Prendre Feu, Zéno Bianu et André Velter

( article déja paru en mars 2013 réactualisé ce jour)





 « Prendre feu », comme une étrange brûlure. Ils sont deux amis de longue date, aimants de l’univers et joyeux de l’Etre qui décident de dire ce qu’il en est du feu sacré  et de sa nécessité. Zéno Bianu et André Velter crient pour nous l’urgence du réveil. Car il s’agit dans ce manifeste de nous faire revenir au frottement du silex,  « au feu de l’arbre intérieur » aurait dit Michel Camus. Il s’agit de prendre risque, de se défaire de certaines idées qui nous enferment et de vivre. C’est tout le sens de cette partition à deux mains où l’on entend le bruit devenir silence, le feu déjà nommé, devenir prière et notre corps ainsi transfiguré par la matière, devenir poussière et cendres réparties aux quatre coins du monde . Un voyage ardent que je vous laisse découvrir  en compagnie de René Daumal, Paul Celan, Milarepa, Gérard de Nerval …tout près des « immobilités bleues » de Rimbaud, des « champs magnétiques » de Breton comme du  lingam  de Gudimalam. Oui, il y a quelque chose là-bas qui brûle, quelque chose qui risque bien de nous faire prendre feu et flamme pour la Vie. C'est beau et c'est à lire, pour l'urgence d'"aimer comme l'amour aime". Brigitte Maillard



(…) N’hésitons pas. N’hésitons jamais plus. Nous sommes dans le c’est ainsi, dans le fait accompli d’un absolu qui s’annonce sans crier gare et s’énonce à la vitesse de la lumière. Transcription follement libre d’un effort ni plus ni moins magique, d’une jubilation ni plus ni moins martiale, fragile, irrémédiable. (…)


(…) Quelque chose arrive vraiment au monde contre toute attente. Essentiellement contre toute attente. Et ce vieux monde se tient à nouveau debout. Il abandonne ses intelligences d’emprunt. Il se laisse traverser d’étincelles, Il casse la baraque des nantis, des sermonaires, des assis. Il ne ranime pas ses braises, renaissant de cendres dispersées partout, avec prédilection revendiquée pour les sentiers du Kailash et les rives du Gange (…)



Les rêves ne sont pas faits pour mourir

Et tout nous parle dans les coursives

De ce qui nous a jetés à bord

De l’enfin-là de l’infini



La ligne de partage des êtres

Prend une autre lumière.

Offrandes d’un amour sans fond,

Les arbres descendent du ciel.



L’univers des âmes est à ce point présent

Que nous pressentons sa musique,

Le murmure des choses et des signes

Qui sont en route sans cesser d’être là. (...)

Prendre feu Zéno Bianu André Velter





extraits de Prendre Feu, Zéno Bianu, André Velter 
Gallimard février 2013

André Velter site
sur
Wikipédia 
émission France inter juin 2013

Zéno Bianu sur Monde en poésie
sur Wikipédia 



Brigitte Maillard

Prendre Feu, Zéno Bianu et André Velter

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