Tisser les couleurs du silence Jean-Pierre Boulic & Marie-Gilles Le Bars.






Monde en poésie a la joie d'accueillir ce nouveau livre de Jean-Pierre Boulic & Marie-Gilles Le Bars. Pierre Tanguy auteur, poète et critique nous le présente au travers de sa note de lecture.


Un poète et une artiste peintre. Jean-Pierre Boulic et Marie-Gilles Le Bars unissent leurs talents pour « tisser les couleurs du silence » en une trentaine de poèmes pour l’un, et autant d’aquarelles pour l’autre. Leur création relève avant tout de l’exercice spirituel, marqué par cette sensibilité chrétienne qui leur est commune.

De quoi le silence est-il le nom ? Jean-Pierre Boulic esquisse une réponse : « Trouvère de l’invisible / Il s’avance gardien des mots / Passeur des signes de la terre ». Ces signes sont reconnaissables sous la plume de l’auteur finistérien. Ils se nomment « violettes », « fusains », « sauges », « hortensias », « orges » et « l’herbe drue et verte des prairies / Où se nourrissent les anges ». Sans oublier les oiseaux et « la feuillaison de leurs chants ». Mais – une fois n’est pas coutume – rien n’apparaît ici du Pays d’Iroise, où vit l’auteur, dont il a chanté les vents hurlants et les ciels changeants dans tant de ses poèmes. Sa poésie, ici, prend une tournure plus mystique.

Cette poésie-là devient, en réalité, le lieu de la méditation. On pourrait même dire de la prière, rejoignant par là-même les intonations des écrits de Gérard Bocholier, autre poète chrétien, pour qui « l’exercice de la parole poétique aspire à provoquer un surgissement, une apparition de l’invisible ». Les mots ne manquent pas d’ailleurs, sous la plume de Jean-Pierre Boulic, pour évoquer ce surgissement. Apparaissent, au fil des pages, les mots « invisible », « indicible », « insaisissable », « enfantement », « épiphanie », « éternité »… Langage quasi-liturgique pour dire l’émerveillement d’être au monde, pour « butiner / Les couleurs du silence » car « Plus que jamais / C’est au présent / Que tout se vit ».

L’artiste Marie-Gilles Le Bars est au diapason. Présentant son travail de création, elle écrit : « La nature, la poésie et la quête du fil de vie qui nous relie tous entre Terre et Ciel, restent mes inépuisables sources d’inspiration » (comme en écho à ces vers de Jean-Pierre Boulic : « Silence / Tu vis de terre à ciel »).

Les aquarelles (abstraites) de l’artiste nous laissent envisager un monde chatoyant, empreint de plénitude, riche en couleurs, marqué par « un certain sourire sur la vie » et comme irrigué par les veines du silence. À moins que, parfois, certaines peintures circulaires ne nous ramènent aux mandalas. « Mon rôle d’artiste, c’est de faire passer des messages de paix et d’amour, perçus de façon consciente ou inconsciente, note l’artiste, afin que les gens captent la résonance de la lumière divine ». On ne peut pas mieux annoncer la couleur.

Tisser les couleurs du silence, poèmes de Jean-Pierre Boulic, aquarelles de Marie-Gilles. L’enfance des arbres, 65 pages, 20 euros.







 Tisser les couleurs du silence Jean-Pierre Boulic & Marie-Gilles Le Bars.

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