samedi 26 août 2017

Toiles bretagnes, Christian Saint-Paul

Monde en poésie éditions accueille Christian Saint-Paul avec ce récit poétique "Toiles bretagnes" suivi de " Le Trégor Hodie mihi, cras tibi " & de l'essai " Où se niche la poésie ? ". De nouveaux auteurs rejoindront aussi prochainement Monde en poésie.
Merci de nous faire confiance, car (jeune éditeur & petite édition) ! N'hésitez pas à nous accompagner "pour que vivent la poésie, le monde et les mots pour le dire" ! 



 De retour de Bretagne, le poète occitan Christian Saint-Paul, « peint sur toile » sa traversée. Ses mots dévoilent  la finesse d’un «  tissage subtil d’émotions et de sensations » évoqué par Alem Surre Garcia dans sa préface. 





Avec « Toiles bretagnes », Christian Saint-Paul nous propose, sous forme de ballade, un tissage subtil de sensations et d’émotions. Il affronte sa propre solitude parmi les sables et les forêts « aux confins secrets ». Les villes sont muettes et les rues désertées. Les temps héroïques où les hommes succombaient en nombre sont rappelés sur des stèles de granit tant il est vrai que  « Les guerres devancent la mort » et que « le lointain se fond dans le proche ». 

- Le titre fait écho bien sûr à « les bretagnes », ces fines toiles de lin tissées dans la région de Quintin, du moyen âge à la révolution industrielle. -

« Toiles bretagnes » est suivi du récit poétique « Le Trégor Hodie mihi, cras tibi » & de l’essai « Où se niche la poésie ? »

« Toile bretagnes », Christian Saint-Paul préface Alem Surre Garcia, Monde en poésie éditions 2017 12 €  format 11/18, 133 pages

(Vous pouvez nous commander directement ce livre ici & mondeenpoesie@gmail.com




Toiles bretagnes, Christian Saint-Paul

dimanche 20 août 2017

René Le Corre, Les voix, Poésie

Monde en poésie Brigitte Maillard




Je respire. Je respire lentement. « Sais-tu où tu vas ? Viens » dit la voix. Je résiste. Je dis « tout à l’heure »… j’attends, j’attends encore je respire. (...)

Serre les mains, serre les mots, qu'ils ne s'échappent pas dans les broussailles de la trahison. Les fleurs éclairent notre demeure de paille, fleurs, paroles précieuses, myosotis du Caucase, Véronique de Perse, nomination rêveuse; (...)




Quelqu’un m’a attribué l’expression de Hölderlin :
"Habiter poétiquement la terre". Je serais heureux en effet, d’habiter ou de traverser poétiquement ce monde. Je suis un nomade enraciné, arbre marcheur, toujours traînant l’enfance et son oubli dans les nouvelles naissances, fidèle et infidèle. (…)

Je dis alors, chansons ! La poésie ni la littérature, ne nous consolent de la disparition. Vaines bouées de mots. Ce n’est ni la littérature ni la poésie qui sauve, comment pourrais-je le croire ? C’est le mouvement dont naît la littérature, dont naît la poésie, c’est la singulière mais peut-être vaine et unique - quoique si commune - la singulière existence en quête d’amour, et par là, créant de la beauté, la beauté d’un regard d’une voix parcourant le monde laissant les traces lumineuses d’un passage. (...)

Que peut la poésie ?  Et que peut Hölderlin ? Parfois, souvent aujourd’hui, la voix de la poésie s’éteint, les mots  ne touchent plus l’oreille, ne réveillent plus de l’angoisse, de l’ennui ou du souci. Les livres sont là. «  Lis-moi un poème. Que je sorte de l’opaque. » Mais moi-même j’ai les yeux fatigués. La voix voilée je refuse la chanson d’un autre monde. La poésie est-elle la chanson d’un autre monde ? (...)

J’écris, non poétiquement, - je m’y essaie seulement - pour que ma vie s’éveille à elle-même. Etrange, étrange chemin que de quitter un peu de biais le chemin de la vie dans l’écriture, pour le retrouver plus loin, un peu réconforté, un peu plus sûr. Avec un ciel plus clair. (...)




