Le trésor des humbles Maeterlinck
« Rien ne se mêle plus
aisément que la terre et le ciel ; et si vous avez regardé les étoiles
avant d’embrasser votre amante, vous ne l’embrasserez pas de la même manière
que si vous aviez regardé les murs de votre chambre. Soyez sûr que le jour où
vous vous êtes attardé à suivre un rayon de lumière à travers l’une des fentes de
la porte de la vie, vous avez fait quelque chose d’aussi grand que si vous
aviez pansé les blessures d’un ennemi, car dans ce moment-là vous n’aviez plus
d’ennemi. (…)On trouve ainsi dans les
poètes un vers qui ça et là au milieu des humbles événements de nos jours
ordinaires, semble entrouvrir quelque chose d’énorme. Aucun mot solennel n’a
été prononcé et l’on dirait que rien n’a été appelé ; et cependant,
pourquoi une face ineffable nous a-t-elle fait signe derrière les larmes d’un
vieillard (…) C’est parce que les poètes
étaient plus attentifs que nous à « l’ombre interminable… ». Au fond
la poésie n’est que cela, elle n’a d’autre but que de tenir ouverts «…