vendredi 11 mars 2016

L'arbre et son rêveur




"Les poètes nous aideront à découvrir en nous une joie si expansive de contempler que nous vivrons parfois, devant un objet proche, l’agrandissement de notre espace intime. Écoutons, par exemple, Rilke, quand il donne son existence d’immensité à l’arbre contemplé. L’espace, hors de nous, gagne et traduit les choses : / Si tu veux réussir l’existence d’un arbre, / Investis-le d’espace interne, cet espace / Qui a son être en toi. Cerne-le de contraintes. / Il est sans borne, et ne devient vraiment un arbre que s’il s’ordonne au sein de ton renoncement(...)


L'arbre et son rêveur Brigitte Maillard
© Brigitte Maillard clic pour agrandir
 

Dans les deux derniers vers, une obscurité mallarméenne oblige le lecteur à méditer. Il reçoit du poète un beau problème d’imagination. Le conseil : « cerne l’arbre de contraintes » serait d’abord une obligation à le dessiner, à l’investir de limites dans l’espace extérieur. On obéirait alors aux règles simples de la perception, on serait « objectif », on n’imaginerait plus. Mais l’arbre est, comme tout être vrai, saisi dans son être « sans borne ». Ses limites ne sont que des accidents. Contre l’accident des limites, l’arbre a besoin que tu lui donnes tes images surabondantes, nourries de ton espace intime, de « cet espace qui a son être en toi ». Alors, l’arbre et son rêveur, ensemble, s’ordonnent, grandissent. Jamais l’arbre dans le monde du songe, ne s’établit comme un être achevé."  Gaston BACHELARD, La Poétique de l’espace


L'arbre et son rêveur, Gaston Bachelard

2 commentaires:

  1. L'arbre rêveur

    Sous les cieux bleu-clair, j'imagine,
    Yeux clos, mes journées passées,
    En parcourant les allées
    De cette île où le vent dessine

    L'arbre rêveur: des coups de cœur
    Intemporels sur la plage
    Où chaque vague s'engage
    À rattraper le bonheur.

    Des dunes au soleil levant
    Caressées par la lumière
    Au parfum de la première
    Douceur de l'aube murmurant

    Son attrait au charmant palmier
    Pour sa verdoyante palme.
    J'ai bien saisi tout ce calme
    Serein: le rêve est tout entier.

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