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Le trésor des humbles Maeterlinck

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« Rien ne se mêle plus aisément que la terre et le ciel ; et si vous avez regardé les étoiles avant d’embrasser votre amante, vous ne l’embrasserez pas de la même manière que si vous aviez regardé les murs de votre chambre. Soyez sûr que le jour où vous vous êtes attardé à suivre un rayon de lumière à travers l’une des fentes de la porte de la vie, vous avez fait quelque chose d’aussi grand que si vous aviez pansé les blessures d’un ennemi, car dans ce moment-là vous n’aviez plus d’ennemi. (…)On trouve ainsi dans les poètes un vers qui ça et là au milieu des humbles événements de nos jours ordinaires, semble entrouvrir quelque chose d’énorme. Aucun mot solennel n’a été prononcé et l’on dirait que rien n’a été appelé ; et cependant, pourquoi une face ineffable nous a-t-elle fait signe derrière les larmes d’un vieillard (…) C’est parce que les poètes étaient plus attentifs que nous à «  l’ombre interminable… ». Au fond la poésie n’est que cela, elle n’a d’autre but que de tenir ouverts «…

ANIM'EAUX ANI-MOTS EXPOSITION

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Une exposition à ne pas manquer si vous êtes près de la région parisienne !
Cette exposition ouvre aussi de nouveaux chemins au poème; il est exposé comme peinture, photographie dessin. Et c'est toute la poésie des milieux humides thème de l'expo qui se dévoile grâce à cet ensemble visuel et sonore. Marie Odile Colatrella, peintre et auteur est à l'origine de cette expo à découvrir dès le 14 septembre à Mesnil-le-roi. Une expo itinérante après sa présentation en région parisienne. N'hésitez pas à partager afin que de nouveaux espaces l'accueillent dans son intégralité. Une oeuvre originale visuelle et sonore, une richesse artistique et écologique. Voir aussi  blog Jean-Pierre Kosinski


Milieux humides exposition ANIM'EAUX ANI-MOTS

Souffles, BIRAGO DIOP

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Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des ancêtres.
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire
Et dans l’ombre qui s’épaissit.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans l’Arbre qui frémit,
Ils sont dans le Bois qui gémit,
Ils sont dans l’Eau qui coule,
Ils sont dans l’Eau qui dort,
Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :
Les Morts ne sont pas morts.
Écoute plus souvent
Les Choses que les Êtres
La Voix du Feu s’entend,
Entends la Voix de l’Eau.
Écoute dans le Vent
Le Buisson en sanglots :
C’est le Souffle des Ancêtres morts,
Qui ne sont pas partis
Qui ne sont pas sous la Terre
Qui ne sont pas morts.
Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :
Ils sont dans le Sein de la Femme,
Ils sont dans l’Enfant qui vagit
Et dans le Tison qui s’enflamme.
Les Morts ne sont pas sous la Terre :
Ils sont dans le Feu qui s’éteint,
Ils…

Exposition des poèmes dans la cité

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La poésie à l'air libre

Pour la troisième année, les poèmes primés au concours de poésie organisé en étroite collaboration avec la municipalité de Pont-l'Abbé, l'association Salon Bigouden du Livre et le jury : Martine Gensac, Robert Gouzien, Ghislaine Le Du et Brigitte Maillard (Monde en poésie) présidente du jury, sont exposés au départ du chemin de halage. Avec le temps, les passants lecteurs sont de plus en plus nombreux à les découvrir ! Belle promenade à tous, à la découverte des écritures des lauréats 2018. Pour que vive la poésie !  Cette rivière dite "sans nom" à l'univers si naturel est vraiment de toute beauté... oiseaux, reflets, lumière.  L’exposition des poèmes dure un an. Voici quelques photos pour vous donner une idée de l’ensemble. Rappelons que l’édition de ces poèmes primés, doublée d’une sélection des poèmes choisis, est édité par Monde en poésie éditions Des racines et des arbres.





Poèmes poésie exposition Bretagne Pont-l'abbé rivière

Enfin le royaume, François Cheng

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Tu ouvres les volets, toute la nuit vient à toi, Ses laves, ses geysers, et se mêlant à eux, Le tout de toi-même, tes chagrins, tes émois, Que fait résonner une très ancienne berceuse.



Un jour si je me perds en toi, me rappelleras-tu mon nom ? Un jour en toi si tu me retrouves me révéleras-tu ton nom ?




à Etienne
Sois prêt à accueillir tout instant qui advient : sente gorgée de soleil, grisée de lune, clairière.



Cherche l’éclair, celui qui frappe d’un coup de foudre, Ou qui ébranle jusqu’aux entrailles ? d’une simple caresse


Vent debout, nous formons la grande houle ; En nous les brûlantes saisons s’écoulent Nous serons tout bruit au passage des cigognes ; Qu’un loriot chante, et nous serons tout ouïe



Enfin le royaume, Edition revue et augmentée quatrains François Cheng Gallimard 2019
- Forme brève mais moins abrupte que le haïku, le quatrain ne s'en tient pas au lapidaire, il sait donner du rythme à la pensée, à l'émotion, à la surprise, il sait initier un questionnement, amorcer une méditation, es…

