mercredi 19 juillet 2017

La force du regard, Jean-Yves Leloup

Jean-Yves Leloup nous parle de ce jour où il est allé voir des baleines en mer. Il rencontre alors l’oeil  d’un cétacé … Ce regard unique, un  ressenti d’ une profonde bienveillance.

La force du regard, Jean-Yves Leloup

"Dans le bleu d’un regard...

Ce regard qui nous voit à travers les choses"

Une heureuse rencontre avec Jean-Yves Leloup et la force du Regard

Et je vous invite à relire la huitième élégie de Rainer Maria Rilke
qui nous parle de l’Ouvert, à partir de ce lien

« De tous ses yeux la créature 
voit l'Ouvert. Seuls nos yeux 
sont comme retournés et posés autour d'elle 
tels des pièges pour encercler sa libre issue. 
Ce qui est au-dehors nous ne le connaissons 
que par les yeux de l'animal. Car dès l'enfance 
on nous retourne et nous contraint à voir l'envers, 
les apparences, non l'ouvert, qui dans la vue 
de l'animal est si profond. Libre de mort. (…) » 


lundi 17 juillet 2017

ZENO BIANU, Le désespoir n'existe pas, Interview radiophonique

J’ai réalisé différents interview en 2011 et 2012 sur Aligre FM.
L’émission s’appelait Monde en poésie. Quelques années plus tard,  je souhaite les rendre disponible à un plus grand public. Après Stéphane Hessel en poésie posté sur Dailymotion et visible Ici voici Zeno Bianu Le désespoir n’existe pas. Vous pouvez retrouver la présentation de la rencontre avec ZENO BIANU sur ce blog en cliquant sur ce lien.

Un nouveau livre de Zeno Bianu poète - prix Ganzo 2017 - vient de paraitre  D’un univers funambule Gallimard  avril 2017.

Voici le poème qui clôt le recueil du poète, sur la voie chamanique.



SOUFFLE D’ELLE

Ton souffle
tremble à des fins de
magie

ton souffle me dit
la terre est en
amour

ton souffle
danse
de révélation en révélation





 ZENO BIANU, Le désespoir n'existe pas

mercredi 5 juillet 2017

EL GRECO, musée Paul Valéry Séte




Partager les regards d'Alain Chene ici contemplation avec El Greco. Les mots du poète Salah Stétié & ceux de Maïthé Vallès-Bled. C'est sur Regardez Les Hommes Danser. Une expo pour une seule oeuvre, éclats et mystère..." Nous sommes au coeur de la vie et de son interrogation infinie " Maïthé Vallès-Bled. Prendre le temps de regarder autrement… L'Immaculée Conception de la chapelle Oballe, du musée de Santa Cruz de Tolède. Une œuvre de 3,47 m x 1,74 m d'EL GRECO.

Découvrir Regardez les hommes danser sur Dailymotion
Site Regardez les hommes danser & présentation de cette vidéo
Musée Paul Valéry

Musée Paul Valéry Séte

samedi 1 juillet 2017

Ryôichi WAGÔ, jets de poèmes dans le vif de Fukushima


Ryôichi WAGÔ jets de poèmes

Ryôichi WAGÔ
Présentation par Corinne Atlan

Le recueil remporte Le Prix de poésie de la revue NUNC,  éditions Corlevour.
La remise du prix aura lieu lors de Présences à Fontenay, le 20 juillet 2017

