mercredi 19 octobre 2016

Quatre saisons plus une, Alain Hoareau, Poésie



Quatre saisons plus une Alain Horeau





Mais toi de quelle saison es-tu ?


Ce voyage impressionniste est une fugue. Tout s’échappe et me retrouve, d’un doigt de rose. Chaque saison fuit ou en poursuit une autre. Musicale poésie. Celle de l’enfant poète qui se souvient de la lumière de l’étoile. Celle qui nous souffle en quatre saisons, le désir de la cinquième. Comme échappé d’une douce musicalité, un aperçu de l’absence. Subtile poésie. Plus une avance, originelle.

L’été a la voilure de l’hiver, le printemps danse académique, et c’est l’automne qui se lance pour que l’été soit notre dernier tour avant la grande saison : l’autre, invisible, éternel. La cinquième.

Dans le coin des yeux un regard solitaire, dans le coin des yeux une poussière. La vérité de ce recueil effleure notre présence, et la plume va, aux heures intimes.

Si le poète dans sa fugue quitte, pour un temps plus ou moins long, l’endroit qu’il occupe habituellement, nous sommes secourus. Voilà ce que nous offre la poésie d’Alain Hoareau.
Elle nous plonge ailleurs. Dévoile les images avec une profonde délicatesse. Où veut-il que nous allions ? Il laisse tant d’espace entre les mots et les choses que les notes se colorent de silence.

Lecteur, je me relie à cette écriture. Se laisser découvrir et aimer par ce recueil.




CONTREPOINT



Respire la chevelure

tes fleurs emmêlées

le soleil qui se couche

le corps qui s’incline

tu caresses celle

qui du front capte la lumière

et dans l’ombre repose celle

qui des mains offre l’éclair




LE FAUX MYSTERE



Le chant rapporte le chant

la voix rapporte la voix

que disons-nous de plus ?

la blessure est une blessure

l’errance est une errance

sous l’arbre je secoue une chevelure de feuillage

il en tombe des étoiles

ce sont les étoiles du regard

la lune est mouvante et les nuages l’accablent

j’ai mis un miroir de fumée à ces lames coupantes

ce sont les lames du regard et la nuit vers le sang des lunes

exsangues.





ici je passe comme est le vent sur ton visage

il sait l’empreinte et devient chant

l’odeur et puis la grâce

des bras tenant les jours vivants

                                                           



Alain Hoareau Quatre saisons plus une
Pages 10, 52,  91, 99


Alain Hoareau est né en 1961. Musicien de formation, il enseigne la guitare classique au Conservatoire des Landes. S’il écrit depuis longtemps, Quatre saisons plus une est son premier recueil.


Merci à Jeanne Orient qui m’a fait découvrir avec clarté, ce juste retour des choses…


Quatre saisons plus une, Alain Horeau, Poésie


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