Faire vivre la poésie, Jean-Luc Pouliquen

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Ce livre de Jean-Luc Pouliquen vient de paraître - distribution Amazon. Jean-Luc Pouliquen donne un nouvel éclairage à cette question "Comment faire vivre la poésie ? Comment lui assurer une présence ?"
FAIRE VIVRE LA POÉSIE Distribution AMAZON  88 pages 5,06 €
Le regard aiguisé de l’auteur, grand connaisseur de la poésie, nous entraîne dans une réflexion ouverte sur le rôle du poète aujourd’hui dans une société qui n’en fait pas grand cas. Le passé de l’auteur, son vécu intense dans ce milieu, ses rencontres au fil des ans donnent à cet essai une couleur franche et passionnante.
Viennent le rejoindre dans sa réflexion les auteurs Monique Marta, Michel Bernier,Brigitte MaillardRoselyne Camelioavec qui Jean-Luc Pouliquen entretient ces dialogues évoquant les rencontres passées, les actions poétiques en cours, ces « mains ouvertes à la poésie. »
Sa conversation avec Beth Gersh - Nesic, historienne et critique d'art, a déjà fait l’objet d’un livre paru en 2018 – Conversation …

Michel Baglin, "un frère en tout vivant"

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« L'ici-bas n'est pas acquis. Aimer ne suffit pas à toucher terre. il y faut des gestes pour cueillir, pour accueillir , pour délivrer (...) il y faut des mains de communion. Des mains sur des épaules. Fraternelles dans la fourrure des bêtes, troublées sur les seins trop blancs de la nuit.»

Il faudra (re)découvrir Michel Baglin qui vient de nous quitter. Poète d'une profonde humanité. Je sais qu'il fût le premier à accompagner mon travail. à l'éclairer de sa lumière. Il m'a aidé par toute son attention à la sortie du premier recueil, puis du second... C'était ça Michel aussi une écoute fraternelle des écritures qui tentaient d'entrer en poésie. Et ce n'est pas rien dans ce monde si difficile.

C'est sur les ondes de Radio Occitania - Christian Saint-Paul poète et créateur d'une émission hebdomadaire sur la poésie sur Radio Occitania - que nous pouvons écouter Michel Baglin son dernier entretien enregistré par téléphone depuis sa maison en bord …

AMIR OR, Entre ici et là, Po&Psy

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Visage
Une brise fraîche caresse doucement ma peau. La subtile lumière de l’aube posée sur les feuilles. Un monde lentement déploie ses membres. Partout mon visage se dévoile à nouveau
Poèmes du matin (extrait)

5 Qui étais-tu avant de revêtir ce corps ? Tout est posé, même le nombril, juste au milieu.
Une (extrait)
Sur mon lit, cette nuit, l’odeur de ton corps ne s’endort pas
Travelogue (extrait)
1 Devant toi, le dieu qui s’invente lui-même, je déroule ma prière : sois !
4 Le clapotis de l’eau nourrit mon cœur les rameaux du ficus rendent mes yeux plus verts. Le matin vient, que dit mon âme ? Artiste de l’ Être, fais de moi une musique. Sans ton esprit qui touche mon esprit sans ton regard qui voit à travers mes yeux, je suis un tronçon d’arbre, sans ressenti ni conscience, et mon existence ne souhaite que remède. Viens peindre mon monde à présent laisse-moi l’aimer sans peur, croire en mon cœur que ce n’est pas vain que j’ai envoyé mes mots pour te toucher. Comme une plume aimée prends-moi dans ta main et écris en m…

Affolement du sang Marie-Josée Christien

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On n’entend le souffle que lorsqu’il se retire dans le vertige bref du silence qui s’installe
Seul le poème est digne du désespoir




Quelques paroles sauveront peut-être encore
quelque chose qui bruit comme la vie qui creuse lentement
quelque chose qui bruit qu’on n’entend pas



J’écris une blessure que les motscachent à grand peine
Le murmure fera place au silence
jusqu’au bord du gouffre


Une lumière persiste encore trop lointaine pour être captée
tous les rêves sont permis
à son approche
étreinte et parole réunies en un seul accord

Affolement du sang Marie-Josée Christien, rehaussé d’encres d’André Guenoun Al Manar 2019  pages 15, 22, 106, 123



Ardente poésie dédiée à son ami fidèle, A.Vaquez - médecin français qui a donné son nom à une maladie du sang dite maladie de Vaquez et / où polyglobulie. Une maladie dont souffre l’auteur, Marie-Josée Christien. La force de son écrit, au plus près de son expérience, de sa douloureuse présence au monde, nous laisse par instant essoufflé. La traversée est rude. Poème secours,…

TU FU dieux et diables pleurent

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Passant devant l’embarcadère
de la montagne sacrée du sud maintenant       on approche la Hsiang coule vers l’est et disparait        dans le lointain le vent est faible, on tire sur le rames        en cannelier journée de printemps, les nuages s’amoncellent je tourne la tête, on passe devant l’embarcadère au-delà il y a une forêt d’érables denses des poissons blancs, piégés, sont prisonniers        dans les filets les loriots chantent de belles mélodies parmi les être humbles, les uns sont libres         les autres captifs l’homme de vertu en éprouve de la compassion la jarre n’est pas terminée, il y reste un peu de vin sur mes genoux, mon ch’in est silencieux le saint et le sage vivent tous deux        dans la solitude regarder au loin suffit à m’ouvrir le cœur

Dans la jonque
en plein courant d’air nous prenons notre repas         sous les saules du fleuve sous la pluie nous passons la nuit à côté d’un relais, amarrés en compagnie des pêcheurs qui réparent         leurs filets la mât de la jonque s’éloigne su…