René le corre les voix





Ce serait l'éternité d'être là, à l'ombre du pommier - "sous l'arbre où ma mère m'a conçu", dit le Cantique -, écoutant, à défaut des chants des neuf chœurs des anges, le bruit permanent de la mer, au loin, et des camions, au près.
L'éternité, tandis qu'elle va, puisant l'eau, arrosant les fleurs, ou, silencieuse, à travers la maison, ou encore, brossant ses toiles sur le petit chevalet, devant la grande porte-fenêtre.
Ce serait cela l'éternité, ce flux d'ondes, si rapides qu'elles sont immobiles, qui rendent présent le monde, les absents, dans ma solitude.
Oui, l'éternité encore, éternel retour du même, dans la beauté renouvelée, neuve éternellement, des tâches quotidiennes et des insomnies des nuits d'été. (...)

René Le Corre, Les voix, La part Commune 2011 14 euros.

René Le Corre, Les voix, Poésie


René Le Corre est né en 1923 à Pouldreuzic. Philosophe & poète.
Ses ouvrages sont publiés aux éditions La Part Commune.
Lire René Le Corre c'est être saisi d'une émotion juste. Rare. 
Il n'y a là rien d'obligé. Une sincérité étonnante nous traverse.
"un chant qui serait le chant de la mer elle-même passant par mon écriture"
Un poète à découvrir.

vendredi 11 août 2017

Lise G. Poèmes


Qu'il était clair 
Le soleil de ton visage 
Plié dans un rai de lumière
Comme papier de soie.






La Joie est cette étoile qui luit au ciel de ta vie
Et qui toujours appelle au plus profond.

Fidèle au soleil du cœur, elle tente l'impossible 
En lui enlevant les attributs de la crainte.

Un rien l'habite : elle ne sait rien, ne veut rien 
Ne défend rien, n’offense rien, ne doute de rien.

Quand elle se lève elle est cet étonnement 
Qui danse dans le moindre de tes gestes.





L'ailleurs des choses,

Conciliabules dans un buisson ce matin
Le Jour salue la beauté en oiseaux
Par ce qui dans le rayon de soleil
Appelle à la Vivance du pas,

La pluie n'a pas cessé ce soir
Elle retient ses gouttes
Au détour des feuillages
En perpétuelle métamorphose,

Et la nuit viendra-t-elle 
Étirer les contours du monde
Pour qu'il puisse rêver 
L'ailleurs des choses.







 Oiseau revient,

Une plume t'attend à l'appui de fenêtre
Elle s'est envolée lorsque je t'ai fait peur
En voulant te connaître.

Mes yeux ne peuvent aller aussi loin que tes pas
Dans la transparence de l'air où je languis de toi
Tu n'es plus que poussière.

Viens poser cet œil rond au coin de ma paupière
Lorsque je comprends ce que te tu ne dis pas
Et que tu me parles sans entendre ma voix

Viens me dire ton ciel, je te dirai ma terre
Dévoilons ensemble le troublant Mystère
Où ce qui nous suspend nous oblige à nous taire

Et nous rend si vivants.

Lise G. Poèmes



Lise G., en écho à ces mots de Jean Lavoué " la puissante mélodie de l'arrière-fond", répondant à notre souhait,  confie à Monde en poésie ces poèmes. Je la remercie.

Je ne connais pas Lise G. Je sais seulement qu'une faille dans ses profondeurs a permis l'émergence d'une langue à la fraîcheur de l'aube. Souhaitons qu'un prochain recueil voie le jour. Poètes, nous avons partagé l’an passé ce chemin de poésie imaginé par l'auteur et poète Marc Bouriche lors de la naissance du vitrail La Muse, Chapelle de Carteret. En voici la mémoire, une vidéo réalisé pas à pas par Michel Desplanches : Première partie poèmes de Brigitte Maillard, seconde partie Poèmes de Lise G.




mardi 8 août 2017

Emilienne Kerhoas, Saint-Cadou


J’étais le coquillage
où grandissait la mer





(…)
je choisis d’être
à la confluence des visages
levés vers la clarté
au point où s’enfle
le fleuve de lumière
où la douceur humaine
sevrée de la douleur
palpite comme un pouls

ô confluence heureuse
de la sève et du songe
où la brume s’emperle
des roses de l’été
où les tiges vivantes
emprisonnent un visage
dans la douceur des blés
où les fruits sur la table
ont le goût de ma vie
casanière et errante
aux liserés du ciel