Né en 1968 à Fukushima, Ryoichi WAGO vit toujours dans cette ville, où il a choisi de rester après la catastrophe du 11 mars 2011. Parallèlement à ses activités de poète, il enseigne la langue japonaise dans un lycée. Son premier recueil  de poésie, After (1999), lui vaut une reconnaissance immédiate, avec l'obtention du prestigieux prix Nakahara Chuya. Il publiera de nombreux autres recueils, qui lui vaudront plusieurs prix littéraires.
Ses lectures publiques, performances, émissions de radio, etc., font  par ailleurs de lui un des représentants les plus actifs de la poésie japonaise contemporaine. Il est également l'auteur d'entretiens sur la langue japonaise avec Tanikawa Shuntarô (le plus célèbre poète contemporain japonais), de plusieurs essais et livres pour enfants.
Après le 11 mars, il est l'un des premiers écrivains à transmettre l'ampleur de la catastrophe de manière palpable et concrète, dans des poèmes hantés par une tragédie vécue au quotidien,  dont il décide de rendre compte sous forme de Tweets réguliers. Ces poèmes, à la fois très simples et très inventifs, par leur moyen de transmission mais aussi par leur style elliptique et incantatoire, d'une grande force, auront un retentissement important à travers le Japon, et même au-delà des frontières du pays. Ses poèmes-tweets du 11 mars à aujourd'hui ont fait l'objet d'une publication en 3 recueils au Japon : "Jets de poèmes" (shi no tsubute) - écrit "sur le vif" de la catastrophe ; "Hommage silencieux" (shi no mokurei) - à la mémoire des disparus ;  et  "Retrouvailles" (shi no kaikô) - adressé aux survivants.




dans Fukushima       déserte      une nuit de pluie silencieuse      un silence en dessous de zéro       sur la feuille blanche du poète        où aucun mot n’est inscrit       diverses promesses se bousculent        dans les distributeurs automatiques de la ville lointaine       il n’y a plus d'argent



21 mars 2011 – 20:46

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dans Fukushima       déserte       une nuit de pluie silencieuse       des larmes silencieuses        versées par qui ?      songeant à quelqu’un qui n’est plus de ce monde       et dont il ne reste que le souvenir        sous les paupières       un océan se réveille    



21 mars 2011 – 20:49

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dans Fukushima       déserte       une pluie silencieuse      une petite gare      déserte      j’attends l’ouverture des guichets      le train bleuâtre      le quai dans la nuit      j’ai cru entendre des pas       me dépasser


21 mars 2011 – 20:51
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sur Fukushima       déserte       une pluie silencieuse       un fleuve      des oiseaux pépient       ils se racontent       leurs souvenirs du ciel      il suffit d’ouvrir grand les ailes       pour faire le tour du monde      là-bas au loin de l’autre côté des nuages          commencent nos rêves

21 mars 2011 – 20:54
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dans Fukushima       déserte       une nuit de pluie       silencieuse        nos âmes        dorment dans l’humidité des ténèbres

21 mars 2011 – 20:55
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dans Fukushima        déserte        une pluie silencieuse       et l’aube venue        la pluie s’arrête

21 mars 2011 – 20:55
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"silence" silencieux       enveloppé de lumière       le cri d’un nouveau-né      retentit        fort        c’est un matin plein de vigueur

21 mars 2011 – 20:56
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celui qui vient de devenir père       a pris dans ses bras        son fils qui vient de naître        à l’instant

21 mars 2011 – 20:57
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il a ouvert les yeux       l’enfant de Fukushima !

21 mars 2011 – 20:58
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il a traversé cette nuit de pluie       l’enfant de Fukushima !

21 mars 2011 – 20:58
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pour toi        cette aube        est la toute première

21 mars 2011 – 20:59
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merci         à toi        d’être né       
 



21 mars 2011 – 20:59

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extraits Ryöchi WAGÔ, jets de poèmes Dans le vif de Fukushima, Traduit par Corinne Atlan illustré par Elizabeth Gerony, érès éditions, collection Po&psy a parte, 300 pages, 25 euros

à paraitre mars 2016

Site des éditions Po&Psy 


Tous mes remerciements aux éditions Po&Psy
 pour la transmission de ces premiers extraits
 aux lecteurs de Monde en poésie

Lire aussi l'article "Il n'y a plus rien sinon des larmes" de Claude Vercey paru dans la revue Décharge ce 5 avril 2016


(message parue en février 2016 réactualisé ce jour)

Ryôichi WAGÔ, jets de poèmes dans le vif de Fukushima