dimanche 25 décembre 2016

De l'âme, François Cheng



De l'âme François Cheng


« Elle a une âme. Etrange présence cachée, ombre mystérieuse qui est coulée dans le corps, qui vit derrière le visage et les yeux, et qu’on ne voit pas. Ombre de respect, signe de reconnaissance de l’espèce humaine, signe de Dieu dans chaque corps »

Le Clézio, L’Extase matérielle -cité page 45-


Rimbaud rêvait d’une « langue de l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs », François Cheng nous parle « De l’âme », celle que l’on nomme à peine aujourd’hui,  celle qui dit pourtant simplement le secret qui nous unit. Savoir que l’on a une âme ou l’ignorer ne revient pas au même.

En ce jour de Noël parler avec vous « De l’âme », aube souveraine. Elle  nous appelle en secret de son regard d’enfance.

« De l’âme », ce sont sept lettres écrites par François Cheng à une jeune femme rencontrée, il y a bien longtemps, par hasard. Une jeune femme qui revient vers lui, des années après. Parlez-moi de l’âme, lui demande-t-elle. Ainsi démarre cette intense pensée de l’auteur qui relève, après une longue réflexion, le défi… Retrouver et repenser l’âme s’avère une tâche nécessaire et urgente.

François Cheng cherche à comprendre le rôle que joue l’âme dans la constitution de notre être. Ses expériences, ressentis,  lectures et résonances nous accompagnent sur cette voie.  Un tour d’horizon dans les grandes traditions spirituelles, une lettre dédiée à Simone Weill, figure d’absolu, ces mots retrouvés de Pierre Jean Jouve : «  la poésie supérieure est une fonction de l’âme, et non pas de l’esprit ; c’est l’âme qui fournit l énergie capable de faire, de la masse agglutinée une « chose de beauté ». Je hasarde une explication que l’âme est en nous le seul pouvoir d’éternel ». Tant de visages à re-découvrir ici.

« En dépit des malheurs causés par l’existence du mal sous tous ses aspects, une immense donation a lieu. Tout le ciel étoilé, toute la terre nourricière, toute la splendeur de l’aube et du soir, toute la gloire du printemps et de l’automne, tout le Souffle animant l’univers porté par le vol d’oiseaux migrateurs, tous les chants humains montés de la vallée des larmes, tout cela constitue un ici et maintenant où l’éternité se ramasse. Cet ici et maintenant ne peut rayonner, irradier, faire fleurir et porter fruit, susciter écho et résonance, et par là, prendre tout son sens que s’ils est vécu par une âme. Ainsi, une immense expérience de vie est déposée là, dans l’ensemble de ces âmes qui ne sont nullement des entités vagues ou neutres, vides de contenu. Au contraire, ayant absorbé en elles le génie du corps et de l’esprit, ayant assumé les conditions tragiques de l’existence terrestre, elles sont devenus des entités éminemment incarnées et désirantes- et, partant, des candidates à un autre ordre de vie. »

extrait page 152 Septième lettre


 De l'âme, François Cheng


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