jeudi 12 mars 2015

Poésie, Sylvie Méheut









Qu'importe l'immanente lumière
Qui frappe la lucarne
Et ce goût de fougère 
Qui roule sur les doigts
 
Qu'importe le matin clos
Et le soir qui s'abat
Sur tes paupières écloses
 
Si l'absence dépose
L'idée de ton regard








L’amour est insensé
 
 
O
Ne pas te nommer
Toi qui es
De toute certitude
L’unique arborescence
L’infini retrouvé
Le verbe
La fragrance
  L’embrasement secret
Des lignes méridiennes
 
O
Ne pas te nommer
Il suffit que tu viennes
 
Par-delà la métrique
Par-delà le silence
Quand le brûlot du soir
Attise le désir
 
Et que la mer au loin
Septentrionne lente
Les îles à venir


Je croyais tout savoir du vent et des nuages

Par-delà les mirages où mon cœur s’était mû

Je croyais tout savoir de l’éternel adage
Que se disputent au loin les voiliers inconnus

Je croyais tout savoir de l’aurore sauvage
Au crépuscule ardent assoiffé d'irréel
Quand l’océan siphonne au bras du bastingage
Ce qui nous reste d’or pour inventer le ciel

Je croyais tout savoir de l’amble de la vie
J’édifiais sans ambages le chant bleu des saisons
Le printemps pour éclore L’hiver pour l’embellie
Et de l’été toujours l’intrépide moisson

L’automne mena l'amour au seuil de ma maison

Il t’a fallu venir rompre la litanie
Comme on vient du silence apporter la chanson
Il t’a fallu venir du versant de l'oubli
Remettre entre mes doigts la clé de l’horizon

L’automne mena l'amour au seuil de ma maison





En ces temps d'insurrection poétique que nous traversons ( Thème 2015 du Printemps des poètes) j'aime l’insurrection de l'Amour  et celle de la douceur infinie qui déplace le temps et l’espace.
Le chant d’amour n’est pas une rêverie. C’est un chant de l’intime, unique et précieux. Il parle d’éveil plus que d’évasion et cherche à penser l’ampleur de "la réalité"amour et mystère.  Sylvie Méheut  vit ce voyage intérieur avec une grâce toute musicale. La voix de poésie est douce et profonde. J’ai eu la joie en 2010 de présenter sur les ondes d’Aligre FM
le second recueil de l’auteur  Immanences  Prix Heredia de l’Académie Française 2010 et paru en janvier 2010 aux éditions Atlantica.




Immanences...
Sur les côtes de Bretagne, le vent de mer souffle " un amour d'enfance lissé par les embruns" Un amour absolu qui se vit dans la pierre, sur le bord des cils et qui parfois
" perd pied /aux quatre croix de l'aube" là où " Et tu m'enlaces à mort / Et je t'embrasse au vent"  Il danse cet amour l'invraisemblable tango et dit " si tu m'aimes il faut que tu chantes "et "le coeur envahi d'une étrange musique" il murmure l'intemporel et crie son aimance

Découvrir la poésie de Sylvie Méheut c'est se laisser prendre par ce chant d'amour
de toute beauté.Ce chant de lui même ouvre l'espace. Il est sa trajectoire. Délivré par l'absence il éclate au grand jour.


Brigitte Maillard

 

Poésie, Sylvie Méheut

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