mercredi 13 décembre 2017

UN MONDE DE ROSÉE, RENÉ LE CORRE


René Le Corre Monde en poésie





Monde en poésie éditions accueille Un monde de rosée René Le Corre.

 « Son écriture – à  la manière de Philippe Jaccottet – mêle à la fois sensations vécues et méditations philosophiques, dans une prose que l’on peut qualifier de poétique. « Je suis toujours saisi d’un sentiment de secret, de quelque chose qui nous a échappé et que nous ne pouvons retrouver et qui est pourtant à portée de main ». Terrible et fascinant mystère de l’existence que l’auteur nous aide à sonder. Mais sa voix, nous dit-il, c’est « ma voix avec tous, plus pure quand elle va vers l’effacement (…) dans la dépossession de l’amour et de l’inconnaissance ». Oui, parole de sage. Pierre Tanguy


René Le Corre Un monde de rosée préface Pierre Tanguy, postface René Peron Monde en poésie éditions 2017 130 pages format 11/18, 12€.







UN MONDE DE ROSÉE, RENÉ LE CORRE

vendredi 8 décembre 2017

L'ardeur, printemps des poètes 2018



Ce dessin d'Ernest Pignon Ernest (Printemps des poètes) dit l'Ardeur thème 2018 "Mais le poème, cette ardeur, cette énergie. Dostoïevski, journal des Frères Karamazov" transmet Le Printemps despoètes.


et je nage
dans cette eau d’avant tous les ciels
en haute et douce écume
et je nage
là où tous les deltas
commencent
à remonter vers leurs sources
et je nage dans cette eau si eau
qu’elle en devient
rêve liquide
offrande de silence
mille siècles de vie

ZENO BIANU

© Éditions Le Castor Astral



L'ardeur, printemps des poètes 2018

L'arbre et son rêveur




"Les poètes nous aideront à découvrir en nous une joie si expansive de contempler que nous vivrons parfois, devant un objet proche, l’agrandissement de notre espace intime. Écoutons, par exemple, Rilke, quand il donne son existence d’immensité à l’arbre contemplé. L’espace, hors de nous, gagne et traduit les choses : / Si tu veux réussir l’existence d’un arbre, / Investis-le d’espace interne, cet espace / Qui a son être en toi. Cerne-le de contraintes. / Il est sans borne, et ne devient vraiment un arbre que s’il s’ordonne au sein de ton renoncement(...)


L'arbre et son rêveur Brigitte Maillard
© Brigitte Maillard clic pour agrandir
 

Dans les deux derniers vers, une obscurité mallarméenne oblige le lecteur à méditer. Il reçoit du poète un beau problème d’imagination. Le conseil : « cerne l’arbre de contraintes » serait d’abord une obligation à le dessiner, à l’investir de limites dans l’espace extérieur. On obéirait alors aux règles simples de la perception, on serait « objectif », on n’imaginerait plus. Mais l’arbre est, comme tout être vrai, saisi dans son être « sans borne ». Ses limites ne sont que des accidents. Contre l’accident des limites, l’arbre a besoin que tu lui donnes tes images surabondantes, nourries de ton espace intime, de « cet espace qui a son être en toi ». Alors, l’arbre et son rêveur, ensemble, s’ordonnent, grandissent. Jamais l’arbre dans le monde du songe, ne s’établit comme un être achevé."  Gaston BACHELARD, La Poétique de l’espace


L'arbre et son rêveur, Gaston Bachelard

dimanche 26 novembre 2017

Salon du livre bigouden, deuxième édition !




Voici le programme du deuxième Salon du livre bigouden que je coordonne avec le collectif les Plumes du paon et la municipalité de Pont-l'Abbé(Finistère sud 29).


 Ce salon est généraliste, il invite à la diversité des écritures, aux rencontres, aux liens qui se tissent entre les auteurs du pays et les habitants. Ouvert aux gens d'ici du Pays et d'ailleurs...Venez découvrir et partager l'écriture et l'énergie du Pays !

J'accueillerai avec Monde en poésie éditions Sylvie Méheut et "Le Cercle d'aurore" pour sa toute première signature, le samedi dès 13 h. Jean Lavoué (lauréat du concours poétique de l'an passé) est invité à nous rejoindre et il sera présent le samedi avec sa maison d'éditions, L'enfance des Arbres. De beaux moments à vivre ensemble !







Salon du livre Bigouden deuxième édition 

lundi 13 novembre 2017

Le Cercle de l'Aurore, Sylvie Méheut




Aux éditions Monde en poésie parait cette semaine notre 6ème publication, la 4ème dans la collection L’écriture du poète. Une jeune maison d’éditions associatives dont le désir est de recueillir des écritures en résonance avec "cette grande écriture chiffrée qu'on entrevoit partout" qu'évoque Novalis "Sur les ailes, la coquille des œufs, dans les nuages (…) et dans la conformation des roches, sur les eaux qui se prennent en glace, au-dedans et au-dehors des montagnes, des plantes, des animaux, des hommes, dans les lumières du ciel (...) dans les limailles autour de l'aimant et dans les conjonctures singulières du hasard" Novalis, Les disciples à Saïs. Des écritures poétiques, ouvertes sur le monde, toujours sur le chemin de l’intériorité.







Tu es cet ébloui revenu du silence
Tu es ce murmuré dans le soir silicieux
Tu as repris l’espace 
Comme on reprend la chance
Avec au cœur l’espoir d’un ultime voyage 
Tu es cet ébloui qui se joue des naufrages


Ce poème "L'ébloui" dont voici un court extrait, ouvre ce recueil et annonce, avec une grâce toute musicale, un voyage intérieur dont Jean Lavoué auteur de la postface nous parle avec émotion : "C’est un chant de haute sensibilité que nous livre Sylvie Méheutavec ce recueil. Chaque mot y est accueilli avec une attention et une précision inouïes. On se laisse prendre par la houle de cette voix qui nous emporte ..." 

Le Cercle de l’Aurore, Sylvie Méheut postface Jean Lavoué 2017, 232 pages, format 11/18, 13 euros + frais de port
Vous pouvez dés maintenant le commander auprès de votre libraire, de l'éditeur mondeenpoesie@gmail.com et bien sûr de l'auteur, si vous souhaitez une dédicace.






Le Cercle de l'Aurore, Sylvie Méheut

dimanche 5 novembre 2017

Les Mots sont des Fenêtres, Gérard Paris-Clavel

Gerard Paris Clavel Silencieusement


Je regarde l'air du temps...
Photographie prise à l'exposition passionnante AVEC des oeuvres de Gérard Paris-Clavel, à la Maison d'Art Anthonioz à Nogent sur Marne en région parisienne.

Cet extrait fait partie de l'oeuvre "Silencieusement 2016 : Mise en forme typographique des paroles des travailleurs des Archives nationales de Pierrefitte-sur-seine pour une résidence et une création musicale du compositeur Nicolas Frize avec Julie Gonzalez"


Les Mots sont des Fenêtres, Gérard Paris-Clavel

vendredi 3 novembre 2017

Ils sont les gens comme ça, Dominique Sorrente

Ils sont les gens comme ça va.
Un peu balourds, un peu fluets,
tantôt sûrs de leurs coups, tantôt
déboussolés,
passant au gré des circonstances,
des rires aux larmes,
des alarmes aux sourires,
et ils longent les fleuves..
......


Parfois, ils ont l'air ailleurs, dans un recoin du jour,
ils ont troqué
l'agitation sordide contre le silence des herbes,
ça fait toute une occupation.
Comme l'art de fixer sur le dos de la main
un bref instant de coccinelle.
.......



Écoutez-le.

Écoutez le cœur des gens.

Il est gros
de beaucoup de mémoires en éclats.

S'il se laisse écouter,
c'est qu'il aime sentir une oreille amie
se poser contre lui, quand vient le soir.

On ne sait plus bien alors
qui du cœur ou de l'oreille
raconte à l'autre la belle histoire sans fin
avant de s'endormir pour de bon.
Les gens comme ça va
Sans doute faut-il les deux ensemble,
inséparables compagnons de pulsation,
pour recoudre l'histoire entière.
.......




