jeudi 8 septembre 2016

TU FU dieux et diables pleurent



Poète des Tang





Passant devant l’embarcadère

de la montagne sacrée du sud maintenant
      on approche
la Hsiang coule vers l’est et disparait
       dans le lointain
le vent est faible, on tire sur le rames
       en cannelier
journée de printemps, les nuages s’amoncellent
je tourne la tête, on passe devant l’embarcadère
au-delà il y a une forêt d’érables denses
des poissons blancs, piégés, sont prisonniers
       dans les filets
les loriots chantent de belles mélodies
parmi les être humbles, les uns sont libres
        les autres captifs
l’homme de vertu en éprouve de la compassion
la jarre n’est pas terminée, il y reste un peu de vin
sur mes genoux, mon ch’in est silencieux
le saint et le sage vivent tous deux
       dans la solitude
regarder au loin suffit à m’ouvrir le cœur


Dans la jonque

en plein courant d’air nous prenons notre repas
        sous les saules du fleuve
sous la pluie nous passons la nuit à côté d’un relais,
amarrés en compagnie des pêcheurs qui réparent
        leurs filets
la mât de la jonque s’éloigne sur ceux des bacs
        de riz
ce matin, les nuages sont petits et minces
hier soir la lune était claire et ronde
à errer ainsi sur le lac du sud, je me sens vieillir
peut-être devrais-je apprendre à devenir
        un immortel des flots



Tu Fu dieux et diables pleurent Moundarren 2014
poèmes traduits et présentés par CHENG wing fun & Hervé COLLET
extraits pages 210, 211

Editions Moudarren  Maison spécialisée dans la sagesse poétique Zen et Tao

TU FU  712 -770 est avec Li Bai le plus célèbre poète des Tang


     TU FU dieux et diables pleurent poète Tang   

3 commentaires:

  1. Nous avons donc en commun cet amour pour la poésie chinoise. J'ai plein de livres de moundarren. Un très beau partage.

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  2. Dense et belle poésie. Merci, chère Brigitte, du partage.

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