dimanche 19 avril 2015

André Velter, Jusqu'au bout de la route


"De Séville aux montagnes et déserts de la Haute-Asie, ce livre-récital est une migration qui va à l’aventure, même en pays connu, avec pour écho et escorte les improvisations du violoncelle de Gaspar Claus. Parcours de mémoire vive, Jusqu’au bout de la route restitue les villes, les bivouacs, les ermitages et les êtres aimés, dans une irréductible lumière de soleil levant." extrait quatrième de couverture




Flamboyant et si profond ce chant d’André Velter, Jusqu’au bout de la route.
Entre braises et feu, au lieu des départs extrêmes, s’ouvrent  les portes d’un royaume
en état d’évasion permanente. Un monde en désir et en métamorphose.


Ecrit à Voix Haute ce récit musical - ce Livre –Récital - conte l’aventure du chevalier errant attiré par l’odeur du feu. C’est le grand voyage. Celui du poète si présent qui traverse les mots et les lettres des sierras andalouses aux ermitages du Tibet. Au nom de quoi ? D’un hymne à la joie. Pour aller Jusqu'au bout de la route et même nettement au-delà.

C’est que je viens d’une autre vie, lui murmure le corps tout entier:
 


(...) 
 

Mais c’est quoi cette part divine
Qui rôde ici après vous sans être vous
Comme l’aile arrachée que Dürer a dessinée
Et qui n’a jamais cessé de voler


L'Oracle page 131
 



(…)
le souffle est là
dont on ignore presque tout
sauf qu’il est là

on dirait un rodeur
un chaman
un reître en rupture de ruines,

l’amant des solitudes
et du vent,

quelqu’un,
peut-être personne
mais si présent

à force d’être
un voeu de silence
un envoûtement,

une blessure de sable

la route que je suis
dévoile très peu de la route,

elle va de carrefour
en carrefour,

sans dévier cependant
de la trajectoire qui déclare

entre douceur et douleur,

son identité ses entêtements
à une lettre près

errance est un mot si étrange…

avec sa part d’exil volontaire
de mise à l’écart de soi

et ce murmure sans foi ni loi
qui retourne au mystère



D’un rien on avance encore
vers la nuit où se lèvent
des étoiles trop grandes




Même s’il m’est arrivé
de perdre mes caravanes




A TOUJOURS C’EST PARTIR
MESURER L’IMPOSSIBLE
PAR UN ECLAIR FRAGILE
QUI LARGUE S’IL LE FAUT
L’AUBE DU DERNIER JOUR
AUX PORTES DE LAHORE
OU PLUS HAUT QUE LE GANGE



 
CARAVANES  pages 63 à 69  


Jusqu'au bout de la route,  un livre récital avec Gaspar Claus, 
ANDRE VELTER GALLIMARD 2014, 15,50 €




(message paru en mai 2014 réactualisé ce jour)

Brigitte Maillard

André Velter, Jusqu'au bout de la route

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