Confluence extrait page 50







la mer houleuse des pins
a bercé ma détresse
ô mon pays sauvage et solitaire
note oubliée par le chant des collines pures

pays sauvage
fruit âpre
au gout de solitude et de vent
adossée à la montagne
gardienne de mon troupeau
je vis
prisonnière de la ronde enfantine
qui conjugue gaiement le présent

nos mains caressent
la bête douce de  l’horizon
au pelage d’eau et de soleil
le ciel se déroule
sous nos doigts légers

la mer de collines déferle
notre tendresse au creux de la vague
palpite
comme une étoile

plus tard lorsque vous serez grands
enfants
nous irons regarder derrière la colline

Saint-Cadou Page 17

 Emilienne Kerhoas, Saint-Cadou




Emilienne Kerhoas SAINT-CADOU La Sirène étoilée 2014
Préface Marc Le Gros. 

Ce livret de 50 pages, premier livre de poèmes de l’auteur,  est une deuxième édition
 - revue par l’auteur et l’éditeur –
Il fut publié la première fois en 1957.

Marc le Gros, dans sa préface, éclaire avec justesse la poésie et le parcours de la poétesse aujourd’hui âgée de 92 ans. Emilienne Kerhoas poursuit son travail d’écriture.
LUEURS AIGUËS ET NŒUDS un ensemble de notes poétiques récentes  de 48 pages vient de paraître chez le même éditeur. Extrait sur le site La Sirène étoilée


 

Emilienne Kerhoas est née en 1925 à Landerneau.



Article paru dans le Télégramme en 2005 "Emilienne Kerhoas respire la poésie"




Ce recueil est consultable dans son intégralité sur le site Calaméo
précise l'éditeur et poète Gilles Plazy sur son site

samedi 5 août 2017

Les saisons René Le Corre

Les saisons René Le Corre La part Commune




Ainsi va le temps. La saison revient, la mer revient, le vent tourne, les oiseaux partent et reviennent. Le temps coule, porosité sableuse, fuite immobile. Qui a vu passer le temps ? Est-il tranquille, inquiet, s'arrête t-il ou bien suit-il toujours son cours imperturbable ? S'arrête t'il pour respirer l'air iodé sur la mer éclatante et jeune ? S'enroule t-il sur lui-même ? Mais les astres s'éloignent, le temps s'évanouit dans l'espace, l'épine noire se revêt de splendeur immaculée près des ajoncs au-dessus de l'écume. Le temps ne s'écoule pas. Il passe très loin, très vite : nous restons immo-biles, tournant dans nos routines.

A nouveau donc l’été. Il vient, il s’annonce. Le lotier est en fleur. Les herbes montent avec les ravenelles et les giroflées. La mer est couleur pâle, presque du marbre un peu teinté si calme. On s’aperçoit qu’elle descend par la bande de goémons qu’elle laisse sur le sable. Les pieux sont là, les canots colorés. Un homme lave des poissons, tire son bateau sur le quai. La lumière change, la mer devient verte, bleue presque noire selon le regard, l’endroit le moment. (…) Le soleil, comme une lune, couvert et découvert par le vent nuageux. La mer chante, montant doucement dans le vieux port, parmi les bateaux et les pieux  enfouis dans les rochers. Une alouette tombe, un peu plus loin, sur son nid. Quelques ombres de mouettes planent. Nous dormons tranquilles écoutant le chant du monde.

Merveilleux moments où l’été s’affirme, encore fragile, jusqu’à la stabilité future, royale. Bruissement des feuilles se retroussant au vent. Jeune frondaison, multiple et vivace. Le goût de vivre, à nouveau ! L’impatience ou la patience, hivernale, enfin récompensée. Verdure frémissante, ramure ployées. Chante et trilles dans le feuillage. Et, devant les petites maisons, les jardins remplis de rose. Le splendide ciel se dérobe et se dévoile sous les longs nuages qui filent. La vie circule librement. Volontiers on laisserait tomber les peurs, les précautions et on partirait, voile au vent, vers le non-fini du monde, aux risques de l’aventure.



René Le Corre « Les saisons » La Part Commune 2011

René le Corre, poète et professeur de philosophie, est né en 1923 à Pouldreuzic.


Les saisons René Le Corre