen par Han Daekyun et Gilles Cyr
extraits Au village de Mooni   page 70,  
Des poèmes des regrets 2002 pages 90, 91



« Ko Un est un poète grandiose, un mélange de connaisseur bouddhiste, de libertaire politique passionné et d’historien naturaliste »  Allen Ginsberg







le vent



Le vent se lève 
Ah ce monde. Ah l’autre monde.










Une parole



Trop tard 
Avant que je ne dise 
Ma parole 
Déjà le monde l’a entendue 
Le ver de terre l’a entendue 
Le cri du ver de terre --- Sss









Un nouveau chemin



A présent entre dans la mer 
Depuis les baleines et les requins jusqu’aux crevettes 
Jusqu’aux lieux sombres du fond des mers 
Que tu as beaucoup d’amis 
Au lieu de suivre les pas du Bouddha entre dans la mer.






Qu'est-ce? Poèmes Zen  KO UN





« En 84 courts poèmes, à l'image des 84 000 enseignements du Bouddha, des notations inspirées par la vie quotidienne viennent tenir en échec l'entendement rationnel et ouvrir la conscience à un autre ordre de réalité au-delà des habitudes. Dans des images venues de la poésie classique et de la tradition bouddhiste zen, le poète fait ici dialoguer la Chine ancienne et la Corée contemporaine en proposant de petits paradoxes énigmatiques pour dévoiler la vraie réalité en questionnant les apparences qui nous environnent. Ainsi le détail insignifiant renvoie à un ordre cosmique et permet de découvrir le sens profond de l'expérience futile. A la manière du koan à la formulation dense et rude, ces petits poèmes fulgurants cherchent à atteindre soudainement l'Illumination et guider le lecteur vers son propre Eveil. » extrait postface












« Auteur de plus de 130 livres, Ko Un (1933), a été fortement marqué par les massacres de la guerre de Corée (1950-1953) et il est entré dans les ordres bouddhistes en 1952. Il en est sorti une dizaine d'années plus tard pour se consacrer pleinement à sa carrière de poète. « Je voulais devenir un poète. Je suis devenu un poète », a-t-il l’habitude de dire. Nous lui devons aussi cette autre pensée célèbre : « Le poète devrait être lui-même un poème ». De son propre aveu, ses poèmes « ressemblent à des chuchotements plutôt qu’à des cris ».

Le poète sud-coréen Ko Un a remporté le Prix international Nord-Sud de la Fondation italienne Pescarabruzzo dans la catégorie poésie
Le prix international Nord-Sud a été établi en 2009 pour encourager le dialogue entre les hémisphères Sud et Nord du globe.


 KO UN, Poèmes Zen, Sous un poirier sauvage 

 KO UN, Poèmes Zen, Sous un poirier sauvage, poésie

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire