lundi 23 janvier 2017

Anne Perrier, poésie




Par la rivière par le fleuve
Qu'on me laisse à présent partir
La mer est proche je respire
Déjà le sel ardent
Des grandes profondeurs
Les yeux ouverts je descendrais au cœur
De la nuit tranquille
Je glisserais entre les arbres de corail
Ecartant les amphores bleues
Frôlant la joue
Enfantine des fusaïoles
Car c'est là qu'ils demeurent
Les morts bien-aimés
Leur nourriture c'est le silence la paix
Ils sont amis
Des poissons lumineux des étoiles
Marines ils passent
Doucement d'un siècle à l'autre ils parlent
De Dieu sans fin
Ils sont heureux


Moi l’envolée
J’ai perdu dans les airs la trace des oiseaux
Moi l’écoulée
En dormant j’ai perdu la voix des passeurs d’eau
Je suis le chant qui s’en va tout seul
Entre terre et ciel.


Anne Perrier Le livre d’Ophélie, éditions Empreintes


Endormez-vous mes terres
Mes atlantides endormez-vous
Je garde en moi l'appel
Ébloui des rivières
J'emporte la flûte
Ardente de tous les chants



Ce là-bas
Ce chant cette aube
Cet envol de ramiers
Cet horizon comme un jardin

Qui repose dans la lumière
Et les aromates


 extrait Anne Perrier La voie nomade Zoé éditions





Lire aussi :

Article de Gérard Bocholier Revue Recours au poème

Article en ligne Revue Le Temps Eléonore Sulzer :
"La poète vaudoise Anne Perrier rejoint l’éternel silence 
L’auteure de «La Voie nomade», seule femme à avoir reçu le Grand Prix national de la poésie française en 2012, s’est éteinte le 16 janvier dernier"

Anne Perrier, poésie

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