Il y a pour eux la neige,
son enveloppe singulière
qui redessine les paysages à pas de loup.
Sous le tamponnage des bruits, quand elle
s'étend de tout son blanc,
on se sent rapetisser
comme des flocons revenus de l'enfance,
traces de givres passagères sur le bout du nez.

Une étoile brillante de trois fois rien
qui s'accroche
à la branche du maître séquoia.

La neige aussi. Elle donne le droit
de traverser le champ,
parce qu'elle a recouvert
les territoires et les limites,
et qu'on marche d'un pas appliqué
sans blesser les pousses.

Et ils ont en commun ce champ qui réverbère
à noyer les regards, quelques fruits secs
et l'âne à juste distance
qui ne se laisse pas toucher

Dominique Sorrente, Les gens comme ça va, Cheyne 2017
pages 15, 45, 67, 74,75

Bio Dominique SORRENTE, auteur et poète contemporain.


Ils sont les gens comme ça, Dominique Sorrente

samedi 28 octobre 2017

René Guy Cadou, poésie

L'étrange douceur

Comme un oiseau dans la tête
Le sang s'est mis à chanter.
Des fleurs naissent, c'est peut-être
Que mon corps est enchanté,
Que je suis lumière et feuilles,
Le dormeur des porches bleus,
L'églantine que l'on cueille
Les soirs de juin quand il pleut

Dans la chambre un ruisseau coule,
Horloge au caillou d'argent,
On entend le blé qui roule
Vers les meules du couchant
L'air est plein de pailles fraîches,
De houblons et de sommeils.

Dans le ciel un enfant pêche
Les ablettes du soleil.
C'est le toit qui se soulève
Semant d'astres la maison.
Je me penche sur tes lèvres,
Premiers fruits de la saison.


"Hélène ou le règne végétal", 195

Bientôt l'arbre


Verdoyante fumée
Demain je serai l'arbre
Et pour les oiseaux froids
La cage fortunée

Les grandes migrations
Sont parties de ma bouche
De mes yeux pleins d'épis
Les éclairs de santé

Je te suis dans l'air bleu
Flèche douce à la paume
Bel arbre que j'éveille
Au bord de mes genoux
Tronc si blanc qu'il n'est plus
Qu'une neige attentive
.
Tu courbes vers le toit
Tes brandons de lumière
Ta sève jour et nuit
Chante dans les gouttières
.
On te fête déjà
Dans les rues de villages
Ainsi qu'une saison
Inconnue de la terre

Et toi dans les sillons
Sans borne où les perdrix
Gaspillent pour la joie
Des poignées de sel gris
Tu marches répondant
De la douceur des pierres.

La vie rêvée 91,92
René Guy Cadou Comme un oiseau dans la tête éditions Points
Bio " René Guy Cadou 1920-1951 est l’un de nos plus grands poètes. Une vie très brève, une volonté farouche de ne pas " monter à Paris ", une poésie aux thématiques liées à la nature, à la fraternité et à l'amour, mais aussi à la mort, un style poétique hors des modes ont marqué ses contemporains. " :
"Esprits Nomades" : La claire Fontaine de la poésie

René Guy Cadou, poésie

dimanche 15 octobre 2017

Rencontre en poésie





Prochaine rencontre en poésie Dimanche 4 novembre de 14 h à 18 h avec Brigitte Maillard  Salle de la Capitainerie, face à la mer, sur le port de Loctudy Finistère Sud


La poésie, écrire et dire à haute voix
Celle d’hier et d’aujourd’hui
La vôtre où celle des poètes

"La poésie, c'est le plus joli surnom qu'on donne à la vie". Jacques Prévert

Un temps de poésie à vivre ensemble, une demi-journée de partage.
Qu’est-ce que la poésie ?  D’où vient cette langue étrangère ?  Comment la découvrir en soi ?
Nous ferons ensemble connaissance avec la poésie. Certains auteurs/poètes nous guideront par moments mais nous échangerons surtout beaucoup à partir de vos expériences, ressentis et interrogations. Si vous le désirez, venez avec un poème que vous aimez lire et peut-être déjà dire. Un poème de vous ou d’un auteur/poète.

