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REDONNER AU MONDE SA SPLENDEUR, Vers un sens à venir Adonis

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"Le poétique est, par excellence, le lieu du sens. Nous cheminons vers le sens dans la mesureoù nous vivons en poètes sur la terre, pour reprendre ce que disait Hölderlin.
C'est pourquoi il y a une urgence poétique dans nos sociétés où la techno-science au lieu depoétiser le monde l'a déformé et enlaidi. Ses pratiques sont en train d'abîmer non seulementla nature naturée, créée, extérieure, mais aussi la nature naturante, créatrice et intérieure.

Et c'est l'imaginaire, le rêve, l'inconnu, le mythos qui doivent être la source de cette urgence. C'est en eux que réside ce qui pourrait renouveler en l'homme ses dimensions cosmiques, perdues ou oubliées, et redonner à l'existence sa splendeur.
Quand la techno-science se montre incapable de résoudre les difficultés, les dilemmes et le désoeuvrement des hommes, Quand la philosophie hésite, improvisant des réponsesincertaines et se défiant de tout sens, Quand l'ensemble des connaissances disparaît so…

Pablo Neruda, Vaguedivague

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Est paru dans la collection poésie/Gallimard Vaguedivague. Pablo Neruda publie Estravagario, présenté en français sous le titre Vaguedivague, en 1958. C’est pour lui une œuvre essentielle.Un témoignage. Il y rassemble des souvenirs, réels ou imaginaires, qu’il explore, questionnant inlassablement la vie pour qu’elle se révèle à elle-même. Il suit les transformations qu’elle impose et confirme sa foi dans la poésie, comme une réponse à la quête solitaire qui revient toujours à la matière, à l’union des éléments, au mouvement et espère le chant du silence.


"Qu’on me laisse tranquille à présent
Qu'on s'habitue sans moi à présent
Je vais fermer les yeux 
Et je ne veux que cinq choses,
cinq racines préférées 
L'une est l'amour sans fin. 
La seconde est de voir l'automne
Je ne peux être sans que les feuilles
volent et reviennent à la terre 
La troisième est le grave hiver
La pluie que j'ai aimé, la caresse
Du feu dans le froid sylvestre 
Quatrièmement l’été
ron…

"Les gens comme ça va" Dominique Sorrente

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Note de lecture parue dans la Revue en ligne Recours au Poème


Dominique Sorrente, Les gens comme ça va,Cheyne 2017



A l’adresse de mes « frères humains » (François Villon) « Des gens comme ça va » si étranges parfois qu’il me, qu’ils nous ressemblent.

« Ainsi aller au cœur, en suite de poèmes, au plus près de la part secrète, dans cette communauté de destin malmenée qui nous relie »


Ils sont les gens, les autres. On dit ça va. Un parmi. Ecoutez le cœur. Et il y a pour eux. Le ciel pour cette joie. Un mouvement en 7 chapitres pour peut-être dire où l’on va, seul avec les autres.
Ce livre est né, nous dit l’auteur, au lendemain des attentats du 7 janvier 2015 à Paris.
Le poème sera la main tendue au bord du gouffre. Hymne fervent, Les gens comme ça va nous regardent. Le récit est riche, et si notre humanité nous échappe, laissons-nous entreprendre par ce voyage.
Une première question,essentielle : A quoi peut-on ressembler / sur l’autre versant des corps ? / Demandent les gens obstinément / à l’…

Arpèges et paraboles Jean Grosjean

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Automnal

En cet éternel automne
dont ne mourraient pas les fleurs
nos travaux n'avaient pas d'heure
ni nos siestes de limites.

Les lueurs du soleil traînaient
longtemps le soir sur les seuils
en attendant que les feuilles
veuillent descendre des arbres.

Nous dînions au clair de lune
en échangeant nos sourires
quand nous frôlaient les zéphyrs
de leur souffle impondérable.

Quand les brumes du matin
venaient humecter nos cils
nous allions d'un pas tranquille
visiter la paix des tombes.

Nous aimer sans nous le dire
ne pouvait que plaire au ciel
en cet automne éternel
dont les fleurs ne mourraient pas.


Extrait page 24, Arpèges et Paraboles, Jean Grosjean, Gallimard 2007


Automne automnal Jean Grosjean monde en poesie

Poème du jour avec Brigitte Maillard Médiathèque de Quimper

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UN PIED DEVANT L'AUTRE - ELOGE DE LA MARCHE «Poème du jour» revient à la Médiathèque des Ursulines à Quimper.
Rendez-vous Le vendredi 21 septembre de 13 h à 14 h avec Brigitte Maillard auteur et poète. Une sensibilisation à l’écoute poétique. Dans le plaisir et la détente à l’heure de midi. Respirer, un pas après l’autre, reprendre son souffle… entre ciel et terre nos pas tracent le chemin. Nous marchons. Nos pensées nous portent, le paysage défile. Propice à la méditation, la marche intensifie nos perceptions. Souvent, dans la joie de l’instant retrouvé, un dialogue se noue avec la nature. Et c’est d’un pas de poète que nous devinons le monde. Découverte et lectures de textes poétiques d’auteurs pour qui la marche est présence, disponibilité à soi et au monde, vibration au creux même du paysage.
Poème du jour avec Brigitte Maillard Médiathèque de Quimper

Michel Cazenave, poète des profondeurs

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(...) Comme le disait Jung à la fin de "Ma Vie", le monde qui nous entoure est d'une éclatante beauté, et aussi, d'une insoutenable cruauté. La poésie nous "sert" à nous frayer notre chemin vers la pure Beauté, et il m'apparaît de jour en jour plus clairement que le poème nous emmène vers toute la musique du monde (que les sceptiques néo-aristotéliciens en ricanent à leur aise !), et vers ce que beaucoup d'auteurs modernes nomment la "cosmodernité", c'est-à-dire la relation à l'ensemble de l'Univers sous le "pouvoir" de l'Amour." 
Contre le simulacre. Enquête sur l’état de l’esprit poétique contemporain en France.  Revue recours au poème Michel Cazenave






C’est entendu : le soleil nous éclaire et nous réchauffe (le soleil de ce monde, le soleil fait de matière et d’atomes).
Mais n’y a-t-il un soleil au delà de ce seul soleil visible, un soleil qui nous entoure de sa ténébreuse lumière, un soleil « sur-réel » qui ser…

En cours de route Max Alhau

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Tu es monté plus haut
que la cime des arbres :
ce n'était pas le ciel
mais un espace sans nom
qui te renvoyait
vers des visages enfouis
au creux de leur absence. Prélude sans aucun doute
à quelque orage en germe
et qui mettrait le feu
à une traversée
aussi brève qu'illusoire.


Avec des mots simples que ne cherchent ni la rime ni l’espoir, l’homme Max Alhau pose son regard de l’autre côté. Le théâtre est désert. Les couleurs, formes et perspectives du rêve éveillé s’effacent. Les images s’éparpillent.
Ce qu’il reste, un mot laissé en blanc qui n’attend plus rien après.
Même l’avenir devient légende.
Porté par l’intelligence d’une vie, celle des années lumière, Max Alhau nous offre là de belles pages blanches. Celles d’uneéternité qui commence à la source, avec le vent, avec ton visage, qui se poursuit avec le silence qui te nomme.Une éternité que tu habites, parait-il,qui pourrait s’achever, éclair dispersé dans le ciel.
Pour ressentir ce qui se cache derrière l’absence (thème cher au p…