lundi 22 février 2016

Gilles Baudry Poète des profondeurs, moine

Gilles Baudry poète de Landevennec
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Ce sera un moment formidable, un moment « rêvé depuis des mois »  par Chantal et Philippe, Libraires à Lorient, amoureux de la Vie, des livres et de la poésie  Quand les livres s’ouvrent. Une rencontre avec Gilles Baudry, poète moine de l’abbaye de Landévennec. Une poésie des profondeurs, à la lumière de Dieu.

Ce Dialogue à l'ombre du mystère, éclairé de ce silence... et de la présence de chacun aura lieu le vendredi 11 mars 2016, de 18h à 19h30 Cité Allendé à Lorient, 56.







Il a neigé tant de silence

sur la page

Est-il plus pur prologue
pour nos pas ?

Porter le paysage dans les yeux
en pèlerin.

Sur le chemin passer
comme passe le vent

Puiser la sève à la lueur
des larmes
clandestines
et se régénérer
dans les couleurs où tout repose ?

N’est ce pas là la souveraine humilité
qui rend les ombres plus légères ?





Poème extrait du recueil Gilles Baudry, Pierre Tanguy, illustrations Jacques Dary Abbaye de Landévennec l’âme d’un lieu, Salvator, 2015. Un livre [que je vous présenterai prochainement] fruit du regard croisé d'un écrivain et journaliste, Pierre Tanguy, d'un poète Gilles Baudry et d'un peintre aquarelliste et pèlerin Jacques Dary




Emission du 26 avril 2013 de Marie Richeux Dans le silence du monastère sur France Culture  





Sur Monde en poésie retrouvez certains poèmes et recueils de Gilles Baudry


 
Brigitte Maillard

Gilles Baudry Poète des profondeurs, moine, Landévennec

vendredi 19 février 2016

Ryôichi WAGÔ, jets de poèmes dans le vif de Fukushima


Ryôichi WAGÔ jets de poèmes

Ryôichi WAGÔ
Présentation par Corinne Atlan


Né en 1968 à Fukushima, Ryoichi WAGO vit toujours dans cette ville, où il a choisi de rester après la catastrophe du 11 mars 2011. Parallèlement à ses activités de poète, il enseigne la langue japonaise dans un lycée. Son premier recueil  de poésie, After (1999), lui vaut une reconnaissance immédiate, avec l'obtention du prestigieux prix Nakahara Chuya. Il publiera de nombreux autres recueils, qui lui vaudront plusieurs prix littéraires.
Ses lectures publiques, performances, émissions de radio, etc., font  par ailleurs de lui un des représentants les plus actifs de la poésie japonaise contemporaine. Il est également l'auteur d'entretiens sur la langue japonaise avec Tanikawa Shuntarô (le plus célèbre poète contemporain japonais), de plusieurs essais et livres pour enfants.
Après le 11 mars, il est l'un des premiers écrivains à transmettre l'ampleur de la catastrophe de manière palpable et concrète, dans des poèmes hantés par une tragédie vécue au quotidien,  dont il décide de rendre compte sous forme de Tweets réguliers. Ces poèmes, à la fois très simples et très inventifs, par leur moyen de transmission mais aussi par leur style elliptique et incantatoire, d'une grande force, auront un retentissement important à travers le Japon, et même au-delà des frontières du pays. Ses poèmes-tweets du 11 mars à aujourd'hui ont fait l'objet d'une publication en 3 recueils au Japon : "Jets de poèmes" (shi no tsubute) - écrit "sur le vif" de la catastrophe ; "Hommage silencieux" (shi no mokurei) - à la mémoire des disparus ;  et  "Retrouvailles" (shi no kaikô) - adressé aux survivants.




dans Fukushima       déserte      une nuit de pluie silencieuse      un silence en dessous de zéro       sur la feuille blanche du poète        où aucun mot n’est inscrit       diverses promesses se bousculent        dans les distributeurs automatiques de la ville lointaine       il n’y a plus d'argent



21 mars 2011 – 20:46

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dans Fukushima       déserte       une nuit de pluie silencieuse       des larmes silencieuses        versées par qui ?      songeant à quelqu’un qui n’est plus de ce monde       et dont il ne reste que le souvenir        sous les paupières       un océan se réveille    



21 mars 2011 – 20:49

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dans Fukushima       déserte       une pluie silencieuse      une petite gare      déserte      j’attends l’ouverture des guichets      le train bleuâtre      le quai dans la nuit      j’ai cru entendre des pas       me dépasser

21 mars 2011 – 20:51
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sur Fukushima       déserte       une pluie silencieuse       un fleuve      des oiseaux pépient       ils se racontent       leurs souvenirs du ciel      il suffit d’ouvrir grand les ailes       pour faire le tour du monde      là-bas au loin de l’autre côté des nuages          commencent nos rêves

21 mars 2011 – 20:54
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dans Fukushima       déserte       une nuit de pluie       silencieuse        nos âmes        dorment dans l’humidité des ténèbres

21 mars 2011 – 20:55
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dans Fukushima        déserte        une pluie silencieuse       et l’aube venue        la pluie s’arrête

21 mars 2011 – 20:55
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"silence" silencieux       enveloppé de lumière       le cri d’un nouveau-né      retentit        fort        c’est un matin plein de vigueur

21 mars 2011 – 20:56
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celui qui vient de devenir père       a pris dans ses bras        son fils qui vient de naître        à l’instant

21 mars 2011 – 20:57
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il a ouvert les yeux       l’enfant de Fukushima !

21 mars 2011 – 20:58
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il a traversé cette nuit de pluie       l’enfant de Fukushima !

21 mars 2011 – 20:58
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pour toi        cette aube        est la toute première

21 mars 2011 – 20:59
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merci         à toi        d’être né       
 



21 mars 2011 – 20:59

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extraits Ryöchi WAGÔ, jets de poèmes Dans le vif de Fukushima, Traduit par Corinne Atlan illustré par Elizabeth Gerony, érès éditions, collection Po&psy a parte, 300 pages, 25 euros

à paraitre mars 2016

Site des éditions Po&Psy 


Tous mes remerciements aux éditions Po&Psy
 pour la transmission de ces premiers extraits
 aux lecteurs de Monde en poésie

Lire aussi l'article "Il n'y a plus rien sinon des larmes" de Claude Vercey paru dans la revue Décharge ce 5 avril 2016


Ryôichi WAGÔ, jets de poèmes dans le vif de Fukushima