Prochaine rencontre prévue le samedi 4 novembre 2017 de 14 h à 18 h, lieu Salle de la capitainerie du Port de plaisance - Loctudy 29750 
Rts et inscription mondeenpoesie@gmail.com


Poesie finistère Loctudy Atelier rencontre

lundi 2 octobre 2017

vendredi 29 septembre 2017

Naître avec le monde, Henri Maldiney, Shitao, Nathalie Sarraute

Bambous. collections publiques des Musées de Chine


Parfois au réveil dans la clarté indécise d'un pan d'espace, 
où disparaissent tous les signes de reconnaissance,
je ne perçois ni des choses ni des images.
Je ne suis pas le sujet d'impressions pures,
ni le spectateur indifférent d'objets qui me font face.
Je suis co-naissant avec le monde qui se lève en lui-même
et se fait jour à mon propre jour, lequel ne se lève qu'avec lui

Henri Maldiney " l'avènement de l'oeuvre" 
source Cinq méditations sur la beauté, François Cheng




C'est en fonction de cette mesure du Ciel que l'âme du paysage peut varier; 
c'est en fonction de cette mesure de la Terre que peut s'exprimer le souffle
organique du paysage. Je détiens l'Unique Trait de Pinceau,et c'est pourquoi 
je puis embrasser la forme et l'esprit du paysage. Il y a cinquante ans, il n' y 
avait pas encore eu co-naissance de mon Moi avec les Monts et les Fleuves, 
non pas qu'ils eussent été valeur négligeable, mais je les laissais seulement
exister par eux-mêmes. Mais maintenant les monts et les fleuves me chargent
de parler pour eux; ils sont nés en moi et moi en eux. J'ai cherché sans trêve 
des cimes extraordinaires, j'en ai fait des croquis; Monts et Fleuves se sont 
rencontrés avec mon esprit, et leur empreinte s'y est métamorphosée, en 
sorte que finalement ils se ramènent à moi.

Les propos sur la peinture du Moine Citrouille-Amère
Traité du peintre Shitao, Pierre Ryckmans, Plon



Je regardais les espaliers en fleurs le long du petit mur de briques roses, les arbres fleuris,
la pelouse d’un vert étincelant jonchée de pâquerettes, de pétales blancs et roses, le ciel, 
bien sûr, était bleu, et l’air semblait vibrer légèrement… et à ce moment-là, c’est venu…
quelque chose d’unique… qui ne reviendra plus jamais de cette façon, une sensation 
d’une telle violence qu’encore maintenant, après tant de temps écoulé, quand, amoindrie,
en partie effacée elle me revient, j’éprouve… mais quoi ? Quel mot peut s’en saisir ?
Pas le mot à tout dire : « bonheur », qui se présente le premier, non, pas lui… 
« félicité », « exaltation », sont trop laids, qu’ils n’y touchent pas… et « extase »… 
comme devant ce mot ce qui est là se rétracte… « Joie », oui, peut-être… 
ce petit mot modeste, tout simple, peut effleurer sans grand danger… mais il n’est pas
capable de recueillir ce qui m’emplit, me déborde, s’épand, va se perdre, se fondre dans
les briques roses, les espaliers en fleurs, la pelouse, les pétales roses et blancs, l’air qui vibre
parcouru de tremblements à peine perceptibles, d’ondes… des ondes de vie,
de vie tout court,quel autre mot ?… de vie à l’état pur, aucune menace sur elle, 
aucun mélange, elle atteint tout à coup l’intensité la plus grande qu’elle puisse jamais atteindre… 
jamais plus cette sorte d’intensité-là, pour rien, parce que c’est là, 
parce que je suis dans cela, dans le petit mur rose, les fleurs des espaliers, des arbres, 
la pelouse, l’air qui vibre… 
Je suis en eux sans rien de plus, rien qui ne soit à eux, rien à moi.

Nathalie Sarraute, Enfance, Gallimard, 1983.


Brigitte Maillard

Naître avec le monde, Henri Maldiney, Shitao, Nathalie Sarraute

Naître avec le monde, Henri Maldiney, Shitao, Nathalie Sarraute